Exploitation du Cirque Royal

Exploitation du Cirque Royal

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur l’exploitation du Cirque Royal.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Étant très sensible à l’offre culturelle et artistique en Région bruxelloise, j’ai suivi ces derniers mois la polémique autour de la fin du bail liant le Botanique et le Cirque royal et la procédure de lancement d’un appel d’offres recommandée par le Conseil d’État. Ces derniers jours, la presse a évoqué l’offre du Botanique en partenariat avec le Sportpaleis qui serait transmise à la Ville de Bruxelles. Un quotidien indique que, d’après les responsables du Botanique, vous les soutiendriez, Madame la Ministre, mais cette information n’a pas été officiellement confirmée. Il s’agit certes d’un épineux dossier. Toutefois, pourriez-vous préciser la position défendue au sein de votre ministère?

Le contrat-programme stipule que les coûts techniques et artistiques liés à gestion du Cirque royal incombent uniquement au Botanique. Dès lors, quel rôle notre Fédération doit-elle jouer à ce sujet?
Comment entendez-vous concrétiser des projets liés à l’accord de coopération avec la Flandre dans ce lieu?
Avec quels opérateurs?
Vous avez notamment préconisé une collaboration du Botanique avec l’Ancienne Belgique. Qu’en est-il des pistes de ce partenariat?

Certains déplorent le fait que la Ville souhaite se servir du Cirque comme un outil économique plutôt qu’artistique. Sur la base de cet argument, disposez-vous d’une analyse factuelle de la programmation au Cirque royal des artistes belges francophones, en dehors des concerts organisés dans le cadre des Nuits du Botanique ?De quelle manière collaborez-vous, en tant que ministre de la Culture, avec la Ville de Bruxelles pour permettre d’assurer, quel que soit le gestionnaire des lieux, une présence optimale des artistes de notre Fédération?
Votre cabinet a-t-il proposé des pistes de partenariats directs avec la Ville sur certains points?

(…)

Alda Greoli  – Il me semble que l’abondance des questions sur le sujet démontre l’intérêt que vous y portez. Ceci me réjouit car ce dossier est important. Je me permets , même si M. Doulkeridis l’a déjà fait, de faire brièvement l’historique.

Le Botanique a reçu la gestion du Cirque royal par convention depuis de nombreuses années. La Ville de Bruxelles a décidé de mettre fin à cette convention anticipativement car elle a considéré que le Botanique devait entre- prendre des travaux importants au Cirque royal. Le Botanique prétend que ces travaux sont à la charge du propriétaire. Un recours en annulation au Conseil d’État étant pendant, je ne m’y étendrai pas plus. Il appartiendra à la juridiction administrative de trancher. À la suite de cette décision et d’autres péripéties connues de tous, la Ville de Bruxelles a lancé un appel à projets pour l’exploitation future du Cirque royal. Ayant appris cette information, comme vous tous, j’ai proposé, tout comme le ministre Sven Gatz, une rencontre à mon cabinet entre les responsables du Botanique et de l’Ancienne Belgique pour savoir si, oui ou non, une collaboration entre ces institutions pouvait mener à un dépôt d’une candidature commune.

Au cours de cette réunion, je me suis engagée à soutenir cette proposition de collaboration si le Botanique et l’Ancienne Belgique décidaient tous deux de déposer une candidature commune. Pour des raisons qui lui sont propres, l’Ancienne Belgique n’en a pas voulu. Dont acte. Le Botanique, que je soutiens au vu du travail de qualité qu’il fait pour nos artistes et le public en Fédération Wallonie-Bruxelles, a mandaté en ce sens par l’ensemble de son conseil d’administration, a décidé de déposer une candidature avec un autre partenaire. Je me plais à rappeler que c’est son conseil d’administration qui a cherché et proposé cet autre partenaire, en l’occurrence le Sportpaleis d’Anvers. Dans cette proposition, le Botanique s’occupera de tout le volet artistique et le Sportpaleis, du volet logistique. Ce projet, dont j’ai eu copie lors de son envoi à la Ville de Bruxelles, me semble de qualité.

En revanche, je ne connais pas les autres projets déposés. C’est tout à fait normal puisque je ne suis pas à l’origine de l’appel à projets, je ne siège ni au conseil d’administration du Botanique ni dans les CA des autres candidats potentiels. J’ose espérer que, dans l’examen des différentes candidatures, le Conseil de la Ville de Bruxelles prendra la meilleure décision en comparant judicieusement les projets culturels. J’attends sa décision. Je n’avais pas à me prononcer, et d’ailleurs je ne l’ai pas fait, sur la nouvelle association Botanique/Sportpaleis. J’en ai pris acte et elle me paraît de qualité et sérieuse. Je m’étais par contre prononcée en faveur de l’association Botanique/Ancienne Belgique. Je ne peux vous en dire plus à ce stade. J’attends, comme vous, de savoir comment la Ville de Bruxelles va examiner, comparer et choisir un nouveau partenaire-locataire pour le Cirque royal.

(…)

Isabelle Emmery – Dans ce dossier, il fallait évidemment répondre à la recomandation du Conseil d’État d’ouvrir à la concurrence. C’est une question de droit. C’était donc tout à fait légitime. Par contre, Madame la Ministre, je voudrais vous soumettre une réflexion. Nous avons affaire à une institution publique, la Ville de Bruxelles, qui se voit imposer un partenariat avec une institution qui relève de notre pouvoir communautaire, même l’intervention de la Fédération Wallonie-Bruxelles est limitée, étant donné la présence d’un conseil d’administration. Il s’agit d’une des institutions qui perçoit un des subsides les plus importants et qui établit un partenariat futur avec une institution privée à caractère néerlandophone. Je tenais à vous mettre en garde sur le profil de cet opérateur qui détient un quasi-monopole sur la gestion des grandes salles de spectacle et dont on peut se demander s’il assurera la plus grande diversité des événements culturels.

(…)

Alda Greoli  – Je voudrais apporter un élément complémentaire par rapport à l’intervention de Mme Emmery. Nous devrons à un moment nous poser la question de savoir ce qui a amené certains à devoir faire appel à des partenaires. Si nous avions pu, en temps utile, avoir une concertation avec l’ensemble des acteurs de ce dossier et si ces derniers avaient fait avancer les discussions, le Botanique n’aurait peut-être pas dû se tourner vers une entreprise extérieure à Bruxelles pour déposer une candidature. Par ailleurs, je pense que cette décision a été prise à l’unanimité du conseil d’administration du Botanique. J’estime qu’il ne faut pas faire porter à la ministre de la Culture ou au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles la responsabilité de la candidature commune du Botanique et du Sportpaleis. Je n’ai pas à juger de la qualité du Sportpaleis et de ce qu’il pourrait apporter d’un point de vue logistique. Pour rappel, dans cette candidature, le Botanique prend à sa charge la totalité de la partie artistique. Si d’autres dialogues s’étaient ouverts avant, nous n’en serions peut-être pas là.

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