L’avenir du Conservatoire de Bruxelles

L’avenir du Conservatoire de Bruxelles

J’ai interrogé la vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, sur les problèmes de bâtiment que rencontre le Conservatoire de Bruxelles. Plus d’un tiers de la surface est insalubre!

Isabelle Emmery : Nous sommes confrontés à une situation catastrophique. Comme vient de le rappeler mon collègue, deux tiers de la surface du Conservatoire ne seraient plus salubres, ce qui a un impact sur l’enseignement de certaines disciplines.
Je ne reviendrai ni sur les différentes interventions de mon groupe depuis juillet 2012 ni sur l’accord intervenu entre les gouvernements fédéral, flamand et de notre Fédération en octobre 2013. Il a été décidé de créer une structure qui n’a apparemment pas encore vu le jour.

Interrogé sur l’agenda des travaux par M. Eric Tomas en novembre dernier, le ministre Nollet alors en charge des bâtiments scolaires annonçait que le relevé des métrés assuré par la Régie des bâtiments grâce au fonds Beliris débloqué par la ministre Onkelinx serait terminé fin janvier 2014, pour déboucher sur l’élaboration de ce plan. La rénovation lourde débuterait en 2016.

Quelles disciplines sont-elles touchées par la récente évacuation des locaux ? Combien d’étudiants sont concernés ? Pouvez-vous nous apporter des précisions sur la création de l’entité juridique chargée de gérer la rénovation ? Avez-vous des contacts avec la Régie des bâtiments ? Connaissez- vous l’agenda des travaux ?

Joëlle Milquet – J’ai comme vous pris connaissance des problèmes du Conservatoire et de l’état des bâtiments.

En juillet 2012, le parlement de la Fédération avait adopté une résolution relative à la rénovation du Conservatoire. En octobre 2013, les gouvernements fédéral, flamand et de la Fédération ont décidé de créer ensemble une entité juridique. Une note du 24 avril 2014 décrit le processus de rénovation du Conservatoire. Un arrêté du gouvernement de la Fédération autorise le Fonds Écureuil à prendre une participation de 500 000 euros dans la société du Conservatoire, à parts égales avec la Communauté flamande et l’État fédéral. Cette société deviendra alors propriétaire et aura pour mission de rénover le Conservatoire pour un montant maximum de 60 millions, soit 20 millions par partie prenante. Par ailleurs, des Fonds Beliris permettront d’établir le programme des travaux initialement prévus en 2016. La Régie des bâtiments est chargée de réaliser des travaux de sécurisation jusqu’à l’attribution du marché par la nouvelle société anonyme. L’administration de la Fédération est chargée de payer les 500 000 euros au Fonds Écureuil à charge des crédits du Fonds des bâtiments scolaires de la Fédération.

Par ailleurs, je ne sais pas où en est l’avancement éventuel du plan directeur, master plan, de Beliris. Le fait que le gouvernement fédéral ait été en affaires courantes a retardé le processus. Je relancerai les différents partenaires, notamment le ministre Reynders qui reprend les compétences de Beliris. Je verrai avec les autres entités fédérées comment activer la constitution de la société.

Enfin, l’administration n’a pas encore effectué le paiement des 500 000 euros au Fonds Écureuil, puisque l’ensemble du mécanisme ne fonctionne pas encore. L’intervention au fonds ne se justifierait pas dans la mesure où la Fédération n’est pas autorisée à prendre part dans des sociétés. Il faut encore trouver des adaptations juridiques.
En ce qui concerne la rentrée des étudiants au Conservatoire, l’administratrice nous a fourni quelques chiffres qui montrent que les problèmes de sécurité n’ont pas eu de conséquences sur les inscriptions puisque 488 étudiants se sont inscrits en section musique.

Les cours ont été répartis sur trois sites. Le site de la rue de la Régence comporte douze classes dont on vérifie la stabilité. Certaines d’entre elles peuvent être occupées par un professeur et un étudiant, d’autres sont interdites d’accès par prudence. Ainsi, un cours d’écriture a dû être déménagé sur le site de la rue du Chêne. Celui-ci accueille 64 classes et des travaux y sont prévus d’ici mars 2015, notamment la construction de deux nouveaux escaliers qui relieront les étages au grenier. On attend les permis de la Ville de Bruxelles. À moyen terme, on prévoit six nouveaux grands locaux dans le grenier, ainsi que le réaménagement d’une salle de spectacle et de classes qui ne sont pas utilisables en raison des travaux, d’où l’importance du troisième site, celui de la rue de Stassart.

Ces solutions sont provisoires, mais nous continuerons à progresser pour monter cette nouvelle société.

Isabelle Emmery – Même si ces problèmes n’ont pas eu d’impact sur le nombre d’inscriptions, il faut souligner que la vie quotidienne reste fortement influencée par cette situation. Il ne doit pas être simple de donner des cours dans des greniers, de déplacer les élèves entre les trois sites. Il est donc important d’aller de l’avant dans ce dossier qui a pris, me semble-t-il, un an de retard!

Les commentaires sont fermés