Les fausses universités

Les fausses universités

Je suis intervenue  en séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le débat sur les fausses universités qui sévissent dans notre pays.

Voici mon intervention:

Des sommes trop élevées et des diplômes sans valeur, le phénomène des fausses universités n’est pas nouveau, il est d’ailleurs plus présent en Flandre qu’en Wallonie. Ces universités clandestines sont impossibles à recenser précisément. À Bruxelles, il existe plusieurs écoles de ce type dont les diplômes ne sont pas reconnus par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La Fédération des étudiants francophones a récemment tiré la sonnette d’alarme sur ces dizaines d’établissements privés mais parfaitement légaux considérant la Constitution qui règle la liberté d’enseignement et autorise leur existence.

Avec le décret Paysage, la FWB établit la liste des établissements dont le diplôme est reconnu et protège certaines dénominations. Ainsi, ces écoles privées ne peuvent pas porter le nom « d’université » ou « haute école » ou encore « école supérieure ». Cependant, elles connaissent toujours un certain succès.

Ces derniers mois, le phénomène se serait amplifié. La FEF a reçu plusieurs témoignages d’étudiants étrangers venus suivre une formation en Belgique. Un marketing bien rôdé, incisif et mensonger a eu raison de leur confiance ; ils se retrouvent aujourd’hui floués par de prétendues « universités » privées. L’astuce est simple : ces établissements privés promettent un visa et « un enseignement de qualité » contre une inscription qui va en moyenne de 7.000 à 10.000 euros sur l’entièreté du cursus.

Suite à ces problèmes, une coordination avait été établie depuis mai 2016 entre les services de l’inspection économique fédérale et le Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour détecter tous les établissements qui abusent de la situation et pour les mettre en demeure de corriger le tir. Sur six établissements identifies, un seul n’a, semble-t-il, pas obtempéré.

Le groupe PS a toujours eu à cœur de rappeler son attachement à l’accessibilité et à la démocratisation des études. Par vos textes et par les nôtres, nous travaillons en ce sens. Il semble inacceptable que des étudiants désireux d’entreprendre des études, déboursent des sommes indécentes pour s’inscrire dans des cursus officieux sous la pression d’un marketing mensonger, avec à la clé un diplôme qui ne serait pas reconnu.

Une promesse d’avenir professionnel déguisée, sous couvert d’une communication mensongère ou insuffisante de la part d’écoles privées. La qualité aurait un prix. Nous ne pouvons accepter que des établissements privés usurpant une identité officielle lient ainsi, à tort, le coût des études à la qualité de l’enseignement dispensé. Notre enseignement en FWB n’est certes pas parfait. Mais grâce aux dispositifs d’évaluation mis en place, il porte en lui les conditions de son amélioration. Comment ces faux établissements sont-ils évalués ? Qui est garant de leur qualité ?
Monsieur le Ministre,

  • Afin d’apporter au débat les clarifications nécessaires, vous semble-t-il opportun d’envisager une extension de la liste des termes protégés tels que « université », ou « haute école » ?
  • Que pensez-vous de l’idée de réaliser un cadastre de ces écoles privées, rendu public afin qu’il soit accessible à tout un chacun ? Est-il envisageable, souhaitable d’établir une liste noire ?
  • Quelles sont les initiatives de la FWB qui pourraient être mises en œuvre afin d’instaurer plus de transparence au niveau de la communication entre les établissements reconnus et non-reconnus ?
  • Ne serait-il pas nécessaire d’exercer une prévention en amont aussi, je pense notamment au niveau des écoles secondaires et des centres d’orientation ?
  • Quelles sont les possibilités des étudiants face à des diplômes non reconnus, qu’ils souhaiteraient malgré tout valoriser, du moins partiellement, sur le marché de l’emploi ?
  • Enfin, quel est le retour du fédéral concernant la situation des étudiants étrangers qui se retrouvent, hélas, dans des situations dramatiques après avoir déboursé des sommes astronomiques pour un diplôme non-reconnu ?

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