Stratégie 2025

Stratégie 2025

J’ai interpellé le  Ministre à la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de l’emploi et de l’économie concernant le premier bilan des grandes réalisations de la Stratégie 2025.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Cette semaine, vous avez eu l’occasion de présenter devant le Comité bruxellois de concertation économique et sociale (CBCES) les premiers résultats de la Stratégie 2025, qui vise à relever les défis sociaux et économiques de notre Région.

Les conclusions de cette présentation et les résultats obtenus sont véritablement encourageants. Je pense que l’une des raisons expliquant les résultats probants de ces 160 chantiers qui ont été lancés réside dans le fait que le gouvernement s’en est emparé avec la préoccupation d’une coordination politique importante.

Nous pouvons donc vous féliciter, ainsi que le gouvernement et le ministre-président, pour cette volonté de coordination des différents partenaires. En effet, quelque chose de concerté est toujours plus facile à rendre opérationnel.

Parmi les défis socio-économiques que notre Région doit relever, je citerai le secteur de l’Emploi, celui des jeunes en particulier. Les résultats sont perceptibles en la matière, puisque l’on compte 10.000 jeunes chômeurs. Le taux de chômage avoisine quant à lui les 17,5%. Ces données sont extrêmement encourageantes.

La politique de l’emploi n’en demeure pas moins une priorité qui nécessitera des efforts soutenus à l’avenir, en particulier pour notre jeunesse.

Les quelques questions que j’ai à vous poser concernant la communication que vous avez faite par rapport à ces premiers résultats de la Stratégie 2025 sont donc les suivantes. Vous avez évoqué une réforme des groupes cibles pour les adapter à notre réalité régionale. Vous annoncez aussi des mesures dans un délai relativement bref.

Quelles mesures réelles envisagez-vous ? Est-il déjà possible de nous donner une estimation des premiers contrats d’insertion subventionnés par la Région ? D’autres outils vont-ils consolider cette volonté de développer la garantie jeunes afin de doper l’emploi de nos jeunes ?

Enfin, vous avez réservé une place importante dans votre communication au fléau du dumping social en évoquant la création d’un groupe de travail pour déterminer les mesures à prendre. Étant donné que la concertation est centrale dans la méthodologie de la Stratégie 2025, les différents secteurs souffrant de ce fléau ont-ils été concertés ou invités à participer à ces groupes de travail ?

Didier Gosuin – De fait, la stratégie du gouvernement tranche avec l’actualité politique et sociale de ces dernières années, puisque nous avons privilégié la concertation. Et incontestablement, quand on se concerte avec l’ensemble des partenaires patronaux et syndicaux, on finit par arriver à des résultats qui créent des adhésions.

Autour de la Stratégie 2025, nous avons pu acter l’adhésion des partenaires patronaux et syndicaux. Ce n’est pas négligeable à un moment où les affrontements sont légion dans ce pays et paralysent une partie de l’activité économique. Cela nous a permis de mener une série de chantiers et de faire aboutir avant l’été des dispositions importantes. Notamment, nous aurons à connaître une refonte totale de tous les mécanismes de l’emploi – qu’on appelle groupes cibles – mais aussi une réforme totale de toutes les politiques de formation, puisqu’il y aura un plan quinquennal de formation, des notes sur la validation des compétences, les stages, les pôles formation-emploi, l’alternance… Tout cela ensemble, avec le souci de mettre en place des politiques croisées.

Je ne peux pas, à ce stade, vous dire quelles mesures phares seront dégagées, puisqu’elles sont aujourd’hui officiellement à la table du Conseil économique et social de la Région de Bruxelles-Capitale (CESRBC). Mais il vous suffira d’un peu de patience, car le gouvernement a bien pour objectif de finaliser ce dossier avant les vacances.

En ce qui concerne la garantie jeunes, les actions de promotion ont porté leurs fruits. Tous les jeunes qui sortent du circuit scolaire entrent désormais dans le système de la garantie jeunes, ce qui nous permet d’éviter les effets NEET (Not in Education, Employment or Training). Quant aux contrats d’insertion, le gouvernement a tranché et nous avons sélectionné 660 contrats d’insertion sur l’ensemble des plusieurs centaines de dossiers introduits. Alors qu’on nous avait prédit des difficultés à en avoir, on en a eu finalement beaucoup trop.

Bien sûr, ces 660 contrats ne seront pas tous octroyés le 1er juillet puisque c’est au fur et à mesure que ces jeunes qui ont rencontré des difficultés depuis leur inscription au chômage trouveront le chemin du contrat d’insertion. Les premiers contrats d’insertion vont être octroyés début juillet, conformément aux engagements pris.

Enfin, j’en viens au dumping social. Nous avons souhaité créer un groupe de travail, constitué au sein du Conseil économique et social et qui rassemble tant l’ensemble des partenaires que l’ensemble des secteurs. L’idée est de faire le point entre nous, mais d’aller également au-delà et de créer le cas échéant une plateforme interfédérale. En effet, comme je l’ai déjà dit en commission, un des grands problèmes que nous rencontrons est que si notre inspection de l’emploi dresse énormément de procès-verbaux, 95% de ces derniers, de l’avis même des inspecteurs, trouvent le chemin de la corbeille à papier, à l’instar de ce qui se passe pour les infractions routières. En effet, actuellement, la justice n’est pas en mesure de pouvoir les assumer. La lutte contre le dumping social, c’est aussi donner les moyens en aval à la justice afin qu’elle puisse poursuivre les infractions. Notre rôle se limite à constater, à dresser les procès-verbaux et à les transmettre. Ce qui se passe ensuite sort de notre champ de compétences.

Il est donc temps de sensibiliser tous les niveaux de pouvoir si on veut efficacement lutter contre le dumping social.

Isabelle Emmery – Le chiffre de 660 ouvertures de contrats est particulièrement encourageant. Bien sûr, ces contrats seront remplis progressivement. Nous devrons nous assurer d’une bonne communication vis-à-vis des jeunes se trouvant dans les conditions pour occuper ces contrats.

Pour le reste, nous resterons attentifs au groupe cible ainsi qu’en matière de dumping social. J’aurai sans doute l’occasion de revenir sur l’opération pilote que vous menez à Ixelles. Il s’agit d’une expérience vraiment intéressante.

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