Accord de coproduction avec le Chili

Accord de coproduction avec le Chili

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur la signature de l’accord de coproduction cinéma et audiovisuelle avec le Chili

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Aboutissement de nombreuses années de travail, le nouvel accord signé avec le Chili est une excellente nouvelle pour la diversité culturelle et l’économie du cinéma, mais aussi pour les professionnels du cinéma issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles à la recherche de nouveaux partenariats. C’est aussi une excellente nouvelle pour le public qui aura ainsi l’occasion de savourer des productions cinématiques et audiovisuelles animées d’un souffle particulier.

Le 12 mai, votre collègue chargé des Relations internationales et vous-même avez signé un accord de coproduction cinéma avec le ministre chilien, Ernesto Ottone. Cet accord renforce les liens entre notre Fédération et le Chili. L’opération est enrichissante pour chaque partie. En effet, elle ouvre une fenêtre vers le continent sud-américain pour notre Fédération et une autre vers l’Europe pour ce pays à la longue tradition cinématographique et qui dispose de mécanismes de soutien spécifiques.

Madame la Ministre, pourriez-vous nous indiquer si des projets sont en cours pour concrétiser ce nouvel accord? Enfin, pourriezvous nous indiquer les termes de cet accord, notamment en ce qui concerne l’équilibre général qui, selon les termes de l’article 10 de la Convention européenne sur la coproduction cinématographique de 1992 (traité n° 147), «doit être maintenu dans les échanges cinématographiques entre les Parties, en ce qui concerne tant le montant total des investissements que les participations artistiques et techniques aux œuvres cinématographiques tournées en coproduction»?

Alda Greoli, vice-présidente et ministre de la Culture et de l’Enfance – Je vous remercie de l’intérêt que vous manifestez pour cet accord de coproduction, qui est le premier accord du genre signé avec un pays d’Amérique latine. Il ouvre de nouvelles perspectives de diversification et de coproduction longue distance pour nos professionnels.

La plupart des instruments de ce type sont conclus avec des pays européens dans le cadre de la Convention européenne sur la coproduction cinématographique du Conseil de l’Europe et d’accords bilatéraux spécifiques. Outre les avantages que cet accord présente en matière de financement et d’accès aux marchés réciproques, j’y vois la perspective d’un enrichissement culturel appréciable et de collaborations à long terme.

Pour répondre à votre première question, il convient de rappeler brièvement en quoi consistent de tels accords de coproduction. Ces traités bilatéraux visent à encourager la coopération professionnelle et à favoriser la circulation des films ainsi coproduits. Chaque coproducteur doit apporter une contribution minimale à la coproduction et prendre en charge certains postes artistiques et techniques. Une fois reconnus comme coproduction officielle, les films bénéficient des avantages réservés aux films nationaux.

Le film Mirage d’amour avec fanfare, réalisé il y a quelque temps par Hubert Toint en collaboration avec des professeurs chiliens, n’a pu bénéficier des termes de cet accord. Durant la négociation du traité, menée lors du Festival de Cannes 2016, une rencontre professionnelle organisée par mes services avait permis aux producteurs chiliens et notre Fédération d’établir un premier contact qui, aux dires des intéressés, s’est avéré fructueux.

Si, à ma connaissance, aucun projet concret n’est en cours de réalisation en ce moment, il y a fort à parier que la finalisation de l’accord contribuera à renouer des contacts et débouchera sur la concrétisation de projets de coproduction.

Il faut également noter qu’une période de trois ans peut s’écouler entre la volonté de développer une idée en commun pour un projet international et sa finalisation sur écran. Je suis en tout cas optimiste, étant donné que les professionnels étaient demandeurs de cet accord.

Il y a deux semaines, j’ai fait un saut à Cannes où j’ai participé à une réception de l’ambassadrice du Chili en France. Elle souhaitait célébrer ce nouvel accord. Parmi les invités, de nombreuses figures de notre cinéma francophone étaient présentes. Ces célébrités ont ensuite rejoint la soirée dédiée à la Belgique sur la Croisette. L’enthousiasme était palpable!

Pour répondre à votre seconde question, nous avons souhaité élaborer un accord à la fois souple et structurant. Le seuil minimal d’apport financier du coproducteur minoritaire a été fixé à 10 % du coût global de l’œuvre. La Convention européenne actuelle le fixe à 20 %. En outre, un nouveau traité européen a été finalisé fin janvier 2017. Sa ratification par la Belgique modernisera l’ensemble de nos relations intraeuropéennes. Nous pouvons nous en réjouir!

D’autre part, nous avons convenu que chaque partie devrait également contribuer à la coproduction sur le plan artistique et technique. En effet, les coproductions uniquement financières ne sont pas admises. Le but est d’encourager la coopération internationale, la diversité culturelle et l’internationalisation des talents. L’équilibre général de ces différents apports (financier, artistique et technique) sera évalué par une commission particulière. Elle se composera de représentants des deux parties, conformément au dispositif classique prévu dans les accords internationaux de coproduction.

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