Impact des fonds FEDER

Impact des fonds FEDER

J’ai interrogé le  Ministre-Président et le Ministre à la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de l’emploi et de l’économie concernant l’impact des fonds Feder sur l’emploi bruxellois.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Le Fonds européen de développement régional (Feder) a pour objectif de réduire les disparités économiques, sociales et territoriales entre les 28 États membres de l’Union européenne, en cofinançant des projets visant une croissance intelligente, durable et inclusive, telle que définie dans la Stratégie Europe 2020.

Le Feder constitue un levier financier non négligeable pour mener à bien notre politique de cohésion et de développement économique régional.

Dans notre capitale, les fonds du Feder pour la période 2014-2020 portent sur une enveloppe de 196 millions d’euros que le gouvernement bruxellois a décidé de répartir entre des projets structurants pour le développement socio-économique de Bruxelles, porteurs d’emplois et de cohésion sociale.

Les impacts des programmations du Feder semblent montrer des résultats positifs en termes de création d’emplois mais aussi de réhabilitation. C’est notamment le cas de la zone du canal à Bruxelles où ont été investis 108 millions d’euros dans la programmation précédente 2007-2013, permettant la création de plus de 1.300 emplois. Le programme précédent a également porté attention aux infrastructures et aux équipements collectifs, avec notamment la construction de nouvelles crèches.

Dans le programme 2014-2020 qui est en cours de réalisation, cinq domaines d’action ont été ajoutés: les médias, les secteurs créatifs et le tourisme, les ressources et les déchets, l’alimentation durable et l’horeca, la construction durable et les énergies renouvelables, et, enfin, la santé et les services aux personnes.

Disposez-vous des évaluations en termes de création d’emplois pour les autres projets du Feder, situés en dehors de la zone du canal ?
Parmi ceux-ci, quels sont les secteurs qui semblent le plus porteurs pour l’emploi bruxellois ?
Les jeunes sont-ils les bénéficiaires prioritaires des projets du Feder ?
Sur un plan économique, peut-on estimer leur impact sur notre Région ? En comparaison avec d’autres régions européennes bénéficiant également du Feder, cet impact se situe-t-il dans la moyenne ?
Les cinq nouveaux domaines d’action de la programmation 2014- 2020 sont-ils porteurs de résultats positifs jusqu’à présent ?

Didier Gosuin, ministre.- Madame la députée, je vous remercie de votre question à laquelle je répondrai à la place de mon collègue Rudi Vervoort, en charge du Fonds européen de développement régional (Feder) à Bruxelles. Le ministre-président s’excuse en effet de ne pouvoir être présent parmi nous ce jour.

En ce qui concerne votre première question sur l’évaluation du programme Feder en termes d’emploi, il est difficile d’y apporter une réponse. En effet, la programmation 2007-2013, qui vient de s’achever, visait précisément et exclusivement la zone d’intervention prioritaire (ZIP). Cette zone, déterminée suivant des données statistiques, est située majoritairement autour du canal, sur des parties de territoires des communes d’Anderlecht, Saint-Gilles, Forest, Schaerbeek, Saint-Josse, Molenbeek et de la Ville de Bruxelles. La zone du canal peut difficilement être isolée, au niveau statistique, d’autres quartiers contigus, mais un peu plus éloignés.

En ce qui concerne l’impact général, le rapport final 2007-2013 a pu déterminer la création de 1.384,77 emplois, principalement des emplois indirects.

Au niveau du ciblage du programme vers les jeunes, nous pouvons confirmer qu’ils ont fait l’objet de mesures particulières, avec le choix d’un projet dans les écoles, Boost your talent, qui a permis de stimuler chez les adolescents l’esprit d’entreprise de façon très concrète. Ainsi qu’avec le soutien à six centres de technologie avancée (CTA), qui a permis de doter des écoles techniques et professionnelles de matériel moderne pour préparer ces jeunes à entrer mieux préparés dans le monde professionnel : automatismes industriels, électricité, énergies vertes, infographie, puériculture et technologie avancée.

Sans être exclusivement réservés à un public jeune, l’Espace hôtelier Bellevue, anciennement Formation aux métiers de l’hôtellerie, les Ateliers du Midi / Formation en écoconstruction et nouvelles technologies, ou encore le projet Forest Horeca, intégré à Divercity, permettront en outre de toucher les jeunes adultes au travers de formations dans des lieux équipés, rénovés ou construits grâce au Feder.

Au niveau des divers projets, le rapport final de programmation rappelle qu’un total de 573 « jeunes pousses » auront été aidées, notamment grâce à l’intervention du projet Brusoc de finance.brussels.

Relevons, pour la programmation 2014-2020, que le projet Bellevue4Starters touche spécifiquement le public des jeunes, en accompagnant ceux-ci dans le développement de projets entrepreneuriaux, et qu’un projet global d’équipement pédagogique des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles a également été sélectionné dans le but de mettre les jeunes en lien avec les compétences attendues par le monde de l’entreprise.

En ce qui concerne l’impact plus global du programme, il faut rappeler qu’il n’est pas qu’économique. Votre question l’évoque également : le Feder permet de soutenir la politique de rénovation urbaine en général.

Outre les valeurs des indicateurs clés évoqués, relatifs à l’emploi et aux jeunes pousses aidées, relevons le soutien à deux projets de recherche, développement et innovation, ainsi que 1.189,3 emplois générés grâce à l’aide directe à l’investissement, un projet consacré au traitement des déchets, la réhabilitation de 0,18 km² de surfaces polluées, neuf projets d’éducation, 17.171 étudiants bénéficiaires de ces projets et quatre projets garantissant la durabilité et l’attractivité de la ville.

L’exercice de comparaison avec d’autres Régions européennes bénéficiaires des fonds paraît, en revanche, délicat, non qu’il faille rougir de nos réalisations, mais compte tenu des situations et financements différents.

Le programme 2007-2013 peut s’enorgueillir de plusieurs évolutions positives au travers d’une programmation que le programme lui-même a défini. Les situations initiales, les choix d’autres Régions et leurs financements exacts – les échelles sont très variables d’une Région à l’autre – limitent la possibilité de comparer les bilans.

Nous pouvons en revanche observer 8% d’emplois en moins que les prévisions, ce qui peut notamment s’expliquer par le retard de deux projets économiques qui devraient augmenter ce chiffre dans les prochains mois, une aide directe à l’investissement de 80% supérieure aux prévisions, 50% de surfaces dépolluées et de projets d’éducation de plus que les prévisions, 15% d’étudiants bénéficiaires en plus, mais 50% de projets garantissant la durabilité et l’attractivité des villes en moins.

Les fonds structurels permettant, fort heureusement, de choisir de quelle manière l’Union européenne peut contribuer au développement régional, tout est question de choix des indicateurs à comparer.

Concernant les cinq nouveaux domaines d’action de la programmation 2014-2020, il est encore trop tôt pour déterminer l’impact de la programmation en cours.

En dehors de projets plus transversaux ou touchant à plusieurs filières à la fois, nous pouvons relever le soutien à huit projets de construction durable et d’énergies renouvelables, cinq projets relatifs à la santé, trois en lien avec l’alimentation durable et l’horeca, quatre soutenant le tourisme, les médias et les secteurs créatifs, et un projet de filière des ressources et déchets.

Isabelle Emmery – Merci d’avoir lu la réponse du ministre-président. Mes questions complémentaires lui étant spécifiquement adressées, je vous en dispense.

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