Les industries culturelles et créatives

Les industries culturelles et créatives

J’ai interrogé Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, suite à la parution d’un article du journal « Le Soir »  sur l’étude d’Ernest & Young sur les industries culturelles et créatives.

Isabelle Emmery – Madame la ministre, nous avons pris connaissance dans la presse des résultats d’une étude menée par la société Ernest &Young visant à mesurer le poids des industries culturelles et créatives. Ils confirment ce que nous savions déjà, à savoir que ces industries apportent de la richesse et de l’emploi à notre société.

Nous apprenons quand même que la place des nouveaux médias et du numérique prend de plus en plus d’importance dans l’utilisation des biens culturels. En effet, les statistiques pour les années allant de 2001 à 2011 font état de trente milliards de revenus pour les biens culturels véhiculés par les nouveaux médias et le numérique.

Madame la ministre, nous avons des résultats chiffrés pour l’Europe. En possédez-vous pour la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Quel est le poids de ces industries dans notre Fédération ? Avez-vous entrepris des démarches auprès de vos collègues belges et européens pour défendre l’emploi des créateurs et la richesse qu’ils produisent ?

La Fédération Wallonie-Bruxelles se concertet- elle avec les représentants des sociétés de gestion des droits d’auteurs pour assurer la défense des créateurs dans l’environnement numérique qui devient de plus en plus prégnant ?

Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance – Je suis très heureuse que vous posiez cette question car j’attendais avec impatience ce rapport. Il montre à quel point l’économie du 21e siècle repose en grande partie sur la création. Le PIB est provient d’une large part d l’économie créative et innovante. Or qui dit création, dit artistes. L’artiste est à la base de la pyramide inversée des gains financiers, socio-économiques et d’emploi. Plus que jamais, nous devons soutenir la création.

Pour la première fois, la Fédération Wallonie- Bruxelles a commandé une étude à l’Observatoire des politiques culturelles et à l’ULB. Cette étude sera similaire à celle d’Ernest & Young mais appliquée à l’industrie culturelle francophone au sens large, exception faite de la publicité qui était reprise dans l’étude d’Ernest & Young. Nous nous en servirons pour créer une dynamique cohérente avec la Région de Bruxelles-Capitale, dont la déclaration de politique régionale se déploie en grande partie sur le pôle événementiel, audiovisuel et culturel, et avec le plan Marshall de la Région wallonne qui se fonde pour une grande part sur l’économie innovante.

Nous instaurerons des coordinations entre les acteurs culturels et les acteurs de l’économie innovante pour définir une stratégie globale qui ne marchandise pas la culture mais lui rend des bases économiques. Nous devons notamment agir sur le financement de projets émergents, les formations, la réorientation des axes et la cohérence. C’est essentiel pour dynamiser les projets culturels, événementiels et innovants dès l’an prochain.

Isabelle Emmery – Je salue l’idée d’une étude qui pourrait avoir comme effet une meilleure dynamique et de meilleures connexions avec les régions. Mon seul voeu est que, dans cet effort politique, les créateurs ne soient pas oubliés.

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