Salon international du livre de Québec

Salon international du livre de Québec

J’ai interrogé la Ministre de la Culture au sujet du bilan du salon international du livre de Québec.

Isabelle Emmery   – Du 13 au 17 avril s’est tenu le Salon du livre de Québec. Cette année, la Fédération Wallonie-Bruxelles en était l’invitée d’honneur. Onze auteurs et deux éditeurs représentaient la Belgique francophone au sein de l’Espace de la diversité.

La Fédération Wallonie-Bruxelles s’expose ainsi dans l’écrin du dialogue interculturel, en vertu du thème de cette année qui était Lire sans frontières. Découvertes littéraires, rencontres, conférences et ateliers attendaient aussi bien les visiteurs que les auteurs.

Il s’agissait là d’une belle opportunité pour nos éditeurs belges d’être reconnus et de tisser un réseau ainsi que des partenariats pour diffuser davantage la littérature francophone, puisque pas moins de 67 000 visiteurs ont franchi les portes pendant les cinq jours de l’événement.

Sur la base de quels critères les auteurs et les éditeurs choisis pour représenter la Fédération Wallonie-Bruxelles ont-ils été sélectionnés?
Des partenariats existent-ils ou sont-ils envisagés pour augmenter la diffusion des auteurs francophones outre-Atlantique?
Savez-vous si ce salon a débouché sur d’éventuelles formes de collaboration pour les auteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Nos auteurs sont bien souvent les victimes d’un rapport ambivalent entre la France et la francophonie et souffrent ainsi d’un manque de reconnaissance, car on oublie trop souvent leurs origines belges. On s’approprie régulièrement nos talents. Contrer cette situation permettrait à la Fédération Wallonie-Bruxelles d’exister en tant qu’institution. Des actions sont-elles entreprises pour remédier à cette assimilation?

Alda Greoli, vice-présidente et ministre de la Culture et de l’Enfance. – Une réunion a eu lieu fin 2015 avec des représentants de Wallonie-Bruxelles International, du cabinet du ministre des Relations internationales, du Service de la promotion des lettres et de mon cabinet. Cette réunion a permis de s’accorder sur un certain nombre de critères.

Il a été convenu de mettre en évidence trois quarts d’auteurs déjà connus et distribués au Québec et un quart d’écrivains à promouvoir et à soutenir. D’autres critères ont également été pris en compte, tels que les demandes spécifiques des organisateurs ou encore l’actualité et la disponibilité des auteurs.

En ce qui concerne les éditeurs, il a été demandé à l’Association des éditeurs belges ainsi qu’à Espace Livres & Création de sélectionner un éditeur parmi leurs membres.

Nos auteurs invités ont bénéficié d’une belle visibilité lors de leur séjour et ont participé à de nombreuses activités, tant dans le cadre du salon lui-même qu’en dehors. Des contacts ont été pris avec des diffuseurs et plusieurs éditeurs sur place. La coédition et les partenariats entre éditeurs semblent être le modèle à privilégier pour percer le marché québécois à un coût financier raisonnable.

Les auteurs ont donc eu l’occasion de rencontrer des éditeurs québécois qui se sont intéressés à leur production et qui sont susceptibles d’acheter les droits de certains ouvrages non distribués au Québec pour les republier. Il est encore un peu tôt pour connaître avec précision les résultats et les retombées de ce voyage en terme de collaboration.

La France a toujours eu tendance à assimiler nos auteurs de qualité. Cependant, de nombreux écrivains belges publiés à Paris et célèbres des deux côtés de la frontière, comme Thomas Gunzig, Armel Job ou Amélie Nothomb, assument clairement leur appartenance à la Belgique. C’est précisément cette fierté de ce que l’on est sans arrogance ni repli identitaire qui explique en partie, je pense, la reconnaissance de notre littérature à l’étranger. Ainsi observe-t-on, depuis quelques années, une évolution. S’il n’y a pas si longtemps, les auteurs avaient tendance à taire leurs origines belges, ils ont plutôt tendance à la proclamer et à s’en valoriser. C’est une bonne nouvelle.

De nombreuses actions ont été menées pour faire connaître la littérature belge à l’étranger. Le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris assure la vente d’ouvrages d’auteurs belges et programme des rencontres et animations littéraires. Il distribue également des livres d’écrivains belges en France. Le Service général des lettres et du livre de l’administration générale de la Culture assure aussi une présence des œuvres d’auteurs belges dans les principaux salons littéraires internationaux et envoie plus de vingt mille ouvrages par an dans les centres de littérature et les départements francophones d’universités à l’étranger. Il propose enfin toute une série d’outils promotionnels des lettres belges: répertoires d’auteurs, d’illustrateurs, sites internet, blogs, publications, etc. Bref, nos artistes jouissent d’une bonne promotion.

Isabelle Emmery  – Nos échanges démontrent, me semble-t-il, l’importance de la participation à ce genre de salon. Sans doute faut-il multiplier notre présence lors de ces événements afin d’ améliorer la promotion de nos lettres à l’étranger.

Les commentaires sont fermés