Actions culturelles dans les écoles

Actions culturelles dans les écoles

Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, j’ai interrogé Joëlle Milquet, ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, sur les actions culturelles menées dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour promouvoir la liberté d’expression.

Mme Isabelle Emmery  – Madame la ministre, l’école et la culture ont un rôle essentiel à jouer dans l’éducation à la citoyenneté, la promotion de la liberté d’expression et la lutte contre tous les extrémismes. Telle était la conclusion que tirait Hadja Lahbib du débat entre artistes organisé à votre initiative la semaine passée. Elle posait la question de savoir si les artistes seraient les enseignants des cours de citoyenneté de demain.

Dans l’exposé de votre politique culturelle pour la législature 2014-2019, vous abordiez clairement le décloisonnement de l’enseignement et de la culture, notamment par la création d’une nouvelle alliance entre culture et école. Dans votre exposé au Théâtre national, vous affirmiez vouloir recentrer la politique culturelle sur les artistes, et non plus nécessairement sur les institutions, précisément pour décloisonner ce secteur. Vous prôniez l’emploi d’artistes dans les écoles pour faire de nos milieux scolaires des espaces interactifs évoluant au rythme des mutations culturelles et sociétales.

Quelles sont les initiatives scolaires auxquelles les artistes seront associés en FWB afin de promouvoir la citoyenneté, la liberté d’expression et de mener des politiques préventives contre les discours radicaux dans les écoles bruxelloises ? À quel rôle pourront-ils prétendre ? Vous avez mentionné que le processus participatif pour l’alliance culture-école débuterait aux alentours du 27 février. Des appels à projets seront-ils lancés auprès des associations d’artistes ? Si oui, à partir de quand ?

Le plan culture-école sera-t-il élaboré de concert avec les associations culturelles et artistiques de Bruxelles mais aussi de notre Fédération ? Travaillez-vous en collaboration avec le cabinet du ministre Demotte afin d’assurer la cohérence avec le plan Initiatives de prévention du radicalisme et du bien-vivre ensemble ? Enfin, pour la concrétisation de l’accord de coopération culturelle avec la Communauté flamande, vous avez évoqué des initiatives communes avec votre collègue Sven Gatz dans les milieux scolaires bruxellois. Quelles sont ces initiatives ? Des opérateurs ont-ils déjà été désignés ? Quel budget spécifique y sera-t-il dévolu ?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – J’ai apporté le plan Initiatives de prévention du radicalisme et du bien-vivre ensemble ainsi que la circulaire envoyée à toutes les écoles, reprenant toutes les initiatives concrètes, notamment dans le plan culture-école, afin de lancer les débats, libérer les paroles et décoder une série d’éléments.

La première opération sera le lancement de la pièce « Djihad » dont j’ai rencontré le producteur et les acteurs qui ont accepté de se mettre à la disposition des écoles. Plusieurs théâtres, dont le Public, le Théâtre National et le Varia ont accepté d’ouvrir leurs portes. Je dispose ainsi d’espaces pour accueillir cette pièce qui sera jouée au bénéfice des écoles à partir du 6 février jusqu’en avril. J’ai adressé un courrier à toutes les écoles bruxelloises pour leur donner les horaires. Une personne désignée à l’administration enregistrera les réservations. À l’issue de la pièce, le sujet sera chaque fois débattu avec les comédiens, les personnes de référence, les acteurs de terrain mais surtout des experts. Des journalistes et acteurs souhaitent également s’y joindre pour discuter avec les jeunes. Nous avons croisé les classes pour assurer une mixité dans la salle. Toute une série d’outils et de documentaires ont également été mis à la disposition des écoles pour lancer des débats dans les établissements. De nombreux journalistes de RTL , de la RTBf et d’ailleurs se sont spontanément proposés pour débattre dans les écoles. Ils ont été intégrés dans l’opération « Journalistes en classe ». Leurs coordonnées ont été envoyées aux écoles. Les avocats se mobilisent également pour venir parler de la liberté d’expression et des valeurs démocratiques dans les écoles. Je viens aussi de recevoir une offre renforcée pour que des avocats soient intégrés dans l’opération « Avocats dans l’école ». Par ailleurs, des pièces telles que « Les fantassins de la démocratie » traitant de la liberté d’expression des caricatures ainsi que d’autres outils sont mis à disposition pour que les écoles puissent dès à présent organiser ou s’associer à des évènements culturels.

Nous finançons totalement la production de la pièce « Djihad », à laquelle les écoles peuvent assister gratuitement.

Mme Isabelle Emmery – Madame la ministre, ma question allait au-delà de la réponse à l’événement tragique qui s’est déroulé voici deux semaines. Elle portait sur le rôle que vous comptez donner aux artistes dans le cadre du renforcement de ce pont entre l’école et le milieu culturel.

Mme Joëlle Milquet – Dans le discours sur l’alliance entre école et culture, j’ai expliqué qu’il fallait renforcer les ponts tant dans l’apprentissage que dans la présence des artistes à l’école et la présence des écoles dans les lieux artistiques. L’idée est d’avoir une personne de référence dans les lieux artistiques pour la politique pédagogique et une autre dans les écoles pour la politique culturelle. Des partenariats clairs et précis permettront l’ancrage dans le milieu culturel local, avec des résidences d’artistes, une série d’initiatives à l’école, etc.

Ce sera l’objet du groupe de travail sur la Culture et l’École que nous installerons le 28 février à l’occasion de l’opération « Faire bouger les lignes », afin de permettre aux représentants des acteurs culturels et de l’enseignement de réinventer le décret et d’aller beaucoup plus loin. Fautil, par exemple, réintroduire l’apprentissage de la musique à l’école, notamment dans le maternel ?

Cela donnera de l’emploi à nos artistes, décloisonnera les domaines, contribuera à la démocratisation de la culture et facilitera l’exercice de la mémoire et la maîtrise des apprentissages. L’enveloppe budgétaire de la Culture peut faire l’objet de ré-affectations à cet effet

Mme Isabelle Emmery  – Madame la ministre, je reviendrai vers vous dans le cadre de ce dossier.

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