Brussels Creative Forum

Brussels Creative Forum

J’ai interrogé la ministre de la Culture sur le «Brussels Creative Forum»

Isabelle Emmery . – Existant depuis 2013, le Brussels Creative Forum est devenu un événement annuel, participatif et ouvert à tous, destiné au grand public ainsi qu’aux professionnels. Ce forum, qui se tient à la fin de l’été, a pour objectif de présenter l’offre et la diversité en matière de culture et de créativité pour l’année à venir en région bruxelloise. Les différents stands permettent aux opérateurs culturels et aux institutions de présenter les programmes culturels de la saison. Des animations sous la forme de performances artistiques sont également proposées aux visiteurs ainsi que des débats et workshops permettant une réflexion sur les défis de demain.

Avec plus de 27 000 évènements culturels par an, la région bruxelloise concentre un foisonnement de projets, alliant créativité et innovation et font de Bruxelles une ville très dynamique au niveau culturel.

Toutefois, si beaucoup d’acteurs et citoyens sont engagés dans la vie culturelle et créative, les gens travaillent essentiellement dans leurs réseaux. Cette pratique constitue dès lors un obstacle aux connexions et synergies possibles entre les acteurs culturels. Le Brussels Creative Forum constitue un lieu d’échanges intéressant et permet de tisser des liens entre les personnes. C’est utile pour engendrer une dynamique culturelle vers de nouvelles initiatives et de nouveaux publics.

En tant que Bruxelloise, mais très attachée à la défense de notre identité francophone à Bruxelles et en Wallonie, je souhaiterais vous entendre sur divers aspects. De quelle manière la Fédération Wallonie-Bruxelles est-elle représentée au sein du Brussels Creative Forum? Quel bilan tirez-vous de la participation de la Fédération à cet évènement? Vous y avez assisté, mais vos services et vous-même ont-ils été conviés à participer aux différents workshops?

À ma connaissance, aucun acteur wallon n’était présent au forum. Ne serait-il pas opportun de les intégrer? Ne pensez-vous pas que cette absence est regrettable? Les opérateurs culturels soutenus par la Fédération ne devraient-ils pas transcender les frontières institutionnelles afin d’encourager la mobilité du public? Vous le faites à différents niveaux, notamment dans vos concertations. Envisagez-vous d’organiser un évènement qui rassemble les opérateurs culturels wallons et bruxellois en stimulant des partenariats entre institutions?

Soutenez-vous le Brussels Creative Forum ? Si oui, quel est le montant de ce soutien et est-il formalisé dans une convention?

Finalement, qu’en est-il de la coordination politique avec les différents ministres qui ont une compétence culturelle sur Bruxelles? Où en est le dialogue?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – Nous avons accordé 10 000 euros à cette nouvelle initiative. La visibilité, les spectacles, la qualité des débats et le nombre des opérateurs représentés pourraient certainement être améliorés. J’ai rencontré le responsable de l’événement pour envisager d’inclure les acteurs culturels de tous les niveaux de pouvoir présents à Bruxelles lors de la prochaine édition.

Le fait que l’événement résulte d’une coordination locale ne me dérange pas. La Wallonie dispose elle aussi de telles manifestations et beaucoup d’autres festivals sont organisés conjointement. Il s’agit de présenter aux habitants de Bruxelles l’offre culturelle disponible sur le territoire de la région et de faire la démonstration de sa vivacité et de sa coordination dans un lieu donné. Cela peut être le cas à Charleroi, à Mons ou dans des sous-régions et ne me paraît pas antinomique avec une appartenance collective.
Je suis prête à soutenir davantage cette opération pour qu’elle s’améliore. Il me semble qu’il faudrait prévoir plus de place pour l’expression culturelle, au-delà de la présentation des acteurs qui, par ailleurs, pourraient être plus nombreux. Il faut développer les débats et assurer une coordination politique de l’ensemble des acteurs.

Je rencontre mon homologue flamand ce midi. Nous avons décidé de lancer la coordination avec les autres acteurs bruxellois. Nous rencontrerons prochainement la plateforme des acteurs culturels mixtes – flamands et francophones – qui a rédigé un cahier de revendications.

Isabelle Emmery – Je comprends que vous souteniez un événement en développement. Vous dites qu’en Wallonie, le même type d’opération locale a lieu. Ne serait-il pas opportun de rassembler ces vitrines de la création sur l’ensemble de notre Communauté, voire plus largement? On nous dit souvent que nous avons des difficultés à exporter nos artistes. Or des vitrines communes peuvent aider les artistes à voyager entre les communautés.

Joëlle Milquet – Nous réfléchissons actuellement à un projet global qui rassemblerait notre offre culturelle et aurait une dimension internationale.

Isabelle Emmery –  – Si vous ne dévoilez pas le scoop aujourd’hui, je serai attentive à la suite de ce projet.

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