Tests d’entrée en 1ère primaire

Tests d’entrée en 1ère primaire

J’ai interrogé la Ministre de l’Education  en séance plénière au sujet des « tests d’entrée » que certaines école primaires font passer aux enfants avant l’inscription en 1ère primaire.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – J’ai appris avec stupéfaction que certaines écoles faisaient passer des examens d’entrée pour le passage de la maternelle à la première année primaire afin d’attirer ce qu’elles considèrent être «de bons éléments». Ces évaluations porteraient sur diverses compétences, dont l’écriture, les mathématiques, la psychomotricité, ou encore la discrimination visuelle et auditive.

S’agissant d’enfants de six ans, nous ne pouvons être que choqués par ces pratiques. Mon groupe a toujours dénoncé les effets néfastes des sélections dans les cursus scolaires. Le Groupe central du Pacte pour un enseignement d’excellence a également dénoncé ces effets néfastes. À mon sens, il s’agit là d’une forme assez perverse et déloyale de concurrence entre les écoles et les réseaux. Nous parlons d’élèves de six ans pour un passage de maternelle en primaire! Il faut dénoncer ces pratiques et je dispose d’ailleurs de témoignages.

Madame la Ministre, aviez-vous connaissance de ces pratiques? Avez-vous eu écho de cas similaires en Fédération Wallonie-Bruxelles?

Quelles dispositions allez-vous prendre pour mettre fin à ces pratiques traumatisantes pour les enfants et scandaleuses pour les familles?

Marie-Martine Schyns, ministre de l’Éducation – Je n’ai absolument pas connaissance de ces pratiques. En tout cas, elles ne sont jamais remontées jusqu’à mon cabinet. Je les trouve tout bonnement scandaleuses. La circulaire définit très clairement les trois motifs pour lesquels une direction d’école peut refuser l’inscription d’un élève: le fait que l’élève n’ait pas atteint la limite d’âge requise, le manque de place en fonction des locaux disponibles – le nombre de places est à signaler chaque année à la Direction générale de l’enseignement obligatoire – et le refus des parents de signer le règlement d’ordre intérieur ou le projet pédagogique et éducatif de l’école.

Lorsque la direction refuse une inscription, elle doit remettre une attestation aux parents pour signaler le motif du refus. Seuls ces trois motifs sont valables. J’invite donc très clairement la personne qui vous a fait part de cette information à la déposer sous forme de plainte à la Direction générale de l’enseignement obligatoire, qui fera le nécessaire vis-à-vis de l’école concernée pour signaler que nous ne cautionnons pas ces pratiques. Vous avez raison d’affirmer que le Pacte d’excellence ne prévoit pas ce type de pratique. Le Pacte œuvre en faveur d’une école inclusive, qui accompagne l’élève à chaque étape de son apprentissage, sur la base d’un dossier d’accompagnement prévu dès son plus jeune âge, en vue de détecter ses forces, ses talents, mais aussi ses faiblesses et de le soutenir dans son parcours.

Isabelle Emmery – Ce Parlement sait ce qui est bénéfique pour notre système éducatif. J’entends donc bien que vous condamnez de telles pratiques. J’entends également qu’elles doivent être dénoncées, mais vous savez comme moi que cela s’avère souvent difficile pour les parents qui doivent affronter un pouvoir organisateur, lequel peut leur sembler être un adversaire trop imposant. Dans les cas de manque de places, ce genre d’examen pourrait être un moyen de contournement, c’est donc une pratique qui doit être dénoncée et qui reste problématique pour les individus.

 

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