Librairies numériques

Librairies numériques

J’ai interrogé la Ministre de la Culture au sujet du bilan de Librel, le portail des libraires francophones de Belgique, et Lirtuel

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Depuis 2010, la Fédération Wallonie-Bruxelles a mené une politique active de développement des outils numériques. Cet élément est souvent mis en exergue dans notre commission. Il y a un peu plus d’un an, Librel, le portail des libraires francophones de Belgique, faisait son entrée dans le paysage numérique afin de compléter l’offre et de valoriser les auteurs et les éditeurs belges.

Par ailleurs, le projet Lirtuel permet désormais le prêt numérique grâce à un partenariat entre les bibliothèques publiques de la Fédération.

Madame la Ministre, je souhaiterais faire le bilan avec vous du fonctionnement de ces plateformes et des défis qu’il faudra relever dans les prochains mois.

Quelles sont les pistes proposées par l’atelier Bouger les lignes de décembre dernier pour améliorer le fonctionnement de ces plateformes?

Vos services ont-ils participé à la rencontre professionnelle organisée lors de la Foire du livre concernant le livre numérique et quelles sont les conclusions de cette rencontre concernant vos compétences?

Quel est le taux de fréquentation actuel de Librel et comment augmenter celui-ci à court et à moyen terme? Tous les livres ou éditeurs soutenus par la Fédération sont-ils sur Librel et sur Lirtuel? Combien de livres sont-ils actuellement proposés sur ces portails et quels sont les objectifs prévus dans les conventions?

Quels sont, le cas échéant, les principaux obstacles rencontrés dans le développement de ces portails? Des partenariats avec des blogs littéraires sont-ils envisagés?

Quid de l’idée des reading rooms, un service unique et innovant, qui consiste en une mise à disposition de supports numériques dans des endroits publics où les gens peuvent se connecter pour lire des extraits de livre, par exemple les aéroports, les gares et tout autre endroit propice à la lecture?

Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – La promotion de la lecture est au cœur des travaux de l’opération Bouger les lignes, menés avec l’ensemble du secteur.

La journée professionnelle sur le livre numérique du 22 février 2016 a été organisée par le Partenariat interprofessionnel du livre et de l’édition numérique (PILEn), en concertation avec le Service général des lettres et du livre de l’Administration générale de la culture.

Mes services ont bien participé à cette rencontre professionnelle. Des débats ont eu lieu sur l’information des différentes aides accessibles, sur l’écoute nécessaire à l’égard des différents besoins des opérateurs, la création d’éventuels partenariats, etc.

Pour ce qui est du taux de fréquentation, Librel compte 2 000 à 3 000 visites mensuelles pour 1 200 à 1 500 visiteurs. Une légère, mais constante progression des ventes est enregistrée, mais ces chiffres ne permettent pas de dire que Librel fait de l’ombre au marché du livre papier. Le marché du livre numérique en Belgique francophone reste encore confidentiel et la majeure partie est entre les mains d’opérateurs internationaux que sont Amazon, Apple et Google. Librel s’attelle actuellement à améliorer son référencement.

Tous les livres et éditeurs sont-ils sur Librel? Les éditeurs qui disposent d’un catalogue de livres numériques et d’un entrepôt numérique fiable sur le marché francophone sont présents sur Librel.

Pour ce qui concerne Lirtuel, il n’existe pas de lien automatique avec les éditeurs, car ceux-ci dépendent de leurs distributeurs. Néanmoins, les distributeurs belges ont été sollicités pour faire part du projet.

Actuellement, 400 000 références de livres sont proposées sur les portails. Depuis fin 2015, une convention lie le Syndicat des librairies francophones de Belgique avec la Fédération et Librel. Cette convention ne fixe pas d’objectif quantitatif, mais bien des missions davantage qualitatives, notamment promouvoir les librairies labellisées, les librairies indépendantes de la Fédération, l’accompagnement dans la transition numérique. Il faut également animer et gérer le portail de vente de livres numériques librel.be et déployer la marque du portail sur le marché du livre numérique. Il est également prévu de relayer les animations et activités proposées par les libraires et d’encourager la création, en assurant la visibilité de la production des auteurs et des éditeurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Lirtuel propose 1 200 titres sur le portail et vise les 3 000 titres pour cette année.

Quant aux obstacles, ils résident dans des problèmes de compatibilité et dans la nécessité de s’adapter aux technologies utilisées par les acteurs, avec les besoins qui en découlent quant à la formation et aux coûts liés au développement des technologies des acteurs indépendants. Plusieurs possibilités de partenariat avec des blogs littéraires sont à l’étude. Une collaboration effective existe entre Librel et les blogs Le carnet et les instants et Les lettres numériques.

En ce qui concerne les reading rooms – il faut trouver un terme en français, sous peine de finir tous «anglo-saxonnisés» –, l’outil existe et est testé parmi les libraires membres du Librel. Les coûts de placement et de maintenance sont tels qu’ils en limitent l’utilisation.

Isabelle Emmery– Je vous remercie pour ces nombreux éléments d’information, que je relirai attentivement. Je me permets d’insister sur l’intérêt des reading rooms, concept assez attrayant qui mérite, me semble-t-il, que l’on s’y attarde.

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