Industries culturelles et créatives

Industries culturelles et créatives

J’ai interrogé la Ministre de la Culture au sujet des études menées sur les industries culturelles et créatives (ICC).

Voici notre échange:

Isabelle Emmery .– Les industries culturelles et créatives font l’objet d’un nombre croissant d’études, nationales et internationales, de la part de chercheurs spécialisés afin d’évaluer leur poids socioéconomique. Les enjeux des politiques publiques reliant ces industries au développement économique et, par extension, social, occupent une place importante dans ces travaux. Selon le Fonds ST’ART, on répertorie plus de 100000 emplois dans les industries culturelles et créatives en Wallonie et à Bruxelles.

En janvier dernier, je vous interrogeais sur la disponibilité de données sur le poids de ces industries en Fédération Wallonie-Bruxelles. Vous m’annonciez la réalisation d’une étude par l’Observatoire des politiques culturelles et l’ULB similaire au rapport d’Ernst & Young, mais à l’échelle de l’industrie culturelle francophone.

Quelle est la plus-value de cette étude par rapport à celle confiée à l’IWEPS en 2012? Quand l’étude de l’Observatoire des politiques culturelles sera-t-elle disponible?
Quelle a été la méthode utilisée pour cette étude?
Comment le secteur non marchand a-t-il été pris en compte dans l’analyse?
De quelle manière les Régions ont-elles été associées?

Vous aviez insisté sur la coordination entre les acteurs culturels et les acteurs de l’économie innovante pour définir une stratégie globale qui ne marchandise pas la culture, mais lui rende des bases objectives. De quelle manière s’organise concrètement cette coordination? Quelles sont les conclusions et les recommandations qui peuvent s’appliquer à la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre de vos compétences?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.– Cette étude a été réalisée par l’ULB –et non par l’Observatoire des politiques culturelles– à la suite d’un marché public pour le compte des gouvernements de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région wallonne.

L’étude a été réalisée en vue de disposer de statistiques, de mieux connaître le secteur des industries culturelles et créatives (ICC) et d’amplifier l’effet des politiques menées par les commanditaires. Elle poursuivait trois objectifs: délimiter le périmètre des ICC, produire des indicateurs économiques et d’emploi afin d’évaluer le poids du secteur et développer une méthodologie qui permette de reproduire l’exercice ultérieurement sur base régulière. La plupart des pays européens, dont tous nos voisins, avaient déjà réalisé de telles analyses ces dernières années. Plusieurs études ont été menées au niveau européen, dont celle d’Ernst & Young. Cette étude est donc un premier pas vers un pilotage des dispositifs de soutien à la lumière des résultats obtenus. Du point de vue méthodologique, il importe de souligner que l’étude, basée sur les dernières recommandations européennes, permet de comparer les résultats à l’échelon régional et national.

Le secteur des ICC regroupe des domaines comme l’architecture, les arts plastiques, l’audiovisuel, le design, l’enseignement culturel, les livres, la presse, les loisirs culturels, la mode, le patrimoine, les archives, les bibliothèques, les spectacles et même la publicité.

En Wallonie et à Bruxelles, les ICC représentent 104000 emplois soit 5,4% de l’ensemble. On constate des spécificités régionales: en Wallonie dominent livres, presse, mode et design, alors que l’audiovisuel et la publicité arrivent en tête à Bruxelles. Pour 2012, le chiffre d’affaires des ICC a atteint 48milliards pour la Belgique, autrement dit 4,8% du total; pour la Wallonie et Bruxelles, le chiffre d’affaires cumulé du secteur s’élève à quelque 20milliards d’euros, soit 5,5%. En termes de valeur ajoutée, les ICC ont dégagé 15,6milliards en Belgique, c’est-à-dire 4,8% du PIB, dont 3,5milliards à Bruxelles et 3milliards en Wallonie. Notre Fédération est donc en pointe sur le terrain de la créativité.

Au demeurant, l’expression «industries culturelles et créatives» ne me semble pas très adéquate, il s’agit plutôt d’entrepreneuriat culturel. Ce secteur protéiforme n’est pas encore fédéré. J’ai récemment vu ses acteurs et leur ai proposé de rencontrer les différents niveaux de pouvoir. Il convient de les rassembler et de les reconnaître afin d’assurer leur financement, y compris par de nouvelles formes de subventionnement. Ce secteur se situant aux confins des politiques régionales et culturelles, j’en parlerai avec mes homologues des Régions.

Je peux vous remettre un exemplaire de l’étude.

Isabelle Emmery  – Je me demandais s’il ne faudrait pas entendre l’ULB sur le travail qu’elle a mené et avoir ce débat dans notre commission. C’est une proposition que je formulerai peut-être ultérieurement.

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