Rachats dans la presse « féminine »

Rachats dans la presse « féminine »

J’ai interrogé le Vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias, sur l’impact en termes d’emploi du possible rachat des titres de presse de Sanoma par Roularta.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery –  L’évolution du monde essentiel de la presse écrite, et en particulier des médias d’information, est un sujet qui occupe souvent notre assemblée. Ce secteur est confronté à de nombreuses mutations et à une baisse progressive de ses recettes publicitaires. Son avenir passe résolument par une adaptation aux mutations technologiques et par des reconfigurations industrielles. Si les compétences que nous gérons en Fédération Wallonie Bruxelles ne nous donnent guère de prise sur l’opération actuelle de rachat de titres de magazines dits «féminins» du groupe Sanoma par Roularta, j’aimerais cependant vous interroger sur cette opération.

Même si ce rachat n’est pas encore effectif puisqu’il doit préalablement recevoir l’aval de l’autorité de la concurrence, n’oublions pas qu’un plan social devra également être mis en œuvre en vertu de la loi Renault. Quelque 96 emplois passeront à la trappe, ce qui n’est pas négligeable. Ces emplois seront supprimés dans les services commerciaux et de support.

Disposez-vous d’informations plus précises sur cette opération?
Est-ce que des garanties sont données en matière d’autonomie et de liberté de la ligne éditoriale?
Avez-vous eu des contacts avec les ministres de l’Emploi en ce qui concerne l’accompagnement social des travailleurs concernés?

Jean-Claude Marcourt – Depuis un certain temps, des rumeurs circulent à propos de l’avenir des journaux et périodiques du groupe Sanoma. La décision prise, à savoir la reprise de ces titres par Roularta, était en quelque sorte annoncée. Cette cession ne me paraît pas poser de problème. Nous verrons ce qu’en dira l’autorité de la concurrence qui a été saisie du dossier puisqu’il s’agit d’une concentration.

Le problème majeur tient à l’absence de transfert de Sanoma vers Roularta, ce dernier groupe ayant racheté les titres, mais pas nécessairement repris le personnel transversal ou de support. En réalité, le groupe Sanoma procède, au travers de cette opération, à une restructuration interne et renégocie avec les travailleurs. Nous n’avons reçu aucune demande de la part du groupe Sanoma ni de la part des organisations syndicales. En fait, le ministre fédéral de l’Emploi devrait se saisir du dossier au travers des mesures qu’il peut prendre, tant en matière de chômage que d’accompagnement et de prépension. Les ministres régionaux de l’Emploi, en fonction du domicile des travailleurs et du siège des entreprises, devraient en faire de même.

Nous ne disposons à ce jour d’aucune information, si ce n’est que la restructuration toucherait 96 personnes au maximum. J’ai déjà entendu des chiffres plus faibles. Quoi qu’il en soit, plusieurs dizaines de personnes risquent de perdre leur emploi au travers de cette restructuration. Je resterai attentif à l’évolution du dossier et je ne manquerai pas de revenir vers vous si des informations plus précises permettent d’apporter des éclaircissements en la matière.

Isabelle Emmery  – Monsieur le Ministre, j’entends bien votre préoccupation à l’égard de ces travailleurs. Vous avez effectivement raison d’être attentif, même si vous n’avez pas toutes les cartes en main, tant s’en faut. Le signal que vous donnez aux travailleurs cet après-midi est un soutien essentiel.

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