La CIM Culture

La CIM Culture

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur la Conférence interministérielle « Culture »

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Depuis le début de la législature, j’ai évoqué à de nombreuses reprises l’utilité d’une CIM sur les questions liées à l’emploi dans le secteur culturel. Nous y sommes, Madame la Ministre, et je vous en félicite. Vous avez pris l’initiative de réunir tous les ministres de la Culture et les autres ministres concernés par les dossiers culturels afin d’assurer plus de cohérence et de collaboration dans une série de dossiers importants. Dans votre communiqué de presse, vous citez les dossiers à l’ordre du jour. J’ai été étonnée que les questions liées à l’emploi, au statut de l’artiste et au droit d’auteur ne soient pas abordées, mais je suppose qu’une série de thématiques devront encore être inscrites à l’agenda des travaux.

Quels sont les engagements pris par les différents ministres afin que cette conférence puisse réellement permettre de faire aboutir des dossiers importants pour le secteur culturel? Quelle méthode et quel timing a-t-on fixés? Quels sont les groupes de travail qui ont été mis en place et, parmi ceux-ci, lesquels seront présidés par votre cabinet? Dans le cadre des échanges sur le tax shelter, ne pensez-vous pas qu’il serait opportun de discuter au sein de la CIM du mécénat culturel? J’ai lu récemment quelques articles au sujet des arts plastiques et il y a en tout cas aussi des aspects fiscaux. Il s’agit donc également d’un dossier interministériel.

(…)

Alda Greoli, vice-présidente et ministre de la Culture et de l’Enfance. – Pour la première fois depuis la création des conférences interministérielles en 2004, une CIM Culture s’est tenue le 30 septembre 2016 au Palais des Beaux-Arts. Nous avons tous de bonnes raisons de nous en réjouir. Conformément aux dispositions du Comité de concertation (CODECO), elle était convoquée et présidée par mes soins. Cette CIM Culture est la concrétisation d’une forte volonté de mon homologue Sven Gatz et de moi-même de renforcer la concertation et la coordination des politiques culturelles sur l’ensemble du territoire et à tous les échelons institutionnels. Notre homologue de la Communauté germanophone s’est associée à cette volonté. Il n’y a pas que deux Communautés dans notre pays!

Pas moins de dix ministres sont concernés par cette CIM, dont la composition est déterminée par le CODECO. Thomas Gunzig, un bon artiste de notre Communauté française, s’en est ému, à l’instar d’un parti politique qui a tenu des propos peu sympathiques envers les ministres, hormis Sven Gatz et moi-même. Si chacun de ces ministres a bien des prérogatives et des champs d’action spécifiques, la concertation, souhaitable voire indispensable dans de nombreux dossiers, n’avait jusqu’à présent, malheureusement, pas été formalisée.

Tel était l’objectif de la première CIM: répondre au besoin de concertation en la mettant en place et en lui donnant un agenda. Nous avons convenu de nous réunir au moins deux fois par an, vers avril et vers octobre. Cette CIM remplacera les plateformes, les tables rondes plus ou moins formelles, les task forces, etc. Elle augmentera la lisibilité de la concertation et de la coordination dans ce secteur essentiel qu’est la Culture.

Étaient présents ou représentés les ministres Gatz, Weykmans, Reynders, Sleurs, Vervoort, Smet et Laanan. Invité, le ministre-président Vervoort nous a signifié son intention de déposer au CODECO la candidature de la Région bruxelloise.

En dehors de l’agenda, nous avons aussi examiné des dossiers importants comme le prix unique du livre, l’extension du tax shelter aux arts de la scène et la communication culturelle sur Bruxelles.

En fait, une institution s’occupe dorénavant de la communication culturelle de Bruxelles et il nous semblait important de prendre le temps de voir comment la mettre en œuvre. Nous tenons en outre à ce que les discussions se déroulent au sein de la CIM.

Le ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale nous a également fait part de la volonté de cette dernière d’être candidate au titre de capitale culturelle européenne en 2030. Nous en avons bien pris note et avons convenu que la CIM serait également le forum où ce dossier serait abordé.

Madame Persoons, la communication culturelle relative à Bruxelles a été abordée sous l’angle de la coordination entre les outils développés par les différents pouvoirs publics actifs dans le domaine de la communication culturelle. Les Communautés française et flamande, la Région, par l’intermédiaire de Visit Brussels, ainsi que la Commission communautaire française (COCOF) et la Vlaamse Gemeenschapscommissie (VGC) visent des objectifs tels que l’optimalisation de l’échange de données entre Visit Brussels, CultuurNet, PointCulture, agenda.brussels et Muntpunt, le développement de produits de communication communs bilingues ou trilingues et le développement d’une image commune pour la communication culturelle sur Bruxelles, en complément de celle développée par chaque partie.

Visit Brussels, le réseau des arts à Bruxelles, et son homologue, le Brussels Kunstenoverleg, ont été missionnés pour formuler des recommandations relatives à une stratégie commune. Ils soumettront leurs propositions avant la fin de l’année. Ce dialogue a donc également progressé.

Pour ce qui concerne le mécénat culturel, nous avons évoqué ce sujet et avons convenu de l’inscrire à l’ordre du jour d’une prochaine réunion de la CIM, car nous souhaitons lancer un dialogue à ce sujet. Cette proposition, que j’avais inscrite à l’ordre du jour, a reçu l’assentiment de mes collègues. Un groupe de travail, piloté par Prométhéa, est déjà à l’œuvre et je veillerai à ce que toutes les parties prenantes y soient associées. Je suis persuadée qu’en complément du tax shelter, le mécénat culturel – qui, je le rappelle, n’a pas de définition précise dans notre pays – peut constituer un soutien supplémentaire, s’ajoutant à l’investissement de certaines sociétés.

Outre le groupe de travail sur le mécénat et la mission, que je viens d’évoquer, sur la communication culturelle à Bruxelles, pilotée par la Région, les administrations de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Communauté flamande ont été chargées de poursuivre les échanges concertés sur la mise en œuvre, au niveau communautaire, de l’extension du tax shelter aux arts de la scène. La concertation avec le pouvoir fédéral se poursuivra, quant à elle, entre les cabinets.

La question des budgets n’était pas à l’ordre du jour de cette réunion de la CIM, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne sera pas abordée ultérieurement.

(…)

Isabelle Emmery – Je voulais m’associer à la remise de gommettes. Madame la Ministre, vous vous positionnez vraiment comme l’animatrice en chef sur le plan culturel. J’espère que cette initiative de mettre tout le monde autour de la table sera suivie d’effets. Réunir autant de personnes ne doit pas être simple, déjà du point de vue de l’agenda. Je reviendrai sur ce dossier à la faveur de ma préoccupation pour le statut de l’artiste.

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