Le Réseau des arts à Bruxelles

Le Réseau des arts à Bruxelles

En séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, j’ai interrogé Joëlle Milquet, ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, sur son soutien au secteur culturel bruxellois.

Mme Isabelle Emmery – Plusieurs mesures prises ces derniers mois ont fortement fragilisé le secteur culturel. Le gouvernement fédéral a sacrifié ses institutions culturelles de prestige à Bruxelles. Vous n’avez eu de cesse de dire qu’il était important, face à cette décision, de soutenir le secteur. Suite aux économies qui ont dû être réalisées par la Fédération Wallonie-Bruxelles, les budgets du secteur culturel ont été diminués.

Les secteurs culturels francophone et néerlandophone sont donc inquiets, d’autant que les conditions d’existence des artistes sont difficiles, j’en veux pour preuve les nombreuses exclusions du chômage. En début de semaine, le réseau des arts Bruxellois et du Brussels Kunstenoverleg a réuni l’ensemble des ministres concernés des différents pouvoirs afin d’engager une concertation au niveau bruxellois. Vous avez assisté à cette réunion qui comptait de nombreux opérateurs.

En marge de cette participation, vous avez affirmé avec votre homologue néerlandophone votre volonté de réactiver l’accord de coopération avec la Flandre.

Quelles seront vos initiatives dans le cadre de cet accord ? Quels dossiers bruxellois défendrez-vous ? Vous avez également assisté à la concertation organisée ce lundi. Quel rôle souhaiteriez-vous voir jouer par la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Ne croyez-vous pas qu’il faudrait aller au delà de cette concertation et s’engager dans des actions plus concrètes ? Par exemple, un comité interministériel consacré à la culture ne serait-il pas plus porteur pour le développement du secteur ? Un groupe spécifique bruxellois réunissant beaucoup d’opérateurs ne serait-il pas nécessaire ? Enfin, vous comptez maintenir votre soutien au réseau des arts de Bruxelles. Des missions plus spécifiques, plus orientées sur la concertation bruxelloise lui seront-elles confiées ?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance – Le réseau des arts bruxellois et son homologue néerlandophone travaillent d’arrache-pied depuis longtemps afin de fédérer ces coordinations. Réussir à réunir tous les ministres impliqués dans la culture à Bruxelles était une grande première. Par ailleurs, on constate un renforcement de la coordination entre les artistes et les opérateurs culturels bruxellois et néerlandophone. Je m’en réjouis.

Nous continuerons à soutenir le Réseau. Son rôle de coordination est essentiel. J’ai dit clairement que j’étais tout à fait favorable à l’instauration d’une plate-forme informelle, dans un premier temps, pour ne pas entrer dans des débats institutionnels et avancer rapidement. Nous devons avoir une approche pragmatique parce que Bruxelles a besoin d’une coordination et d’un décloisonnement des politiques culturelles, parce que nous avons besoin d’une meilleure cohérence entre les différents acteurs, d’une vision stratégique commune, etc. Nous devons avancer de manière pragmatique.

Si on l’officialise, les questions de la place de la Région, de la Communauté, de la façon dont les représentants des entités fédérées s’intègrent ou non dans les outils fédéraux, vont se poser Et nous sommes repartis pour des débats sans fin… Je défends l’idée d’une plate-forme informelle réunissant les responsables politiques pour aborder des sujets qui nous intéressent collectivement, pour voir quels grands projets nous pouvons soutenir ensemble et cofinancer, pour discerner quels partenariats nouer entre les pôles des musées et aborder des questions vraiment concrètes, notamment le dossier du problématique musée d’art moderne.

Par ailleurs, nous devons très régulièrement et de manière tout aussi informelle rencontrer les membres de cette petite plate-forme et les représentants des acteurs culturels à propos de leurs projets pour lesquels ils ont besoin de réponses et de la simplification administrative pour ceux qui opèrent dans les deux communautés.

Pour l’accord de coopération avec Sven Gatz, nous nous sommes déjà contactés à plusieurs reprises. Nos administrations respectives ont avancé et se sont déjà arrangées pour établir un cadastre des actions à entreprendre ensemble dès 2015 : initiatives, cohérence et soutien mutuel.

Nous avons même proposé d’inviter à la prochaine rencontre nos autres homologues pour assurer cette coordination. Nous nous revoyons prochainement pour finaliser et présenter la manière dont nous développerons des projets conjoints sur Bruxelles, en coordination avec d’autres niveaux de pouvoir.

Mme Isabelle Emmery – À ce stade, j’ai peu de demandes supplémentaires à vous adresser. J’attends des propositions plus concrètes. Vous nous demandez de ne pas dépasser le stade informel pour l’instant car le formel serait beaucoup trop lourd à gérer et les places de chacun difficiles à trouver. Vous avez dit que le dossier de l’avenir du futur musée d’art moderne pourrait être inscrit à l’ordre du jour de cette concertation. Est-ce ce genre de dossier que vous allez porter ?

Mme Joëlle Milquet – Ce n’était qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.

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