Coupes budgétaires dans la culture

Coupes budgétaires dans la culture

J’ai interrogé Rudy Demotte, ministre-président de a Fédération Wallonie-Bruxelles sur les conséquences des coupes budgétaires dans les institutions culturelles fédérales pour la FédérationWallonie-Bruxelles aux artistes bruxellois et wallons.

Isabelle Emmery – Les coupes budgétaires dans le secteur culturel annoncées par le gouvernement fédéral ont surpris et secoué tant l’opinion publique que le secteur. Ces restrictions peuvent sembler logiques dans le contexte de crise que nous connaissons, mais leur ampleur l’est un peu moins. Ne soyons pas naïfs : le coup porté aux institutions culturelles fédérales, fleurons de notre culture belge et images de marque de notre pays, n’est pas innocent, d’autant que ces institutions sont situées à Bruxelles.

Je tiens à faire remarquer que les institutions fédérales nourrissent les institutions culturelles communautaires par les nombreuses coproductions réalisées tout au long de l’année. La décision du fédéral aura dès lors des conséquences néfastes sur nos institutions communautaires.

Monsieur le ministre-président, vous présidez aux destinées de notre francophonie et à la défense des intérêts de nos institutions. Nul doute que cette question vous préoccupe au plus haut point. Comment analysez-vous cette décision dramatique ?

Quelles seront les conséquences de ces coupes drastiques et hautement symboliques pour
nos institutions, pour la francophonie et pour Bruxelles ?

(…)

Rudy Demotte, ministre-président. – En tant qu’ancien ministre des Institutions biculturelles, je suis très touché par les propos que je viens d’entendre.

Les francophones ont eu une seule et unique ligne de conduite depuis des décennies : celle de défendre les institutions bi-culturelles.

Pourquoi ? Parce que ces institutions ne sont ni l’émanation d’une culture nationale belge – personne ne se fait d’illusion à ce sujet – ni une juxtaposition des cultures francophone et flamande. Elles avaient pour spécificité d’être une vitrine de ce que nous pouvions encore présenter comme bi-culturel dans la capitale de la Belgique.

Nous nous sommes battus avec force pour maintenir les budgets. Je suis inquiet des mesures prises et des montants décidés.

(…)

Nous tenons au maintien des institutions biculturelles à l’échelon fédéral. Et nous ne voulons pas jouer les pompiers ni payer pour les économies que la droite flamande veut réaliser dans une optique de dislocation de l’État. Ceux qui se rendent complices de cela savent très bien quelle responsabilité ils portent.

(…)

Isabelle Emmery – À part certaines formations qui se sentent un peu coincées, nous partageons tous, monsieur le ministre, cette inquiétude de voir la vitrine d’une certaine culture émiettée. Celle-ci n’est effectivement pas une juxtaposition, elle est un ferment entre deux communautés, avec ses aspects particuliers.

En tant que francophones, nous devons tous condamner cet émiettement. J’espère qu’il y aura unanimité sur ce sujet et non des attaques prétextant que cela ne nous concerne pas, que cela se passe au niveau fédéral, qu’ici nous ne parlons pas de culture. Mais si ! nous parlons de la culture. Et ces institutions se juxtaposent dans un climat qui devrait être positif et promouvoir la culture.

Quand on voit en outre ce qui se passe au niveau européen et le choix du commissaire de la Culture, il y a de quoi être de plus en plus inquiet.

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