La plate-forme Brexit

La plate-forme Brexit

J’ai interrogé la Secrétaire d’Etat bruxelloise, en charge du Commerce extérieur concernant l’utilisation du Brexit pour attirer de nouvelles entreprises britanniques à Bruxelles et la plate-forme de coordination.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – La sortie programmée du Royaume-Uni de l’Union européenne ne sera pas sans conséquences pour l’économie belge. La Belgique est en effet le quatrième partenaire européen de ce pays, exportant bon an mal an pour environ 30 milliards d’euros outre-Manche.

Cependant, c’est aussi l’occasion pour nous de mettre en œuvre de nouvelles stratégies afin d’attirer davantage les entreprises britanniques dans notre capitale. Que Lloyd’s, le fleuron britannique de l’assurance, choisisse Bruxelles pour établir son quartier général européen n’est pas anodin.

Récemment, une plate-forme Brexit a été mise sur pied, destinée à mettre en œuvre des actions encourageant l’implantation des entreprises britanniques sur notre territoire. Il s’agit d’une coordination régionale qui associe différents cabinets : commerce extérieur, image, diplomatie, relations extérieures et économie. Cette plate-forme comprend aussi la délégation de la Région de Bruxelles-Capitale à la Représentation permanente de la Belgique auprès de l’Union européenne.

Dans ce cadre, selon quelle méthodologie ciblez-vous les entreprises ? Comment les approchez-vous?

Vous avez récemment évoqué des séminaires à Londres. Quel était le calendrier de ces séminaires ? Le premier séminaire organisé s’est-il avéré productif dans ses conclusions ? Peut-on déjà estimer la part des entreprises britanniques qui pourraient s’installer ici ? L’impact économique serait-il vraiment significatif pour notre Région ?

Concernant les bâtiments qui pourraient être mis à la disposition de ces entreprises, quelles conditions doivent-elles remplir pour en bénéficier ? Disposeront-elles d’une politique fiscale incitative ? Peut-on estimer les investissements qui seront consacrés à cette politique post-Brexit ? Votre cabinet s’est-il déjà entretenu avec les autres cabinets compétents dans ce dossier afin d’établir les grandes lignes des actions entreprises ?

La presse a également relayé qu’il existe un accord entre l’État fédéral et les entités fédérées autour de la candidature de notre pays pour l’accueil de l’Agence européenne des médicaments (EMA) dont le siège est actuellement à Londres. Pourriez-vous nous exposer les tenants de cet accord ? Quelle stratégie a-t-elle été entreprise pour offrir à notre pays les meilleures chances d’accueillir cette agence ?

Notre Région accueille déjà sur son territoire bon nombre d’institutions européennes, et non des moindres. D’autres pays désireraient peut-être accueillir leur institution européenne. Bruxelles sera-t-elle candidate pour accueillir l’EMA ou une autre ville aura-t-elle la préférence ?

(…)

Cécile Jodogne, secrétaire d’État.- Je vous remercie pour toutes ces questions portant sur une thématique que je suis avec beaucoup d’intérêt et qui occupe de plus en plus mon cabinet et mon administration au fil des mois. Je tâcherai d’être la plus complète possible afin de répondre à vos nombreuses questions portant sur le Brexit, au risque d’être un peu longue.

J’entamerai ma réponse en vous parlant de l’impact du Brexit sur les secteurs de l’économie et de l’emploi à Bruxelles. Des chiffres assez alarmistes relatifs aux pertes d’emplois possibles en Belgique ont circulé. Je voudrais toutefois nuancer ces chiffres pour Bruxelles, car les inquiétudes concernent surtout les secteurs de l’agroalimentaire, de la logistique ou du textile, peu présents à Bruxelles.

Cependant, il est vrai que le Brexit pourrait avoir un impact négatif sur les exportateurs bruxellois, tant en raison de la chute de la livre sterling que d’un éventuel retour des droits de douane, ou encore de la limitation de la libre circulation des personnes. En effet, l’économie bruxelloise repose beaucoup sur les services. Ainsi, une partie des exportations de services implique la circulation des personnes.

En chiffres, le Royaume-Uni est le quatrième marché de la Région bruxelloise derrière l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, et représente 8,2% de nos exportations de biens. Ce chiffre est évidemment beaucoup plus élevé s’il est tenu compte des exportations de services car, tant Bruxelles que Londres sont essentiellement des économies de services.

Vous pouvez compter sur notre gouvernement pour relayer les intérêts de nos entreprises auprès du gouvernement fédéral lors des négociations à venir, en particulier en ce qui concerne la liberté de circulation des personnes, indispensable à l’économie de services. Une des premières missions des services chargés du commerce extérieur de la Région bruxelloise est, par ailleurs, d’accompagner les entreprises pour faire face aux conséquences du Brexit.

Compte tenu des relations économiques importantes entre la Belgique et le Royaume-Uni, un suivi des importations et exportations bruxelloises depuis ou vers le Royaume-Uni est effectué par les services de Brussels Invest & Export (BIE). À ce stade, nous ne constatons pas de fluctuation inhabituelle. En cas d’éventuelle baisse drastique des exportations dans un secteur précis, il conviendra de se concerter entre les différents niveaux de pouvoir pour envisager les mesures de soutien adéquates. Mais, pour le moment, nous n’avons rien constaté d’inhabituel.

Dans ce cadre, la Région pourrait notamment aider les entreprises en les accompagnant dans la recherche de marchés alternatifs et, également, en leur offrant un soutien financier pour réaliser ces démarches. Elle pourrait aussi, au besoin, apporter de l’aide aux entreprises qui devraient, le cas échéant, adapter leurs produits à de nouvelles normes.

Pour répondre à votre étonnement, il ne s’agit nullement, pour nous, d’aider à réaliser de nouvelles machines, mais bien d’intervenir dans le coût d’étude et d’analyse des modifications à apporter.

BIE a d’ailleurs créé, au lendemain du Brexit, une adresse de courrier électronique à laquelle les entrepreneurs bruxellois peuvent envoyer leurs questions : brexit@brusselsinvestexport.com. Le nombre et le contenu des questions posées permettront à BIE d’évaluer la nécessité de mettre en place de nouveaux outils d’accompagnement et de soutien pour les exportateurs bruxellois.

J’en viens maintenant aux opportunités que nous avons identifiées pour la Région bruxelloises. Dans ce domaine, dès juillet 2016, j’ai entamé la réflexion avec mes équipes et BIE sur les actions pertinentes à mener pour attirer à Bruxelles des activités basées au Royaume-Uni et des agences européennes basées à Londres : l’Autorité bancaire européenne(ABE) et l’Agence européenne des médicaments (EMA).

En parallèle, les autorités régionales bruxelloises, à savoir la directrice de BIE qui représentait la Région bruxelloise ainsi que les partenaires du patronat bruxellois, ont participé au travail du « Brexit High Level Group » (HLG) belge. La collaboration intrabelge se poursuit depuis via une task force politique dirigée par le gouvernement fédéral. Au niveau bruxellois, une plate-forme Brexit a été créée à mon initiative au printemps 2017. Celle-ci veille à la coordination des actions des différents ministres bruxellois et des organismes régionaux compétents. Comme vous pourrez le constater, M. Van Goidsenhoven, nous n’avons pas attendu la réalisation de cette plate-forme pour mettre en place toute une série d’analyses et d’actions pour réagir au Brexit. Cette plateforme s’applique notamment à développer une promotion et un positionnement économique pour la Région de Bruxelles-Capitale qui permettent de dégager des effets économiques positifs à la suite du Brexit.

Londres restera incontestablement une place financière d’importance mondiale. Contrairement à ce qu’on a pu entendre, ni Bruxelles ni aucune autre grande ville ne pourra récupérer d’un coup les 300.000 personnes qui travaillent dans le secteur financier londonien. Il faut rester pragmatique et raisonnable.

Mon ambition, partagée par le gouvernement, est en effet de positionner notre Région comme centre d’expertise dans des niches telles que certaines activités financières spécifiques, où la place bruxelloise doit valoriser son expertise reconnue en matière de back office (clearing, etc.) et les nouvelles technologies (fintech). Il ne s’agit donc évidemment pas de récupérer tout le secteur financier. D’autres villes seront, bien évidemment, choisies pour récupérer d’autres activités.

Deux autres secteurs très développés à Londres sont fortement dépendants des financements européens : le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, potentiellement touché par la sortie du programme européen Horizon 2020, ainsi que le secteur audiovisuel et des médias.

À cet égard, selon une étude récente de Knight Frank, le secteur audiovisuel est responsable, ces dernières années, d’une plus forte demande en espaces de bureaux à Londres que le secteur financier. C’est vous dire s’il s’agit là d’un secteur important. Comme vous le savez, Bruxelles s’est donné pour ambition de devenir un pôle médiatique et de production audiovisuelle fort, avec le récent et très actif screen.brussels, mais aussi le développement du quartier mediapark.brussels sur le site de Reyers, qui constituera une vitrine attractive, notamment pour les start-up.

Nous visons également les entreprises britanniques ayant des activités en Europe et qui pourraient devoir chercher à établir une tête de pont dans l’Union européenne, en vue d’y maintenir leurs activités. Nous n’allons pas délocaliser les entreprises britanniques, mais une partie de leurs activités pourrait, notamment via l’implantation de filiales, se déployer en Europe. Sur ce plan aussi, Bruxelles a une carte à jouer.

Les quartiers généraux européens d’entreprises américaines et asiatiques actuellement basés à Londres sont également des cibles potentielles. Jusqu’à présent, en tant que membre de l’Union européenne ayant un accès direct à un marché de plus de 500 millions de consommateurs, le Royaume-Uni – et Londres en particulier – constituaient souvent, pour ces entreprises, le premier choix en cas d’implantation en Europe. À partir du moment où le Royaume-Uni n’en fera plus partie, ces quartiers généraux développeront évidemment une analyse très différente de leur accès au marché européen.

Les associations internationales, organisations non gouvernementales (ONG) et lobbies basés à Londres constituent une autre cible à attirer en Région bruxelloise. Pour eux, il est également très important de disposer d’un accès direct à l’Union européenne. De ce point de vue, Bruxelles a évidemment des cartes à jouer. Elle est d’ailleurs au premier rang, après Washington, en termes de représentations diplomatiques et de nombre de lobbyistes. Elle est déjà une capitale très importante sur ce plan.

Concernant les agences européennes localisées à Londres, Bruxelles représente une piste crédible pour la nouvelle implantation de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Nous avons donc travaillé intensément avec les autorités fédérales et les deux autres Régions en vue de présenter, pour l’accueillir, un dossier unique de candidature de qualité.

Ce dossier propose, pour l’EMA, trois implantations possibles dans le grand Bruxelles. Les responsables de cette agence effectueront une visite de sites à Bruxelles dans les prochaines semaines. La décision ne nous revient pas exclusivement, puisqu’il s’agira d’une décision européenne. Elle prendra en considération un ensemble d’arguments, dont évidemment des arguments politiques, qui ne seront pas liés aux atouts des différentes villes.

Attirer des activités est une chose importante, encore faut-il les accueillir et leur offrir des bureaux. Sur ce point, une collaboration avec l’Union professionnelle du secteur immobilier (UPSI) a été mise en place. L’objectif est de répertorier les bâtiments disponibles à Bruxelles qui sont susceptibles d’accueillir les agences et les entreprises ciblées.

Aucun incitant fiscal spécifique pour les entreprises britanniques n’est, en revanche, prévu pour l’instant, à ma connaissance. Cette question devra, le cas échéant, être abordée par le niveau fédéral.

Vous m’interrogez aussi sur la part des entreprises qui pourraient s’installer à Bruxelles et sur les conséquences économiques qui en découleraient. À ce stade, je ne peux avancer aucun chiffre, a fortiori tant que la nature même des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni n’est pas connue, et ne le sera pas pour tout de suite. Nous travaillons évidemment pour en attirer le plus grand nombre.

Cependant, contrairement à d’autres pays et villes qui ont mené une campagne de marketing agressive et grand public auprès des Britanniques, nous avons préféré mettre sur pied des actions ciblées sur certains secteurs, dont ceux que je viens de citer, et respectueuses du partenaire que restera le Royaume-Uni.

Ces actions prennent la forme de séminaires ciblés tant à Bruxelles qu’à Londres, ainsi que d’une campagne de promotion orientée spécifiquement vers le business que nous lancerons à Londres. Ciblant principalement les entreprises britanniques et étrangères basées à Londres et en Grande-Bretagne, cette campagne (axes de presse, affichage, numérique, événements, etc.) complétera l’action de promotion de l’image de Bruxelles axée sur le tourisme lancée récemment par le ministre-président. Je suis d’ailleurs actuellement en discussion avec mes partenaires de gouvernement, dans le cadre de notre plate-forme Brexit, en vue de dégager les budgets nécessaires à cette campagne orientée vers le business.

Outre cette campagne de promotion, nous avons lancé une série d’actions ciblées, tant à Londres qu’à Bruxelles, principalement sous la forme de séminaires sectoriels.

Toutes ces actions sont menées grâce à la forte implication directe de notre attaché économique et commercial basé à Londres. C’est lui qui est à la manœuvre. S’ajoute à cela l’étroite collaboration de l’ambassade de Belgique à Londres, qui organise également des actions, généralement en ses murs.

Le séminaire relatif à l’arbitrage et au secteur juridique qui a eu lieu fin février a réuni 70 participants de très haut niveau. Il s’agissait de très grands bureaux d’avocats britanniques, ou étrangers ayant de gros bureaux à Londres. J’ai moi-même participé à ce séminaire, qui a été très positivement apprécié, selon les échos qui nous en sont parvenus.

Le séminaire consacré à la promotion de Bruxelles comme capitale des associations internationales, qui s’est tenu fin mars, a rassemblé, quant à lui, 30 participants.

Le programme des semaines et mois à venir ciblera notamment les entreprises actives dans le secteur financier à Londres. Ce sera le cas le 30 mai prochain, lors d’un séminaire que j’aurai le plaisir de présenter avec la Fédération belge du secteur financier (Febelfin) et en collaboration avec le Service public fédéral (SPF) Finances.

Enfin, toujours à Londres, une action sera organisée au second semestre avec les chambres de commerce étrangères indienne, chinoise, américaine – ce sont nos trois cibles principales – basées à Londres. De plus, Bruxelles a invité des entreprises britanniques du secteur audiovisuel et des médias à se réunir à Bruxelles en fin d’année.

Pour l’année 2017, cela représente un budget estimé de 40.000 euros pour les actions liées directement au Brexit, hors campagnes ciblées en Grande-Bretagne. Ces 40.000 euros sont pris dans le budget initial de BIE. La campagne à lancer à Londres bénéficiera d’un budget un peu plus conséquent.

Par ailleurs, je profite évidemment des missions organisées dans d’autres pays afin d’inviter les investisseurs traditionnels au Royaume-Uni, tels que les États-Unis ou la Chine, à rediriger leurs projets d’investissements en Europe, vers Bruxelles. C’était l’un des aspects principaux des deux séminaires Invest organisés, la semaine dernière, à New York : vanter Bruxelles en matière d’investissement, particulièrement dans le contexte du Brexit.

Plus largement, toutes les équipes de BIE à travers le monde ont reçu pour mission de prospecter au quotidien auprès des investisseurs potentiels traditionnellement attirés par Londres lorsqu’il s’agit de mettre un pied en Europe. C’est la tâche des attachés économiques et commerciaux, et bien entendu, l’annonce du Brexit est mise en avant dans leurs prises de contact.

Quels sont les atouts de notre Région que nous pouvons mettre en avant ? Elle est le siège de très nombreuses organisations internationales. Elle est le lieu idéal pour ceux qui veulent influencer les régulations et les lois qui façonnent le marché unique européen, ses accords commerciaux internationaux et son comportement économique et commercial. Notre Région accueille 30.000 lobbyistes, ce qui est considérable.

Bruxelles offre une qualité et une expérience en matière de services, notamment dans des secteurs niches en lien avec le cadre institutionnel et régulateur de l’Union européenne.

Le coût de l’immobilier y est relativement bas par rapport aux autres capitales et nous disposons d’espaces libres.

Elle offre une qualité de vie qui la rend très agréable en termes de logement, de coût, d’offre culturelle et gastronomique, ou encore d’écoles internationales.

Une étude parue dans la presse le mois dernier démontre une nouvelle fois à quel point Bruxelles est l’une des villes au monde où les expatriés se sentent le mieux. Bien entendu, rien n’est parfait, mais en termes de mobilité, je puis vous assurer que la situation d’autres villes, comme New York, est bien

La localisation de Bruxelles constitue également un extraordinaire atout : 2h20 de Londres et une accessibilité depuis Bruxelles dans toute l’Europe, parfois plusieurs fois par jour pour certaines villes ou capitales.

Enfin, dernier atout important : la présence d’une main-d’œuvre hautement qualifiée, multilingue et multiculturelle.

Je terminerai par le cas précis de l’annonce de l’arrivée de Lloyd’s, qui est bien un signe que Bruxelles a sa place dans l’échiquier financier européen, et possède quelques atouts, soulignés publiquement par la direction de la Lloyd’s, tels que la qualité de sa main-d’œuvre, sa localisation attractive, l’environnement favorable aux affaires qui prévaut à Bruxelles, et en particulier la fiabilité du cadre réglementaire et la bonne collaboration avec les régulateurs. Ce n’est pas moi qui le dis ou la Banque nationale de Belgique, mais la Lloyd’s elle-même. Il s’agit bien d’atouts spécifiques de Bruxelles.

L’arrivée de la Lloyd’s of London est également une preuve de la bonne collaboration entre les différents niveaux de pouvoir en Belgique pour attirer des investisseurs. En effet, nous avons été informés très tôt par le niveau fédéral des discussions en cours et avons d’ailleurs naturellement offert notre assistance pour mettre Bruxelles en avant dans ces discussions.

Cette bonne nouvelle crédibilise bien sûr énormément le message que nous porterons à Londres, notamment fin mai lors du séminaire relatif aux activités financières auquel je participe.

Pour conclure, je crois pouvoir dire que nous avons réellement dès le départ voulu voir le Brexit comme une opportunité pour Bruxelles, plutôt que de nous focaliser sur la mauvaise nouvelle qu’il constituait pour la construction européenne. Nous nous attelons à concrétiser cette opportunité, sans relâche depuis son annonce.

(…)

Isabelle Emmery – Je remercie la secrétaire d’État pour sa réponse très étayée. Nous croisons les doigts au sujet de l’Agence européenne des médicaments (EMA), même si, au-delà des atouts que pourrait avoir Bruxelles pour l’accueillir, la décision comporte un aspect politique.

Je voudrais aussi saluer la stratégie de la Région visant à tout mettre en place accueillir de nouvelles entreprises, qu’il s’agisse de têtes de pont de groupes anglais ou américains ou d’autres secteurs porteurs pour notre Région. Il est, en effet, plus intelligent d’adopter une stratégie fine, plutôt que de mener des campagnes de marketing tous azimuts, mais en définitive moins efficaces.

Nous reviendrons évidemment plus tard sur le bilan de ces actions, après la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.

Cécile Jodogne.- Pour répondre plus précisément ou clarifier les cibles, il y a effectivement des séminaires à Londres, des séminaires avec des invitations de potentielles cibles à Bruxelles ainsi qu’une campagne orientée business qui aura lieu à Londres. Cette dernière, qui n’a pas encore commencé, portera sur les secteurs économiques que nous visons. Il s’agit de ne pas éparpiller tous azimuts le peu de moyens dont nous disposons. Il s’agit évidemment d’une campagne du gouvernement bruxellois, orientée vers le commerce extérieur et les investissements étrangers à Bruxelles. C’est donc moi qui en prendrai la responsabilité au sein du gouvernement même si cela s’organise au niveau de la plate-forme, en collaboration avec tous les autres acteurs.

Nous espérons pouvoir lancer cette campagne dès l’automne prochain.

Oui, l’attractivité de Bruxelles est excellente et proportionnellement importante pour une ville de 1,2 million d’habitants. Je rappelle que Londres en compte entre 12 et 14 millions. Ne vous attendez quand même pas à ce que l’on puisse accueillir à Bruxelles toutes les activités qui vont se délocaliser de Londres ! Il est évident que plusieurs villes vont bénéficier des opportunités créées par le Brexit. Pour rejoindre M. Cornelis, c’est même préférable car on ne serait pas capable d’accueillir tout le monde ici. Restons raisonnable. C’est la raison pour laquelle nous travaillons en termes de niches et de secteurs, bref là où nous avons le plus de chances et d’atouts à jouer.

Effectivement, M. Cornelis, notre attaché économique et commercial à Londres relève bien de BIE. Dans une ville comme Londres, les trois Régions possèdent un attaché économique et commercial.

Les collaborations se sont bien passées dans le cadre du dossier de l’EMA. Je ne dis pas qu’il n’y aura pas, à certains moments, quelques concurrences, mais Bruxelles se positionne vraiment comme la ville des services et sa proximité avec les institutions européennes constitue un atout.

Globalement, si les collaborations se passent bien entre les trois Régions, c’est par le biais de BIE, Flanders Investment & Trade (FIT) et l’Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers (AWEX).

Comme je vous le disais, M. Van den Driessche, il est impossible de transférer ici tout ce qui va quitter Londres, mais Bâle et Genève ne seront certainement pas concernées, puisque la Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne. Elles ne constituent donc certainement pas une alternative, au contraire de Francfort, Amsterdam, Dublin, Paris ou Madrid. Tant mieux pour elles. Et n’oublions pas les pays de l’Est, qui sont assez demandeurs de pouvoir rééquilibrer les présences. Ce n’est d’ailleurs pas anormal.

Nous allons faire le maximum pour concrétiser le plus d’opportunités possible, mais nous n’allons pas récupérer toutes les activités londoniennes.

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