Concertation avec les Centres culturels

Concertation avec les Centres culturels

J’ai interrogé la Ministre de la Culture au sujet l’état d’avancement de la concertation et de l’application du nouveau décret pour les centres culturels.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery –  Dans la foulée de l’envoi d’un communiqué à tous les responsables politiques, la presse a relayé début avril les inquiétudes des centres culturels sur l’application du décret de 2013. Si, à plusieurs reprises, Mme Milquet a critiqué ce texte pour ses aspects budgétaires, sa mise en oeuvre est un objectif essentiel de la politique culturelle accessible à tous et délocalisée en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Si formellement, je vous le concède, il n’y a pas de moratoire, les différents décrets-programmes ont cadenassé les reconnaissances, même de manière progressive. En commission de la Culture, Mme Milquet a évoqué des rencontres sur les aspects de mutualisation de moyens. Toutefois, elle n’a pas évoqué l’accompagnement par le Cabinet des 115 centres culturels dans le processus de transition.

Madame la Ministre, à la suite de la rencontre qui s’est tenue le 18 mars, pouvez-vous nous informer des pistes concrètes qui ont été discutées afin de donner les moyens nécessaires aux centres culturels pour qu’ils puissent mener leurs missions?

J’en viens aux moyens liés à l’application du décret «non-marchand». Quand la situation devrait- elle être résolue pour les opérateurs vu les difficultés importantes qu’ils rencontrent en termes d’emploi?

Pouvez-vous nous donner davantage d’informations sur les moyens complémentaires octroyés aux centres culturels reconnus en 2016?
Quels contacts avez-vous établis avec les autorités locales qui voudraient faire reconnaître un centre culturel en 2016?

Je voudrais également vous faire part d’une situation que je connais bien et qui devient selon moi assez paradoxale. Nous savons très bien que les communes doivent donner au minimum un euro par euro accordé par la Fédération Wallonie- Bruxelles. Pour ma commune, la clé de répartition est de cinq euros octroyés par la commune pour un euro de subside de la Fédération. Dans quelle mesure tout cela est-il encore raisonnable? Les communes risquent à terme de revoir leur politique de soutien aux centres culturels agréés.

Alda Greoli
– Ma prédécesseure rencontrait les représentants des différents secteurs socioculturels, dont les centres culturels, tous les deux mois pour aborder les diverses questions et en particulier l’épineuse question de leur financement et de leurs moyens.

En 2015, elle a permis, grâce à une adaptation décrétale, que le décret voté en fin de législature précédente puisse permettre de nouvelles reconnaissances, que soit levé le moratoire et que la dynamique du décret soit effectivement enclenchée. Cela a été réalisé à moyens constants en 2016. Lors de sa dernière rencontre avec le secteur des centres culturels, elle leur a demandé de lui faire des propositions pour déterminer une trajectoire pluriannuelle de l’augmentation des budgets. Elle leur avait également demandé de réfléchir à des pistes de mutualisation et d’optimalisation des coûts lorsque cela était possible afin de tenter de libérer des marges complémentaires à affecter aux activités culturelles plutôt qu’à leur fonctionnement.

Le 18 mars dernier, des représentants du secteur ont présenté des pistes de trajectoires pluriannuelles, ce dont je leur sais gré car il n’est pas toujours facile de trouver un accord face à autant d’enjeux.

Je veux donc souligner le travail qui a été réalisé par les acteurs de terrain, en vue d’une augmentation alternative plus raisonnable jusqu’à 2025.

En collaboration avec mon cabinet et l’administration, je vais examiner ces propositions et je ne manquerai pas de revenir vers vous sous peu, à la suite du dépôt de ces propositions.

Vous m’avez interrogée sur les moyens consacrés en application du décret «non-marchand». Je vous invite à vous adresser au ministre-président chargé de l’application des accords de ce décret.

La ministre Milquet avait également annoncé, dans le cadre de la diffusion d’informations sur les moyens complémentaires pour les centres culturels reconnus en 2016, l’octroi d’un soutien complémentaire de 33 000 euros aux trois nouveaux centres culturels reconnus en 2016 dans le cadre du nouveau décret.

Ce montant sera réparti entre le centre culturel de Leuze-en-Hainaut pour un montant de 10 000 euros, celui de Fosses-la-Ville pour 10 000 euros et celui de Jodoigne pour 13 000 euros, en complément de Orp-Jauche. La procédure de reconnaissance entre les centres culturels, les centres culturels souhaitant être reconnus en 2016 et les autorités locales, se poursuit de manière normale.

Depuis ma nomination en tant que ministre, je n’ai cessé d’évoquer la garantie d’accessibilité à la culture à tous les citoyens. Ce point fera partie des axes essentiels de la politique que je compte mener en faveur de tous les citoyens, quels que soient leur âge ou leur condition socioéconomique. Cet accès à la culture me paraît fondamental, tout comme certaines initiatives et créations de pointe qui permettent d’accroître la dynamique.

(…)

Isabelle Emmery  – Je sais qu’il est un peu tôt pour que vous puissiez faire un choix parmi les pistes évoquées avec le secteur. Néanmoins elles existent. Je souhaiterais être informée des propositions qui ont été faites par le secteur. Quant à ce qui est raisonnable pour vous, c’est encore autre chose.

En ce qui concerne le non-marchand, je souhaiterais vous sensibiliser à la question de l’emploi dans notre secteur lors du prochain ajustement budgétaire.

La question du rapport avec les autorités locales n’était pas abordée dans ma question initiale. Je reviendrai donc sur ce point. Nous assistons à une augmentation des devoirs, des obligations et des droits qui mériterait une réflexion.

Les commentaires sont fermés