Collaboration Bruxelles laïque/ACTIRIS

Collaboration Bruxelles laïque/ACTIRIS

J’ai interrogé le Ministre à la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de l’emploi et de l’économie concernant la fin du partenariat entre Actiris et l’asbl Bruxelles Laïque.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – L’asbl Bruxelles Laïque a récemment mis fin à son partenariat avec Actiris, jugeant trop réductrice la convention qui la liait à l’institution. Elle ne se reconnaît pas dans le simple accompagnement qui permet de satisfaire les exigences d’Actiris et de conserver le droit à une allocation de chômage.

Elle estime que l’ensemble des contraintes, contrôles et pressions exercés par les conventions avec Actiris la mettent en porte-à-faux avec ses fondements et ses valeurs. Ce constat ne s’oppose pas à la reconnaissance de l’accès à l’emploi comme vecteur d’insertion sociale et voie d’émancipation des personnes, mais à l’adéquation de l’institution avec les politiques actuelles d’activation des chercheurs d’emploi.

La démarche de Bruxelles Laïque impose de regarder la réalité en face et de constater la dégradation du marché de l’emploi tant du point de vue quantitatif que qualitatif : conditions de travail qui se précarisent, tâches dépourvues de sens, organisation du travail déshumanisante, etc.

Confirmez-vous la fin du partenariat entre Bruxelles Laïque et Actiris ?

Une étude plus globale a-t-elle été menée ou est-elle envisagée afin d’évaluer les partenariats d’Actiris avec l’ensemble des acteurs ?

Quels constats pouvez-vous d’ores et déjà tirer des rapports d’Actiris avec l’ensemble de ses partenaires ?

La perception négative qu’a Bruxelles Laïque des exigences inscrites dans nos conventions de recherche active d’emploi est-elle une exception ou est-elle, au contraire, partagée par d’autres partenaires ?

Didier Gosuin, ministre –  Actiris me confirme, à regret, que Bruxelles Laïque, partenaire de longue date, lui a fait part fin 2017 de son souhait de mettre fin à sa collaboration dans le cadre de la convention atelier de recherche active d’emploi (ARAE) 2015-2017, qui avait été prolongée d’un an pour l’ensemble des partenaires de la mesure.

Pour rappel, la mesure ARAE s’inscrit dans l’objectif stratégique et transversal d’Actiris qui vise à assurer une transition fluide, sûre et transparente vers l’emploi (article 9 du contrat de gestion), notamment dans le cadre du dispositif de la garantie pour la jeunesse et du dispositif de correspondance entre les chercheurs d’emploi et les offres d’emploi proposées par Actiris.

Actiris mène une évaluation du fonctionnement de cette mesure pour l’ensemble de ses partenaires, en vue du lancement d’un nouvel appel à projets en 2018. À ce stade, l’évaluation montre que les résultats sont satisfaisants pour l’ensemble des partenaires par rapport aux indicateurs ciblés, mais que l’adaptation de certains éléments du cahier des charges semble nécessaire pour répondre adéquatement aux différents besoins. L’évaluation étant en cours et n’étant pas finalisée, je ne peux vous donner plus d’informations à ce stade.

En ce qui concerne l’étude dont vous faites mention, Bruxelles Laïque ne l’a partagée ni avec Actiris ni avec mon cabinet, ce que je ne peux que regretter.

Toute mesure engagée par nos soins fait l’objet d’une évaluation conjointe. Les partenaires qui s’inscrivent dans un processus ne reçoivent pas automatiquement un subside annuel, sans que soient évalués la pertinence globale de la mesure, l’exercice correct de celle-ci et la réalisation des objectifs par le bénéficiaire du subside. Cela représente une contrainte importante pour certaines associations, mais celles-ci doivent s’adapter à cette nouvelle forme d’exigence politique totalement légitime.

Actiris compte environ 200 partenaires conventionnés dans le cadre de différentes mesures de partenariat. Ses relations avec ceux-ci sont gérées par l’entremise de comités d’accompagnement ou d’autres organes, définis dans les conventions de chaque mesure.

Isabelle Emmery – La décision de Bruxelles Laïque de mettre fin à son partenariat avec Actiris est dictée par le sentiment que cette convention existe uniquement pour remplir des objectifs chiffrés, tandis que l’aspect qualitatif de la recherche active d’emploi n’est pas suffisamment pris en considération.

Didier Gosuin – En l’absence de résultats chiffrés, il est un peu facile d’invoquer le prétexte du qualitatif. Les objectifs quantitatif et qualitatif ont une égale importance.

Il convient de préciser que c’est Bruxelles Laïque qui a renoncé au partenariat avec Actiris. Sa décision n’a pas été imitée par d’autres partenaires. La vérité de l’un n’est pas nécessairement la vérité de tous les autres. L’association n’était peut-être pas vraiment armée ou prête, ou n’était peut-être pas l’instrument le plus adéquat pour effectuer le type de travail que nous demandons. Cela ne remet nullement en cause le bien-fondé de Bruxelles Laïque.

Isabelle Emmery – Veuillez considérer ma question comme un élément apporté au dossier.

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