L’entrepreneuriat culturel

L’entrepreneuriat culturel

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur l’état d’avancement de la coupole ‘‘Entrepreneuriat culturel’’ dans le cadre de Bouger les Lignes.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – La culture est un investissement d’avenir. Cependant, l’entrepreneuriat dans le secteur culturel souffre d’un certain manque de technicité sous deux aspects. Premièrement, les barrières à l’entrée peuvent être difficiles à identifier. Deuxièmement, plus qu’ailleurs, le sujet de travail peut être une véritable passion. On travaille peut-être plus avec son cœur qu’avec sa raison. La combinaison des deux peut amener à penser qu’il est facile, avec un peu d’envie, de créer une société dans le secteur. Mais le risque y est grand et la réussite incertaine. La performance d’un produit ou service culturel ne peut se prédire, ni même facilement toujours se
comprendre a posteriori; la réaction des consommateurs étant par nature insondable, le succès ou l’échec d’un projet se constate plus qu’il ne s’augure.

Et pourtant, il s’agit là d’une économie plurielle: de création, de marché, de redistribution, sociale et même solidaire. Les principaux artisans de ce mouvement sont des entrepreneurs du secteur, agents économiques à part entière. Les externalités positives de leur activité sont nombreuses: tourisme, éducation, animation du territoire ou encore innovation, ainsi que le rappelle la Commission européenne, dans sa stratégie «Europe 2020», qui promeut l’entrepreneuriat culturel comme levier d’innovation sociétale, organisationnelle et même technologique.

Dans le cadre de l’opération Bouger les Lignes, la ministre Milquet avait organisé une coupole dédiée à cet entrepreneuriat culturel. Par ailleurs, deux rencontres publiques se sont déroulées durant le mois de mars.

Quelles sont les pistes qui ont été évoquées lors de ces travaux en vue de la création d’outils ad hoc destinés à aider le secteur à se structurer ainsi qu’à favoriser l’émergence et la consolidation de structures d’accompagnement des entrepreneurs du secteur en incitant à la structuration de clusters?
Quelles sont les structures d’accompagnement actuellement référencées?
Quel modèle de l’entrepreneuriat culturel souhaitez-vous promouvoir?
Quelles sont les méthodes envisagées pour soutenir davantage la communication et la réflexion sur le rôle de l’entrepreneur culturel au sens large?

Alda Greoli, ministre – À l’issue des rencontres publiques de la coupole « Entrepreneuriat culturel », les comptes rendus des discussions ont été diffusés aux participants. Nous sommes encore en attente des dernières modifications de leur part. Je rappellerai ma fidélité au principe démocratique engagé à travers l’opération Bouger les lignes. Les premières recommandations du secteur seront diffusées largement via le site de l’opération, les réseaux sociaux et le mailing. Sur cette base et compte tenu des retours que nous recevrons, une synthèse intermédiaire sera diffusée le plus largement possible, pour que chacun puisse encore en améliorer le contenu. La synthèse finale est prévue en janvier 2017, ce qui nous laisse encore un peu le temps d’approfondir la question.

Vous l’aurez compris, il est trop tôt pour parler de conclusions. Laissons le temps au secteur et au processus démocratique auquel je suis attachée et que je prolongerai. Le secteur reviendra vers nous avec des éléments concrets et partagés. Je serai alors en mesure de vous répondre.

Isabelle Emmery – Je ne vais bien sûr pas m’opposer au respect des principes démocratiques que souligne la ministre. Je reviendrai sur cette question ultérieurement.

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