Cirque, arts forains et arts de la rue

Cirque, arts forains et arts de la rue

J’ai interrogé la Ministre de la Culture au sujet du Cirque, des arts forains et des arts de la rue.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery .– Aujourd’hui, en Fédération Wallonie-Bruxelles, les arts du cirque, tout comme les arts forains et les arts de la rue, représentent un facteur d’attractif tant, pouvant rassembler un nombre considérable de visiteurs dans un cadre urbain ou rural. Les trois genres artistiques se sont progressivement inscrits dans notre paysage culturel, après une phase de reconnaissance institutionnelle initiée en 1999. Depuis lors, le secteur ne cesse de se développer: les manifestations, les artistes et les initiatives foisonnent.

Ce secteur poursuit son évolution, confronté aux mêmes règles et conditions de création et de diffusion que l’ensemble des arts de la scène en Fédération Wallonie-Bruxelles. La création de spectacles est au cœur du travail de ces artistes, qui doivent cependant conjuguer le travail artistique et des tâches administratives et de prospection.

Les difficultés liées à l’emploi des artistes et des personnes impliquées constituent actuellement un des reliefs les plus marquants: le cumul de fonctions au sein de la compagnie et la pluriactivité –la multiplication des employeurs–caractérisent le travail des artistes, sans compter la précarité des emplois et des rémunérations qui y sont associées.

Madame la Ministre, dans le cadre du budget initial2016, les moyens consacrés au cirque ont été augmentés de 31000euros, mais l’effet de cette augmentation n’est pas réellement significatif pour le secteur. Toutefois, la nouvelle répartition des budgets favorise les conventions et les contrats-programmes, au détriment des festivals et des aides aux projets.

Comment expliquez-vous ces orientations?
De nouvelles reconnaissances d’opérateurs sont-elles prévues en 2016 et, dans l’affirmative, lesquelles?

Où en est le CIRK, projet de nouvelle école à  Koekelberg lié à l’Espace Catastrophe, et quel est le montant octroyé par la Fédération?

Début janvier, dans les colonnes de L’Écho, Alexandre Bouglione évoquait l’absence de soutien public au cirque dit traditionnel.
Quelle est la position de la commission d’avis à ce sujet?
Partagez-vous leur point de vue?
Ne considérez-vous pas que le cirque traditionnel de qualité doit également être soutenu et, dans l’affirmative, dans quelles conditions?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.–Nous parlions de sexisme tout à l’heure. Il est un fait que notre société accepte bien plus facilement une mise au point de la part d’un homme que d’une femme. Je connais très bien M.Bouglione et je l’ai toujours soutenu.

Les budgets ont été augmentés. J’ai toujours défendu le cirque. J’ai d’ailleurs lancé les premières conventions du cirque lorsque j’étais échevine à Bruxelles. Je défends d’ailleurs l’idée d’y organiser une grande convention du cirque de rue à Pâques et d’en faire un grand événement.

Comme d’autres formes artistiques, par exemple, le hip-hop ou les arts urbains, le cirque mérite d’être davantage soutenu. C’est pourquoi j’ai réaffecté 142000euros de manière à augmenter de 71000euros le soutien aux compagnies de cirque et de 70000euros le soutien aux lieux, notamment le Centre des arts de la rue à Ath et l’Espace Catastrophe, magnifique projet qui va surtout se développer en 2017. J’ai rencontré les responsables de l’Espace Catastrophe et les ai assurés de mon appui. Grâce à de tels projets, la Belgique francophone pourra devenir un des lieux voués au cirque de grande qualité. Ces lieux, comme l’École du cirque, proposent certes un autre type de cirque que les cirques traditionnels, en mêlant poésie, gymnastique, danse, conte et musique. Il faut que les deux types puissent coexister.

Depuis mon entrée en fonction, je n’ai reçu aucune demande officielle de soutien, ni même de rencontre et encore moins de reconnaissance nouvelle. Je suis toute disposée à analyser les demandes qui me seraient transmises. Certes, les cirques qui, grâce à une importante fréquentation, tournent bien et s’en sortent financièrement, ont moins besoin d’être aidés. Je suis donc prête à soutenir plutôt d’autres cirques émergents. Je suis également disposée à réfléchir à la création d’un label, mais il ne faudrait pas imposer des agréments à la création artistique ou à l’offre de spectacles, surtout s’ils ne sont pas subventionnés. Je ne parle, bien sûr, pas des normes de sécurité.

Quant à l’Espace Catastrophe, il ne s’agit pas d’une école, mais d’un espace multidisciplinaire qui offrira une formation, mais surtout des spectacles. Il devrait déménager, fin2017, à Koekelberg, où il pourra développer des programmes et des activités dans de nouvelles infrastructures; le projet architectural est vraiment splendide. Il bénéficie actuellement d’une aide de 150895euros,mais j’ai déjà prévu d’accroître sensiblement cette aide en 2017. Il me semble en effet indispensable d’accompagner cet opérateur dans son développement et de le consolider.

Maintenant que je suis informée de l’existence de l’interview, je vais prendre contact avec Alexandre Bouglione. Je répète toutefois que je n’ai reçu aucune demande de rencontre de sa part. Il m’est cependant difficile de subventionner les cirques traditionnels qui s’en sortent bien tout en soutenant les Centres d’expression et de créativité (CEC), les centres culturels, l’éducation permanente, etc., sans augmentation de budget. Des choix s’imposent.

(…)

Isabelle Emmery  –Je rejoins M.Maroy sur l’importance de ce secteur. À mon sens, il a deux qualités: il est populaire et il est accessible à tous. Par ailleurs, il présente la caractéristique novatrice de décloisonner les disciplines.

Je voudrais poser une question plus précise au sujet de l’Espace Catastrophe. Il me semble avoir entendu que ce projet d’activité circassienne dans la programmation et la création de spectacles à Koekelberg était lié à un projet d’école dénommé «CIRK». Je poserai cette question en commission de l’Éducation.

Les commentaires sont fermés