Bruxelles capitale musicale

Bruxelles capitale musicale

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur Bruxelles et son rôle de capitale musicale.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Il y a plus d’une semaine, Denis Delforge, CEO de Brussels Expo, affirmait, lors d’une interview, vouloir rendre à Bruxelles son rôle de capitale musicale. Je ne vais pas revenir sur nos nombreux échanges au sein de cette commission concernant la reprise du Cirque royal, mais Brussels Expo a développé une stratégie forte autour de différents pôles musicaux. Ce développement s’inscrit dans la volonté de Brussels Expo de proposer une offre tout aussi attractive que celle organisée à Anvers. Afin de parvenir à cet objectif, des investissements budgétaires importants sont consacrés, entre autres, à la modernisation du Cirque royal.

Les artistes belges francophones se sont très peu mobilisés autour du litige entre Le Botanique et Brussels Expo. Leur principale préoccupation consiste à se produire sur scène, et ce, quel que soit le gestionnaire de la salle. De plus, de manière générale, ces artistes perçoivent l’augmentation du nombre de salles comme un point positif.

Madame la Ministre, ce dossier a généré des opinions très différentes. Aujourd’hui, au bénéfice des artistes de la Communauté française et des organisateurs de festivals, il est probablement nécessaire de tourner la page et d’identifier des pistes de collaborations constructives, même si des recours sont prévus.

Des contacts avec Brussels Expo sont-ils en cours, afin d’étudier les partenariats possibles entre les différentes salles de concert et les festivals soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles? Une coordination est-elle organisée avec les salles de concert et les programmateurs pour veiller à maintenir une offre culturelle équilibrée sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Finalement, la mutualisation dans le domaine des arts de la scène constitue un objectif central du nouveau décret. Lorsqu’elles ne sont pas occupées, ces différentes salles pourraient, le cas échéant, être utilisées, même si elles ne perçoivent aucune subvention de la part du Service général de la création artistique. Des contacts dans ce sens pourraient-ils être approfondis par votre cabinet et par Brussels Expo?

Alda Greoli, vice-présidente et ministre de la Culture et de l’Enfance – Sans vouloir revenir sur les nombreux échanges que nous avons eus au sein de cette commission, pour reprendre vos termes, je constate que l’offre cohérente proposée par les deux lieux de diffusion, en l’occurrence Le Botanique et le Cirque royal, fonctionnait pourtant bien. Je veux éviter que cette querelle nuise aux artistes et à leur public. Je suis évidemment favorable à ce que Brussels Expo me contacte afin d’activer les leviers de la politique culturelle de la Communauté française pour concourir au rayonnement musical des lieux de diffusion bruxellois. Toutefois, il ne m’appartient pas de nouer des contacts de nature à établir des partenariats avec des lieux de diffusion. C’est le rôle des opérateurs, au nom de la liberté d’association, de se fédérer afin de porter des projets cohérents pour le rayonnement musical de Bruxelles et de l’ensemble de la Communauté française, car il faut veiller à ce que Bruxelles ne se replie pas trop sur elle-même. Je suis de celles qui pensent que l’offre culturelle et, dans le cas présent, musicale doit émaner des créateurs et des artistes, et non des pouvoirs publics.

Pour conclure, il est de mon devoir d’intervenir dans mon champ de compétences si ces lieux de diffusion et la manière dont ils sont organisés ne permettaient plus aux artistes d’exprimer pleinement leur talent et de rencontrer leur public. J’imagine que, le cas échéant, nous en discuterions ensemble.

Isabelle Emmery – J’avais rédigé ma question à la manière d’un notaire tentant de trouver le meilleur accord possible entre deux parties. Je poserai le même type de question dans une autre assemblée, bien qu’en ce qui concerne la Région, je ne suis pas certaine de pouvoir intervenir, si ce n’est en commission du Développement territorial.

Je vous rejoins quant à l’importance du rôle des opérateurs, mais nous ne devons pas pour autant négliger notre rôle de facilitateur sur le marché musical qui, en termes de dynamisme et de rayonnement artistique, est vraiment important pour notre public.

 

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