Aides aux opérateurs audiovisuels

Aides aux opérateurs audiovisuels

J’ai interpellé la Ministre de la Culture sur les attribution des aides aux opérateurs audiovisuels.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery  – Comme évoqué précédemment et à la suite de l’adoption du décret modifiant le décret «Cinéma», vous avez pris un certain nombre de décisions concernant l’octroi d’aides aux opérateurs audiovisuels, et ce, sur la base de l’avis émis par la COA.

Ainsi, 50 opérateurs sur les 60 demandes rentrées seront soutenus à l’avenir, pour un montant avoisinant les 3 millions d’euros par an.

C’était un moment important et attendu puisqu’il s’agissait de rééquilibrer l’attribution des aides sur la base d’un échéancier commun et de concrétiser de nouvelles formes d’aides.

Entreprendre l’examen des cas particuliers est peu pertinent, dans la mesure où les décisions me semblent respecter dans l’ensemble les recommandations formulées par la COA. Néanmoins, il me paraît important de tirer quelques enseignements de la situation globale et des perspectives pour l’avenir de ce secteur particulièrement cher à mon groupe.

Madame la Ministre, qu’en est-il de votre lecture des orientations de fond pour le secteur, vu les choix posés à l’occasion de ce nouvel échéancier?
En application des articles 61 à 68 du décret, pouvez-vous me donner davantage d’informations sur les critères précis utilisés pour déterminer la longueur des conventions (de deux ou de quatre ans) pour les ateliers de production?
Sur les huit ateliers de production conventionnés, deux bénéficient d’une convention d’une durée de quatre ans. Pouvez-vous m’éclairer sur cette option?
Vu le rôle spécifique joué notamment par les ateliers de production et d’accueil en la matière, qu’en est-il des objectifs poursuivis pour la production et la promotion du film documentaire, qui constituent un pan culturel important de la création et du soutien aux créateurs?

Alda Greoli, vice-présidente du gouvernement et ministre de la Culture et de l’Enfance – La mise en place de l’échéancier commun a permis à la Commission d’aide aux opérateurs audiovisuels (COA) d’analyser et de comparer toutes les demandes de soutien à un même moment et en disposant de la totalité de l’enveloppe budgétaire. Cela a permis de rééquilibrer les soutiens octroyés en vertu de l’évolution des différents projets et en intégrant de nouveaux opérateurs. Désormais, ce sera le cas tous les quatre ans. La répartition des enveloppes budgétaires entre les différents créneaux de soutien – exploitants de salles, distributeurs, plateformes numériques, ateliers et festivals – est restée stable. L’équilibre établi précédemment entre les différents types d’opérateurs n’a donc pas été modifié. En revanche, un nouveau créneau d’aides a été créé pour les structures de diffusion, avec une enveloppe supplémentaire. D’ailleurs, vous avez tous omis de rappeler, il me semble, que l’enveloppe était supplémentaire.

Madame Emmery, concernant les ateliers, j’ai suivi l’avis de la COA qui, sans jamais remettre en cause ou en question l’intérêt et la qualité du travail des ateliers, s’interroge sur leur complémentarité, la manière dont ils s’adaptent à un environnement en constante évolution, leurs projets, les éventuelles mises en commun pour des actions similaires ou complémentaires ou encore les liens avec l’éducation permanente. Toutes ces questions ont poussé les membres de la COA à proposer de limiter à deux ans les promesses d’aides afin de permettre aux ateliers de réfléchir ensemble sur ces différents points. Cette mesure est pour moi une opportunité. Je vais prochainement rencontrer les responsables des différents ateliers pour entendre leur point de vue et dessiner des pistes pour une évolution cohérente de ce secteur. L’enveloppe globale de soutien aux ateliers reste inchangée avec un montant annuel non négligeable de 1 286 000 euros, ce qui montre que leur rôle n’est pas remis en cause.

En termes de promotion, une nouvelle aide spécifiquement pensée pour la diffusion des documentaires est entrée en vigueur le 1er juillet 2017. Elle favorise la diffusion en salles des documentaires et l’organisation d’événements autour de ces films, tels des débats et des expositions. Concrètement, elle porte sur une aide de 4 000 euros par film pour l’organisation d’au moins dix séances événementielles. En outre, l’aide aux structures de diffusion bénéficiera essentiellement aux documentaires puisque ce sont surtout ces films qui ont une carrière dans le secteur associatif.

(…)

Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, je vous avais demandé une lecture des orientations de fonds puisque les choix se sont opérés au même moment. Je comprends qu’il faille laisser du temps au temps pour obtenir une évaluation correcte de la mise en place des nouveaux dispositifs du décret et c’est sage de votre part.

Votre vision positive des ateliers, votre désir de rencontrer les différents acteurs pour tracer des pistes et votre souci de cohérence et de remise à plat vont dans le bon sens. Mais je rejoins aussi la demande de mes collègues qui aimeraient que votre schéma intègre le souci d’entendre les demandeurs qui ont manifesté leur mécontentement. Aujourd’hui, pour qui n’est pas entendu, la seule voie possible est celle du recours. Ce n’est pas la façon la plus constructive de bâtir ensemble une politique culturelle, quel que soit le secteur en question. C’est vrai aujourd’hui pour le secteur de l’audiovisuel, ça l’était hier pour celui des arts de la scène. Je suis sensible à ce manque d’écoute entre le moment où la décision tombe et celui où il est possible de se faire entendre et d’exprimer son mécontentement.

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