Retombées économiques de l’audiovisuel

Retombées économiques de l’audiovisuel

J’ai interrogé le Ministre-Président concernant les retombées économiques du secteur de l’audiovisuel.

Voici notre échange:

 

Isabelle Emmery – Monsieur le ministre-président, l’audiovisuel est un secteur d’avenir sur lequel mise votre gouvernement, qui cherche à en attirer tous les acteurs : producteurs, réalisateurs, mais aussi entreprises.

Symbole de la diversité culturelle et carrefour géographique, Bruxelles est séduisante et reste moins chère que Paris, par exemple. En consolidant les incitants financiers, en créant un lien entre les politiques de soutien et les acteurs de l’industrie, Bruxelles gagne davantage encore en atouts pour se positionner comme une capitale européenne des industries créatives audiovisuelles.

Par ailleurs, depuis deux ans, afin de stimuler l’économie culturelle et créative bruxelloise et de mettre en place les actions prioritaires de la Stratégie 2025, le gouvernement bruxellois s’est engagé à promouvoir le secteur audiovisuel. Il le fait via sa plate-forme screen.brussels, par divers mécanismes permettant de financer les projets créatifs en Région bruxelloise, par le biais d’incitants, d’accompagnements, mais aussi de subsides à tous ceux qui investissent dans ce secteur porteur d’avenir.

Ce secteur a ainsi rapporté, d’après certaines estimations, 45 millions d’euros de retombées en deux ans.

Monsieur le ministre-président, quel est le bilan de screen.brussels après plus d’un an de fonctionnement ?
Peut-on parler d’une politique qui permet à chacun de prospérer, et donc d’une situation « win-win » ?
Combien d’entreprises spécialisées dans l’audiovisuel sont-elles recensées à Bruxelles ?
Quelle est la part relative entre entreprises belges et entreprises étrangères qui se sont installées ici?
Quels sont les secteurs culturels les plus porteurs en termes de retour sur investissement ?
Les métiers du cinéma sont-ils toujours ceux qui représentent le plus d’emplois ?
Des synergies avec d’autres villes européennes sont-elles envisageables, afin de stimuler davantage le secteur de l’audiovisuel ?

Rudi Vervoort, ministre-président – Voilà deux ans que screen.brussels Fund organise ses sessions de soutien au secteur audiovisuel. À ce jour, cinq sessions d’investissements ont déjà été organisées, 142 dossiers ont été soumis par des producteurs et 57 projets ont fait l’objet d’une décision d’investissement, pour un montant total de 5.980.000 euros.

Ces investissements vont générer plus de 55 millions de dépenses audiovisuelles – entreprises et personnes physiques -, soit un ratio de plus de 900%. Autrement dit, un euro en génère neuf de dépenses dans la filière audiovisuelle régionale. Ce ratio est bien plus important que celui relatif aux deux autres fonds régionaux : un pour six en Flandre et un pour quatre pour Wallimage. Quelque 72% des projets retenus ont été soumis par des producteurs bruxellois, 18 par des producteurs wallons et 11 par des producteurs flamands.

Concernant les métiers du cinéma et l’emploi, selon une étude interuniversitaire menée par Media Clusters Brussels, la Région bruxelloise compte plus de 25.000 emplois dans le secteur des médias. Cela représente 4% de l’emploi total et 1,7 milliard d’euros de valeur ajoutée annuelle nette. Si vous souhaitez de plus amples informations à ce sujet, je vous invite à retrouver cette étude sur le site http://mediaclusters.brussels/.

Le nombre d’entreprises spécialisées dans l’audiovisuel en Région de Bruxelles-Capitale est évalué à 500. Les statistiques disponibles ne permettent pas de quantifier précisément le nombre d’entreprises audiovisuelles étrangères établies à Bruxelles. Même si certaines d’entre elles sont notoirement actives dans les activités de location de matériel audiovisuel, ainsi que dans la postproduction image et son, elles viennent principalement de France (TSF, Panavision, Piste Rouge, beDIGITAL, Dubbing Brothers etc.), des Pays-Bas et de Grande-Bretagne.

En matière de retours sur les recettes générées par les productions audiovisuelles soutenues par la Région de Bruxelles-Capitale, ce sont les séries télévisées et les films flamands qui génèrent les meilleurs résultats. Il n’y a pas que « The Loft » ! Pour information, 56% des projets retenus sont des longs métrages. Suivent les documentaires (18%), les séries télévisuelles (16%), les films d’animation (7%), les séries en service de vidéo à la demande (SVOD – 2%) et les web-séries et les collections de courts métrages (2%).

Enfin, concernant les synergies avec les autres villes européennes, l’étroitesse du marché belge impose aux entreprises du secteur de la production de contenus audiovisuels de développer des projets en coproduction avec des partenaires étrangers. Comme le montrent les statistiques des coproductions soutenues par screen.brussels, les pays avec lesquels les producteurs belges et bruxellois travaillent le plus sont la France, les Pays-Bas, le Luxembourg, mais aussi le Canada, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Danemark.

Outre ces pays, les actions de promotion de la Région en matière de coproduction se concentrent également sur les pays avec lesquels il existe des accords de coproduction et qui possèdent un marché audiovisuel porteur, comme la Norvège, qui produit beaucoup de séries, la Pologne, Israël, le Chili et, dans une moindre mesure, la Chine.

Isabelle Emmery – Je vous remercie pour ce flot de chiffres, que je ne manquerai pas d’aller redécouvrir sur le site. Vos réponses confirment que nous avons bien raison de doper ce secteur et d’y être attentifs, puisqu’il représente 25.000 emplois, ce qui n’est pas négligeable.

Le retour sur investissement public est vraiment étonnant. En Région bruxelloise, nous pouvons donc nous féliciter d’avoir le meilleur taux de retour.

Rudi Vervoort, ministre-président.- La décision, prise en début de législature, de voler de nos propres ailes dans ce secteur, était indispensable.

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