Cinéastes en classe

Cinéastes en classe

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur l’opération « Cinéastes en classe »

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – En septembre dernier, l’opération Cinéastes en classe a été lancée en partenariat avec le CCA. Le but est de faire mieux découvrir les métiers du cinéma aux élèves et étudiants, tous niveaux et réseaux confondus. Les modalités sont assez souples et une intervention est prévue pour soutenir la venue du professionnel en classe. À ce stade, une quarantaine de noms figurent sur la liste des cinéastes prêts à participer à la dynamique. J’imagine que cette liste s’allongera au fil du temps.

Je me réjouis bien sûr de ce type d’initiative qui s’inscrit dans la stratégie de développement du cinéma belge et dans la logique d’autres projets tels qu’Écrivains en classe ou Journalistes en classe ou dans la complémentarité directe du Prix des lycéens du cinéma qui permet d’ouvrir une fenêtre culturelle dans le monde de l’école.

Je suis toutefois attentive à ce que ces opérations soient orientées vers le public le plus large possible, à ce que l’encadrement pédagogique soit soutenu et à ce qu’on évalue la mise en œuvre du dispositif au regard des objectifs poursuivis.

Madame la Ministre, il est actuellement trop tôt pour tirer un bilan mais je voudrais déjà connaître certains éléments. Quel est le budget prévu pour l’ensemble de la campagne?
Pourriez-vous me faire part de votre première analyse des demandes rentrées auprès de l’administration? Quelles sont les types d’écoles et les niveaux d’enseignement concernés?
Avez-vous pris langue avec vos collègues de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour coordonner et assurer le plein succès de cette initiative?

Alda Greoli, vice-présidente et ministre de la Culture et de l’Enfance – L’opération Cinéastes en classe, lancée à l’initiative du CCA, reproduit le même modèle que l’opération Écrivains en classe. Elle vise à inviter des cinéastes de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans les classes, le temps d’une heure de cours, afin de partager leur métier avec les élèves, en présence de l’enseignant. Pour bénéficier de ce service, il est demandé que les élèves aient vu au moins un film du cinéaste qu’ils auront à rencontrer. Cette nouvelle initiative, lancée à la fin du mois de septembre dernier à l’occasion du Festival international du film francophone (FIFF) de Namur, s’inscrit dans la série de nouvelles actions imaginées et mises en œuvre dans le cadre du nouveau Plan de promotion et de diffusion du cinéma belge.

Le budget annuel global sur lequel vous m’interrogez se chiffre à 37 000 euros répartis comme suit: 30 000 euros pour couvrir les frais d’honoraires et de déplacement des cinéastes, 5 000 euros pour la communication de l’opération, 2 000 euros en frais divers. Ce budget s’apparente au budget annuel de l’opération Écrivains en classe qui équivaut à environ 40 000 euros pour les enseignements secondaire et supérieur.

L’opération Cinéastes en classe a été conçue pour s’inscrire dans une logique de complémentarité avec les autres opérations d’éducation aux médias soutenues par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je pense tout d’abord à Écran large sur tableau noir qui est largement subventionné par l’Enseignement et la Culture et qui vise à faire venir les élèves dans les salles de cinéma pour leur faire découvrir le cinéma sur grand écran. Je pense aussi au Prix des lycéens du cinéma belge francophone qui, une année sur deux, vise à attiser la curiosité des adolescents pour un cinéma qu’ils ne vont pas voir d’initiative et à leur faire connaître des professionnels du cinéma belge: réalisateurs, acteurs, cascadeurs, etc. Citons également diverses actions telles que les Samedis du cinéma à visée à

plus sociale avec des tarifs bas et un objectif intergénérationnel ou les activités de l’ASBL Loupiote qui combine l’éducation au cinéma avec l’éducation par le cinéma. On peut citer également les salles de cinéma d’art et essai qui reçoivent une subvention couvrant toutes les activités scolaires d’éducation aux médias et au cinéma. Je vous invite à ce titre à regarder la richesse de l’offre proposée par Les Grignoux, pour ne citer qu’eux.

Il s’agit d’une offre complémentaire qui permet de mieux s’adapter aux horaires des professeurs. Ceux-ci n’ont en effet pas toujours la possibilité de se déplacer pour faire découvrir un film et un cinéaste en salle. Elle ne prétend pas apporter un savoir complet mais c’est une occasion d’éveiller la curiosité de l’élève pour une cinématographie ou un métier qu’il ne connaît pas. L’animation est le plus souvent assurée par le professeur lui-même, motivé par la thématique du cinéma belge et l’outil en tant que tel. Néanmoins, le CCA proposera aux enseignants moins connaisseurs de s’appuyer sur les conseils d’opérateurs spécialisés, membres du groupe de travail Cinéma du Conseil supérieur de l’éducation aux médias. La promotion du cinéma belge a tout à gagner de la création de différents canaux pour atteindre des publics souvent difficiles d’accès pour notre cinématographie.

Un appel à participation a été lancé et largement diffusé en 2016 à l’attention des cinéastes de la Communauté française, et ce afin d’établir une liste pour les enseignants. Cette liste, non exhaustive, est en constante évolution. Elle figure sur la page dédiée à l’opération sur le site cineastesenclasse.be. Elle compte à ce jour 62 références portant à la fois sur des métiers créatifs et techniques du cinéma.

Différents outils et supports de communication destinés aux enseignants ont été élaborés: affiches, dépliants, roll-up, page internet, page Facebook, etc. Des lettres d’information ont été envoyées par l’intermédiaire du service éducatif de PointCulture, de la Cellule Culture et Enseignement, du Conseil de l’enseignement des communes et des provinces (CECP), etc. Une communication a été relayée dans un article paru dans le magazine PROF édité par l’administration générale de l’Enseignement (AGE). Enfin, une présence a été assurée sur le stand de Point Culture au Salon de l’Éducation, qui s’est tenu du 12 au 16 octobre 2016.

À la suite de contacts établis entre mon cabinet, celui de ma collègue Marie-Martine Schyns et les services de communication et relations publiques de l’AGE, une circulaire d’information culturelle a été envoyée au début de ce mois à l’ensemble des pouvoirs organisateurs des établissements de l’enseignement libre et officiel subventionné, tous niveaux d’enseignement confondus. À ce jour, une vingtaine d’enseignants, principalement issus du secondaire, ont déjà pris contact avec le CCA en vue d’inviter un ou une cinéaste dans leur classe. Deux rencontres en classe ont déjà été organisées. Une évaluation de cette activité sera réalisée lorsqu’elle aura eu le temps de faire ses preuves.

(…)

Isabelle Emmery – Il s’agit d’un projet pilote.

Je comprends dès lors qu’il est un peu tôt pour l’évaluer. Nous serons bien évidemment attentifs et nous reviendrons sur cette opération, surtout lors de son évaluation, pour vérifier que tous les publics ont étés bien touchés. Je ne doute toutefois pas de votre volonté, Madame la Ministre.

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