Concertation bruxelloise sur la culture

Concertation bruxelloise sur la culture

J’ai interpellé Joëlle Milquet, ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, sur la situation du Théâtre Océan Nord.

Isabelle Emmery – (…) Je rebondis sur les travaux de la dernière commission de la Culture, durant laquelle vous nous avez informés de la tenue d’une réunion sur la culture à Bruxelles avec votre homologue flamand, le ministre-président de la Région bruxelloise et le ministre fédéral en charge des institutions culturelles.

Si nous nous réjouissons d’une collaboration forte et structurée entre les différents niveaux de pouvoir autour d’un projet culturel ambitieux pour la capitale, puis-je vous demander quelles sont les priorités que vous défendez en votre qualité de ministre de la Culture de la Fédération Wallonie- Bruxelles?

Dans la foulée de la rencontre à l’initiative du Réseau des arts bruxellois et du Brussels kunstoverleg, vous aviez annoncé que des initiatives concrètes seraient bientôt lancées dans le cadre de l’accord de coopération culturelle avec la Flandre. Comme l’a dit ma collègue, il y a eu un échange, qui semble avoir été très productif, avec votre homologue néerlandophone et nous en avons eu un aperçu grâce à la presse. Je voudrais cependant vous demander, par rapport à Bruxelles, de quels projets vous avez discuté lors de cette réunion.

J’ai entendu qu’il avait été question du numérique et d’une passerelle ou d’une collaboration avec le projet du Palace. À cet égard, j’aimerais que vous soyez plus exhaustive dans vos propos. Quels dossiers les différents ministres envisagent ils de porter au niveau bruxellois?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – Dans le domaine de la culture, le contexte juridique – pour ne pas dire climatique – entre la Communauté flamande et la Communauté française a largement évolué. L’accord de coopération nous fournit un cadre juridique auquel tant Sven Gatz que moi-même – nous avons pris nos fonctions respectives au même moment – avons immédiatement voulu donner corps.

Je ne peux que me féliciter de notre collaboration avec la Communauté flamande en la matière. J’ai déjà vu M. Gatz à plusieurs reprises. Nous avons invité nos collègues flamands à la Biennale de Venise et le soir, toute l’administration de la Culture était présente pour discuter de projets. Le lendemain, nous avons visité l’exposition de la Communauté flamande. Nous avons des projets communs et nous avons déjà pris de multiples initiatives sur toute une série de points, notamment la présence et l’implication de la Communauté flamande pour les missions de promotion du cinéma néerlandophone dans le cadre du projet du cinéma Palace, projet de la Communauté française. Voilà une initiative claire et tangible.

J’en viens aux réponses aux différentes questions. Sven Gatz et moi-même voulons vraiment fédérer les acteurs culturels bruxellois afin d’avoir une stratégie convergente quant aux rencontres, formelles ou informelles, et de relancer la dynamique de la Conférence interministérielle. Nous devons tendre à une plus grande cohérence de la stratégie culturelle entre Bruxelles, la Wallonie et la Flandre, sur des projets susceptibles d’être communs. Nous avons notamment assisté, la semaine dernière – puisque la commission a eu la gentillesse de me le permettre –, à une réunion avec Didier Reynders et Rudi Vervoort, qui portait sur des projets pragmatiques et concrets.

Nous allons finaliser ensemble l’agenda culturel, un site attractif commun présentant l’ensemble de l’offre culturelle des différents niveaux de pouvoir à Bruxelles. Certaines choses existent déjà, mais elles doivent encore être dynamisées. Il est question que nous nous revoyions afin d’aborder d’autres sujets. En ce qui concerne les initiatives conjointes, la Plateforme a été composée de Flamands et de francophones, de membres de l’administration et de représentants que nous avons désignés. Elle s’est déjà réunie et nous travaillons maintenant ardemment ensemble. À l’occasion de la Biennale, nous avons rediscuté de l’idée de lancer une nouvelle dynamique en ce qui concerne la culture numérique et la transition numérique, un dossier important. Les talents existent, mais ils sont actuellement éparpillés.

Par ailleurs, nous n’avons pas d’évènement de grande visibilité en Belgique, ni en Flandre ni en Wallonie, même s’il s’y passe énormément de choses. L’idée est de lancer un festival d’art numérique, de manière aboutie, à partir de 2016, mais avec un embryon important à l’automne 2015, à Bruxelles, en y associant une ville flamande et une ville wallonne. Charleroi, par exemple, possède des atouts. Les projets étant en cours, il est encore un peu trop tôt pour en parler, mais la dynamique sera présentée en octobre lors d’un festival d’art numérique de grande ampleur avec des invités internationaux.

D’autres projets existent, par exemple, en ce qui concerne les Arts de la scène. Il s’agit d’inviter des groupes musicaux émergents dans nos salles et dans nos centres culturels. Nous avons également travaillé sur d’autres aspects.

(…)

Mme Isabelle Emmery  – À Bruxelles, les institutions se parlent déjà beaucoup. Ainsi, la presse de ce matin annonçait une saison commune entre le Théâtre National et le KVS. Le monde politique est même parfois dépassé par les avancées du secteur. Je salue volontiers cette attention particulière pour Bruxelles – ce n’est pas une Bruxelloise qui vous contredira –, mais favoriser une connaissance mutuelle sera encore plus novateur dans chaque région et chaque communauté. Par ailleurs, je n’en sais guère plus sur les projets pour Bruxelles, à part le Palace et le festival d’art numérique.

Mme Joëlle Milquet – C’est déjà pas mal.

Mme Isabelle Emmery  – Ce n’était pas une critique, Madame la Ministre. Je note simplement que les centres culturels se voient encore confier une nouvelle mission, alors que leur redéploiement financier n’est pas à l’ordre du jour. S’agissant du festival d’art numérique, je suppose qu’un appel sera lancé aux opérateurs, à moins que certains n’aient déjà été choisis pour porter ce projet. Ce festival remplacera-t-il la Quinzaine numérique?

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