Evolution du dossier du Pathé Palace

Evolution du dossier du Pathé Palace

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur l’évolution du dossier du Pathé Palace.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – C’est évidemment peu dire que nous sommes nombreux à attendre avec impatience l’ouverture effective du lieu et la concrétisation de ce dossier sensible, non seulement au regard des moyens publics importants qui lui ont été consacrés, mais aussi du fait de son caractère symbolique et des péripéties qui ont accompagné ce voyage au long cours.

Au-delà des négociations qui se prolongent entre acteurs publics et privés pour déterminer la structure sur laquelle reposera in fine le projet, se pose aussi la question de son contenu, de son sens et, partant, de sa plus-value artistique et culturelle en termes de cohésion sociale, pour un public dont nous espérons qu’il réponde nombreux.

Madame la Ministre, que pouvez-vous nous apprendre sur l’état d’avancement de ce dossier et les dernières évolutions en date?
Quel projet concret se dessine-t-il?
Satisfait-il à vos exigences relatives au volet culturel, à l’accessibilité et à l’envergure?
Qu’en est-il du suivi de l’avis du Centre du cinéma et de l’audiovisuel?
Qu’en sera-t-il des moyens octroyés pour les activités en 2017, sachant que le Pathé Palace sera opérationnel en 2018?
J’ai aussi noté que la ville de Bruxelles adopte une position attentiste et, je l’espère aussi, positive.

Alda Greoli, vice-présidente et ministre de la Culture et de l’Enfance – Les travaux de parachèvement du Pathé Palace sont actuellement en cours et devraient se terminer à la fin de l’année 2017. Dans cette perspective, l’ASBL procède actuellement à l’engagement du personnel afin d’assurer la préparation des activités et le démarrage de l’exploitation. Elle a par ailleurs établi un plan financier sur plusieurs années afin d’anticiper les coûts d’exploitation et les ressources. Ce plan financier doit assurer la viabilité du projet. Il vient de faire l’objet d’un examen en collaboration avec l’Inspection des Finances et mon collègue, le ministre du Budget.

La possibilité d’un partenariat entre les secteurs public et privé avait été étudiée en 2016, notamment pour assurer le financement de la dernière partie des travaux et l’équipement du Palace. Finalement, le financement nécessaire a bien été inscrit dans le budget. Toutefois, en ce qui concerne le fonctionnement du Palace, la convention qui lie la Communauté française à ce dernier prévoira la possibilité de faire appel à un partenaire privé dans le strict respect des missions de service public déléguées à l’ASBL.

Pour rappel, la prise en charge des principaux coûts relatifs aux travaux d’infrastructure est prévue annuellement par le budget des infrastructures culturelles – la division organique 15 –, conformément aux engagements pris. L’avis de la Commission d’aide aux opérateurs audiovisuels n’est pas encore arrivé officiellement au cabinet. J’y serai évidemment très attentive dès sa réception.

Enfin, les principales finalités culturelles du Palace restent identiques à celles proposées dans le dossier de candidature qui a été introduit par l’ASBL et qui a amené le gouvernement à retenir ce dossier: la programmation de films d’auteur proposés sur le marché, la programmation éducative tous les jours de 9 à 12 heures dans les quatre salles, en accord avec Écran large sur tableau noir et son équivalent néerlandophone, et la programmation d’événements culturels autour des films.

(…)

Isabelle Emmery – En conclusion des propos de mon collègue, M. Doulkeridis, je crois qu’il sera encore question dans cette commission de ce montant qui, compte tenu de nos finances, est assez vertigineux. Il s’agit d’un dossier assez malheureux. Même s’il est vrai que le dialogue avec d’autres pouvoirs, en l’occurrence la ville et la Région, n’est pas d’une qualité optimale, la responsabilité de ce dossier incombe tout de même à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Chaque pouvoir est en droit de s’engager dans ses propres projets. Ce n’est pas lorsque nous sommes au pied du mur que nous devons les consulter. Un dialogue devait être établi dès le départ. Ce dossier est en effet mal emmanché, mais nous ne pouvons pas nous contenter de nous retourner vers nos interlocuteurs lorsque nous nous rendons compte que nous sommes dans l’incapacité de le mener à bien. Si la qualité du dialogue laisse à désirer, c’est parce que celui-ci n’a pas été recherché depuis le début.

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