Mutualisation des opérateurs socioculturels

Mutualisation des opérateurs socioculturels

J’ai interrogé la Ministre de la Culture au sujet de la réaction de l’ASTRAC sur la mutualisation des opérateurs socioculturels.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Je vais moi aussi évoquer un sujet assez récurrent dans cette commission.

Lorsque nous avions reçu le secteur, début février, vous aviez déclaré que vous ne pourriez pas financer l’exécution du décret de 2013 relatif notamment aux centres culturels, en tout cas dans sa globalité. Le chiffre cité était, je crois, de 3,6 millions de besoins nécessaires, au regard du prescrit décrétal.

Mais pour autant, chacun s’accorde à reconnaitre le rôle fondamental de ces acteurs et la nécessité de leur assurer un financement adéquat pour remplir leurs missions. Ils constituent une des pierres angulaires de notre paysage culturel et permettent de rendre le service universel à la culture.

Nous avons aussi échangé sur le passé et la manière dont le décret avait été conçu. Je rappelle une fois encore que ce décret tenait compte de la réalité budgétaire et qui avait associé à sa conception l’ensemble des acteurs de terrain.

Nous avons été saisis d’une réaction du Réseau des professionnels en centres culturels (ASTRAC) par rapport à des annonces que vous aviez faites. Vous avez bien sûr répété la nécessité de refinancer le secteur des centres culturels et, dans ce cadre, vous avez évoqué la possibilité d’optimaliser et de renverser les moyens financiers, par le biais d’une mutualisation entre opérateurs culturels. C’est sur cet aspect des choses que je souhaite vous interroger aujourd’hui.

Selon l’ASTRAC, lors d’une rencontre avec la Plateforme socioculturelle, vous vous êtes engagée à réaliser une étude sur cette hypothèse de mutualisation.

Cette étude sera-t-elle concrétisée ?
Si oui, les fédérations socioculturelles y seront-elles associées ?
Les opérateurs de terrain seront-ils consultés?
Quels seront les axes prioritaires de l’étude?
Comptez-vous prendre en compte les travaux menés par le groupe de travail mis sur pied avec le secteur pour l’application du nouveau décret?

Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – Nous rencontrons les représentants du secteur six fois par an. Nous leur ferons des propositions très claires sur ce point lors de la prochaine rencontre, qui aura lieu le 25 mars. Il sera notamment question de mutualisation et de clarification du paysage.

Lors des rencontres précédentes, nous avions décidé de créer un groupe de travail pour voir comment appliquer le nouveau décret. Il y aura peut-être un phasage ; il sera peut-être adapté pour pouvoir se déployer de manière crédible. Le groupe est composé de deux représentants de l’ASTRAC, de deux représentants de l’ACC, de deux membres de la Commission des centres culturels, de deux membres de l’administration, d’un représentant de l’inspection et d’un représentant des provinces et de la Commission communautaire française. Un de mes collaborateurs assiste aux réunions. La première réunion a eu lieu au mois de novembre.

Isabelle Emmery– C’est un feuilleton que nous suivons dans cette commission. Nous reviendrons sur le sujet après le 28 mars pour connaître les résultats de la rencontre au sujet de la piste de la mutualisation.

Joëlle Milquet – Nous avons une législature pour travailler. Il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée.

Isabelle Emmery– Je ne dis pas que vous n’avancez pas. Cependant, le décret date de 2013 et les centres culturels, sans parler de tout le secteur socioculturel, sont inquiets et connaissent des difficultés. Ils attendent des réponses avant de s’essouffler complètement. Je ne vous rejoins pas sur le fait que le décret n’était pas crédible sur le plan budgétaire.

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