Mobilité des enseignants

Mobilité des enseignants

J’ai interrogé la Ministre de l’Education et l’Enfance en communauté française sur la Mobilité entre les enseignants francophones et néerlandophones en vue d’améliorer l’apprentissage des langues

Madame la Ministre,

La Région bruxelloise est une région bilingue dans laquelle l’enseignement de la seconde langue nationale – obligatoire depuis la troisième primaire – se doit d’être de qualité afin de permettre aux élèves de bien la maîtriser à l’issue de leurs études. Des études démontrent que les chercheurs d’emploi qui bénéficient de la connaissance des deux langues, ont 20% de chance en plus de trouver un emploi.

Dans cette optique, l’échange d’enseignants entre les Communautés est une piste non négligeable permettant de développer davantage les connaissances linguistiques. La maîtrise de la seconde langue étant un atout majeur dans notre Région.

Cependant, plusieurs obstacles entravent l’échange et la mobilité des enseignants tels que les réglementations relatives au statut et aux salaires. En effet, le système des statuts étant plus favorable en Flandre, cela n’incite pas les enseignants néerlandophones à venir enseigner dans les deux autres Régions. L’harmonisation des statuts serait donc une première étape pour pallier à cette problématique. . .

Il me semble être essentiel de promouvoir de bonnes pratiques en matière de politique d’apprentissage des langues, avec pour objectif l’amélioration de cet apprentissage.

Madame la Ministre, cela démontre la nécessité d’établir une coordination de tous les acteurs liés de près ou de loin à l’organisation de l’enseignement et plus particulièrement aux échanges d’enseignants aussi bien en Fédération Wallonie- Bruxelles qu’en Communauté flamande. Il va de soi qu’une bonne coordination entre les différentes autorités et services compétents est indispensable pour une mobilité efficiente.

Madame la Ministre,
— Quels sont vos projets en vue de favoriser diligemment et utilement la mobilité et l’échange d’enseignants entre la FWB et la Communauté flamande et ainsi de développer l’immersion linguistique dans un plus grand nombre d’écoles bruxelloises ?
— Qu’est-il prévu pour multiplier les projets d’apprentissage précoce des langues ?
— Un accord de coopération était annoncé voici un an entre les différents ministres en charge de l’enseignement en vue de favoriser l’échange entre les enseignants des différentes communautés. Des dispositions décrétales ont été prises également pour permettre ces échanges.
– Quel en fut le résultat ?

Réponse de la Ministre

Dans l’actualité récente, vous avez pu apprendre que les Ministres de l’enseignement obligatoire des Communautés française et germanophone ont réitéré, à l’occasion d’un gouvernement conjoint à Eupen, leur objectif d’intensifier les collaborations et les échanges entre leurs deux Communautés.

Cela passe concrètement par le fait d’encourager les enseignants à aller enseigner au sein d’une autre Communauté. Le but est de faciliter le recrutement de professeurs dans le cadre de l’enseignement en immersion, mais aussi de favoriser leur mobilité de façon générale.

Pour ce faire, il a été décidé de mettre en ligne une plateforme de collaboration durant le deuxième trimestre de cette année afin d’encourager davantage encore les échanges entre Communautés dès la prochaine rentrée scolaire. La Communauté flamande sera associée au processus pour que les trois Communautés travaillent de concert.

La plateforme reprendra :
— Les conditions de recrutement et les exigences en matière de maitrise des langues, Communauté par Communauté ;
— Un module de gestion reprenant l’offre et la demande des écoles et des enseignants entre les Communautés. Un accès sera également prévu directement pour les chefs d’établissement et les enseignants.

Des congés pour mission ont été créés à cet effet dans les trois Communautés. L’idée est de faire preuve d’une souplesse maximale, l’enseignant conservant toutes ses relations avec sa Communauté d’origine au niveau de son statut et il est mis à disposition de l’autre Communauté, dans le cadre d’un congé pour mission.

En ce qui concerne l’apprentissage précoce des langues, on voit qu’aujourd’hui, beaucoup de projets d’éveil aux langues existent dès l’école maternelle. S’il est bien de débuter l’apprentissage d’une seconde langue le plus tôt possible, il convient sans douter de s’interroger en parallèle sur le bien-fondé de la disparité qui existe entre la Région de Bruxelles-Capitale et la Région wallonne en termes d’imposition d’apprentissage d’une seconde langue. En effet, là où la loi de 1993 concernant le régime linguistique dans l’enseignement permet d’organiser deux périodes de langue moderne en 5ème et 6ème primaires en Wallonie, elle impose déjà l’organisation de trois périodes de langue moderne en 3ème et 4ème primaires dans les écoles situées en région de Bruxelles-Capitale et dans les communes de Comines-Warneton, Mouscron, Flobecq, Enghien, Malmedy, Waimes, Baelen, Plombières et Welkenraedt.

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