Contrôle de la disponibilité des artistes

Contrôle de la disponibilité des artistes

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur les déclarations sur le contrôle de la disponibilité des artistes.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery –  Madame la Ministre, à plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion d’aborder la question du statut des artistes en commission de la Culture et en séance plénière.

À la fin du mois de septembre, vous évoquiez dans «L’Écho» une rencontre avec les ministres régionaux de l’Emploi afin de discuter de la manière dont «le chômage accompagne l’artiste». Selon moi, c’est positif. Dans la foulée, j’ai interpellé le ministre Gosuin sur le travail mené par la Région de Bruxelles-Capitale dans ce dossier. Je ne vous cache pas ma surprise lorsqu’il m’a indiqué que le chômage des artistes et leur statut n’étaient pas à l’ordre du jour de cette réunion.

Vos services ont-ils, en parallèle, assisté à des groupes de travail sur le statut de l’artiste? Pourriez-vous me préciser les conclusions de la rencontre avec les ministres régionaux de l’Emploi sur le statut de l’artiste et des emplois du secteur culturel subventionnés par les Régions? À la suite du travail de fond mené avec le secteur culturel et par M. Gatz sur la réforme du statut de l’artiste, quelles positions défendrez-vous auprès du gouvernement fédéral? Le point sera-t-il prochainement inscrit à l’ordre du jour du comité de concertation?

Alda Greoli, vice-présidente et ministre de la Culture et de l’Enfance. – Madame, Monsieur, vous m’interrogez sur les suites qui seront données au travail mené avec le secteur culturel et avec M. Gatz sur le statut des artistes. Vous désirez également savoir s’il existe déjà des groupes de travail. Le travail de fond que vous évoquez a, justement, été réalisé par un groupe de travail, le groupe «Statut et emploi» de la coupole «Artistes au centre» de l’opération «Bouger les lignes». Vous trouverez ses recommandations dans la synthèse, téléchargeable, et dans l’état des lieux dressé, en parallèle, par le Guichet des arts.

Le contenu de ces documents ayant déjà été abordé en commission, je n’y reviendrai pas. Les comités de suivi opérationnel qui examinent les propositions des groupes de travail sont aujourd’hui à l’œuvre. Leurs propositions me parviendront vers la fin de février. Nous aurons donc l’occasion de revenir en temps opportun sur l’ensemble des mesures envisagées, en ce compris sur les mesures proposées dans le cadre d’une réforme du statut de l’artiste pour notre niveau de pouvoir.

Du côté néerlandophone, une étude menée par le Kunstenloket vient d’être publiée sur les positions socio-économiques des artistes. C’est dans le cadre du lien entre cette étude et «Bouger les lignes» que mon cabinet est en contact avec celui du ministre Gatz pour tenir compte de cette réflexion à laquelle sont associées nos administrations. Je leur laisse un peu de temps pour me donner le résultat de leur travail.

Vous évoquez le comité de concertation qui pourrait être saisi. La commission «Artistes» pourrait être également interpellée. Entre-temps, je continue à dialoguer avec mes homologues des différents niveaux de pouvoir, mais je tiens à dire que la réunion que j’ai eue avec M. Gosuin portait sur l’Enfance, compétence qu’il détient également, et pas sur le statut de l’artiste. Par ailleurs, je vais avoir des réunions avec les ministres régionaux de l’Emploi – Mme Tillieux et M. Gosuin –, mais j’attends d’avoir avec M. Gatz une position commune qui nous permettra d’être cohérents, surtout pour le cas de Bruxelles. Je préfère finaliser ma discussion avec M. Gatz avant d’interpeller M. Gosuin et l’autorité fédérale sur le statut particulier et l’accompagnement de l’artiste.

(…)

Isabelle Emmery – – Je sais que nous ne sommes pas tout à fait autonomes pour trancher certains points qui dépendent aussi du gouvernement fédéral et des Régions. Néanmoins, je me dis parfois que l’image que nous devons donner au secteur ne doit pas être très glorieuse, tant nous avons peu de choses concrètes à proposer à chaque fois que nous revenons sur ce dossier. Faisons de nos concertations avec les autres niveaux de pouvoirs notre dossier prioritaire. Sans cela, nous risquons de ne plus être crédibles très longtemps!

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