Mutualisation dans les secteurs culturels

Mutualisation dans les secteurs culturels

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur les études sur la mutualisation dans les secteurs culturels.

Isabelle Emmery  – Les questions portant sur les démarches de mutualisation dans le secteur culturel se sont régulièrement invitées dans le cadre des débats Bouger les lignes. Au sein de cette commission, nous avons entendu à plusieurs reprises que des audits seraient réalisés pour optimaliser les moyens dans le champ tant du théâtre que des centres culturels ou des musées. Mutualiser permettrait ainsi de répondre en partie à une série de contraintes budgétaires pour dégager – sans doute – des moyens nouveaux.

Pour mon groupe politique, les opérateurs culturels ont déjà organisé sur le terrain cette cogestion et les pistes pour trouver de réels ballons d’oxygène en mutualisant nous semblent marginales.

Madame la Ministre, où en sont précisément les audits annoncés depuis un an dans les différents secteurs culturels? Quels sont les organismes chargés de ces analyses dans les différents secteurs? Ont-ils été désignés conformément à la législation sur les marchés publics?
Des comités d’accompagnement de ces audits ont-ils été mis en place?
Dans l’affirmative, quels sont les acteurs culturels qui accompagnent ces consultants?
Au stade actuel, pouvez-vous nous en dire plus sur les pratiques de mutualisation envisagées?
Vers quelles démarches de mutualisation allons-nous?
S’agira-t-il des moyens matériels, des moyens humains, des moyens immatériels?
Finalement, qu’en est-il de la Maison des fédérations artistiques?
Quelles seront les missions spécifiques de cette structure?
Un budget est-il prévu en 2016?

Alda Greoli, vice-présidente et ministre de la Culture et de l’Enfance – À ce stade, une seule consultance sur le théâtre adulte est en cours. Cette consultance a été annoncée dans la note d’orientation sur le théâtre communiquée en juillet 2015. Elle a pour but d’aider le gouvernement de la Communauté à optimaliser le paysage théâtral et à diminuer les coûts de fonctionnement des opérateurs théâtraux en Fédération Wallonie-Bruxelles. Un marché public a évidemment été lancé; il a été remporté par le cabinet Kurt Salmon. Le comité d’accompagnement est composé de deux représentants du pouvoir adjudicateur, membres de mon cabinet, d’un représentant du centre d’expertise juridique du Ministère de la Communauté française, de l’administrateur général de la Culture et de deux représentants du secteur du théâtre, membres du Conseil de l’art dramatique. La consultance a débuté le 21 mars et s’achèvera le 20 juin. Je pressens que le 21 juin, on m’adressera une question!  Vous comprendrez que j’attendrai les conclusions de cette consultance avant d’aller plus loin.

Par ailleurs, il faut savoir que l’ASBL Initiatives locales pour l’emploi à Schaerbeek et l’Association des techniciens professionnels du spectacle (ATPS) ont réalisé une série d’ateliers sur la thématique de la mutualisation. La synthèse de leurs travaux est annoncée pour le 10 juin, lors d’une présentation publique au PointCulture de Bruxelles. Des organisateurs de ces ateliers étaient déjà présents dans la coupole Artistes au centre. Je ne doute donc pas que le lien sera fait. On peut s’attendre à ce qu’ils soient allés un peu plus loin dans l’opérationnalisation des conclusions de la coupole Artistes au centre pour ce qui concerne la mutualisation. Je pourrai vous annoncer des mesures concrètes et objectivées lors de la rentrée culturelle de Bouger les lignes le 28 septembre prochain où je vous donne rendez-vous. Tous les modes de mutualisation sont envisagés. L’objectif n’est certainement pas d’imposer des réductions systématiques de moyens à chacun. L’idée est bien plus de tester des projets collaboratifs émanant des acteurs culturels. Vous connaissez mon obsession de la liberté d’entreprendre et de la liberté associative. Il ne s’agit pas d’uniformiser ou de centraliser, mais de susciter des partenariats et des initiatives au niveau des partenaires locaux. La mutualisation doit être vécue comme une force et pas comme un handicap pour les opérateurs. Bref, la mutualisation doit soutenir sans appauvrir et, de nouveau, vous connaissez ma philosophie dans ce domaine.

Pour répondre au dernier volet de vos nombreuses sous-questions, le projet des maisons des fédérations avance. J’en ai d’ailleurs déjà discuté lors de plusieurs réunions en mon cabinet avec les acteurs concernés. Je suis décidée à aboutir sous cette législature. Soyons clairs ici aussi, cela se fera sur la base d’une volonté libre et concertée entre les acteurs et non sur la base d’un décret qui leur imposerait une obligation de vivre en commun dans une même maison.

Pour l’heure, nous en sommes toujours à la constitution d’un groupe de réflexion pour approfondir le modèle d’organisation et de représentation des fédérations et des métiers. Une des caractéristiques est que s’il existe un certain nombre de fédérations représentatives des secteurs, on compte peu de syndicats de métiers comme les syndicats de médecins. Il faut aussi savoir si les acteurs veulent s’organiser de cette manière-là. Nous pourrions alors, dans le cadre de Bouger les lignes et des résultats de la coupole de nouvelle gouvernance culturelle, mettre concrètement ce projet sur la table et le faire aboutir s’ils le souhaitent.

Isabelle Emmery  – Comme vous, Madame la Ministre, je suis favorable au projet collaboratif et à la liberté associative. Cela doit guider toute démarche en la matière: une action qui ne serait pas consentie mais imposée ne donnerait pas des résultats positifs.

Selon certaines informations, le décret sur les Arts de la scène serait prochainement à l’ordre du jour du gouvernement. Je m’interroge sur le lien entre l’audit sur le théâtre adulte et ce décret. Par ailleurs, ma question ne portait pas uniquement sur le théâtre, mais aussi sur les musées et les centres culturels.

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