Crowdfunding pour les musées

Crowdfunding pour les musées

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur l’appel au crowdfunding par les musées.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Aujourd’hui, les institutions muséales doivent trouver d’autres types de solutions pour préserver le patrimoine. Ainsi, de plus en plus de musées font appel au financement participatif (crowdfunding) pour acquérir de nouvelles œuvres ou tout simplement se moderniser. Les musées des Sciences naturelles, des Beaux-Arts ou encore le Musée du Cinquantenaire ont d’ailleurs récemment fait appel à ce mode de financement participatif. Au-delà de réponses budgétaires qu’il offre à court terme, le financement participatif peut également se révéler «rentable» à long terme puisqu’il permet de fidéliser ses donateurs et donc d’élargir et fidéliser son public. Plus qu’un outil de financement, le financement participatif s’affirme donc comme une arme puissante de communication et de processus d’appropriation du patrimoine culturel par ses usagers.

Les institutions muséales de la Fédération Wallonie-Bruxelles pratiquent-elles également le financement participatif? Disposez-vous d’informations récentes sur les montants injectés dans le secteur de la culture au moyen du financement participatif, tout particulièrement pour l’acquisition d’œuvres ou le montage d’expositions? Un autre dispositif souvent évoqué, lorsqu’il est question de financement participatif, est le mécénat. Ce sujet est-il à l’ordre du jour de la conférence interministérielle (CIM) Culture? Quelles sont vos propositions pour faciliter le mécénat au profit des institutions culturelles?

Alda Greoli – Comme vous le soulignez, Madame la Députée, le recours au financement participatif est bien plus qu’un mode de financement complémentaire au financement public. Cette pratique participative offre également aux opérateurs culturels la possibilité de rassembler une communauté autour de leur projet, de créer de nouveaux liens dynamiques avec leur public et de communiquer à large échelle en sortant des canaux traditionnels de la communication. Les projets du secteur du patrimoine se prêtent tout particulièrement à ce type d’opération participative, notamment en raison du caractère matériel et durable de la finalité des investissements.

Pour répondre à votre question de manière encore plus précise, les institutions muséales de la Fédération Wallonie-Bruxelles pratiquent effectivement le financement participatif. Vous en citez vous-même quelques exemples sur lesquels je ne reviendrai pas. Parmi les exemples plus récents, nous pourrions citer également le Centre belge de la bande dessinée à Bruxelles, le Musée de Louvain-la-Neuve, le Musée international du Carnaval et du Masque de Binche ou le Musée Royal de Mariemont. Dans ce dernier cas, le financement participatif concernait la très bonne exposition «De Stargate aux Comics». Outre les liquidités levées, cette opération a permis de constituer une communauté Internet faisant vivre l’exposition bien au-delà de sa présentation hennuyère.

Nous ne disposons pas encore de données chiffrées à l’échelle de la Communauté française, mais l’Observatoire des politiques culturelles étudie actuellement le phénomène sous l’angle plus général des financements complémentaires de la culture. Une enquête qualitative a été menée dans ce cadre auprès de musées de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous espérons pouvoir disposer prochainement des conclusions de cette étude. Quant au mécénat, le sujet a été, à mon initiative, soumis à la Conférence interministérielle (CIM) Culture. Un groupe technique a été mis sur pied et le suivi des travaux de ce groupe est à l’ordre du jour de notre prochaine CIM Culture, qui se tiendra la semaine prochaine.

Isabelle Emmery – Votre réponse ne manquera pas de susciter d’autres questions. Sachant qu’une étude est en cours, nous devrions en effet disposer de plus amples informations dans un avenir proche. Par ailleurs, le groupe de travail mis en place constitue une très belle avancée et je me réjouis que ses travaux figurent à l’ordre du jour de la «CIM Culture» de la semaine prochaine. Nos discussions à venir s’annoncent, d’ores et déjà, très riches.

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