L’avenir de PointCulture

L’avenir de PointCulture

J’ai interrogé en séance plénière la Ministre de la Culture concernant l’avenir de PointCulture.

Voici notre échange:

Mme Isabelle Emmery (PS). – La numérisation de notre société est en marche et le secteur de la culture n’échappe pas à ce phénomène. La Belgique compte un réseau de centres PointCulture dont les missions ont évolué au regard de ce phénomène technologique. Aussi simples qu’extraordinaires, ces services de prêt ont vu leurs missions se diversifier, l’accent étant progressivement mis sur la médiation. Nous en parlions lundi lors de la refonte de la législation sur les musées. Cette médiation est indispensable, tant entre les opérateurs culturels eux-mêmes, qu’entre ceux-ci et le public. Dès lors, nous assistons bien à une dématérialisation de ce service de prêt.

Pourtant, les responsables du réseau PointCulture affirment que les gens qui poussent la porte de ces centres le font majoritairement pour accéder au service de prêt. Cela révèle peut-être une incompréhension. Au-delà de cette dématérialisation, un terme a été mis à l’achat de médias, mais il est aussi question de supprimer l’un des deux discobus. L’annonce paraît brutale lorsqu’on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants dans ce domaine. En outre, il semble que les répercussions soient importantes pour le personnel.

Madame la Ministre, je m’associe à ma collègue pour vous demander quels sont les changements réels qui seront opérés et qui auront une incidence sur l’avenir de ce réseau PointCulture. L’annonce ayant été faite par la direction du réseau, j’aimerais savoir si vous avez eu un échange à ce sujet?
Ce changement s’inscrit-il bien dans le cadre de la politique que vous menez?
Qu’en est-il de l’avenir du personnel du réseau PointCulture qui représente 120 travailleurs?
Est-il question de licenciements?
De quelle manière ces changements seront-ils opérés?
Merci de bien vouloir nous rassurer.

Mme Alda Greoli, vice-présidente du gouvernement et ministre de la Culture et de l’Enfance. – Je vous rappelle que nous avons organisé des concertations avec les opérateurs du réseau PointCulture, de décembre 2017 à mai 2018. Comme nous, ces derniers faisaient le constat d’une évolution des mœurs quant à la fréquentation de ce que nous appelions les médiathèques. J’ai bien vu que cette question a fait naître chez vous une certaine nostalgie. Cela étant, il est important d’évoluer avec son temps, l’éveil culturel ne passant aujourd’hui plus uniquement par le service de location des médiathèques PointCulture.

Sur la base de ces constats, j’ai décidé de maintenir, pendant deux ans encore, la subvention de 7 millions d’euros allouée annuellement au réseau PointCulture. Le but est de permettre à ses opérateurs d’anticiper leur évolution. Madame Emmery, il n’est pas question que celle-ci passe par des licenciements. Par le biais d’un travail mené en collaboration avec les bibliothèques notamment, nous maintiendrons au contraire une série de lieux où il sera possible d’emprunter des livres ainsi que différents types de médias, entre autres musicaux. Ainsi, nous partageons avec les opérateurs de PointCulture la volonté de multiplier les collaborations avec les bibliothèques.

Ensuite, le réseau PointCulture veut se repositionner en tant qu’institution centrale de l’information, de la diffusion et de la médiation en matière culturelle, et ce, sur l’ensemble du territoire. Il n’est nullement question de faire concurrence aux centres culturels qui s’inscrivent dans la création, l’accompagnement, la diffusion et l’éducation permanente. Pour le réseau PointCulture, nous parlons bien d’information, de médiation et de facilitation de l’accès à la culture. Dans le cadre notamment de l’instauration du parcours d’éducation culturelle et artistique (PECA), cela permettra de développer de belles collaborations entre les centres culturels, les bibliothèques et les anciens centres PointCulture. Ceux-ci seront intégrés dans les bibliothèques au niveau du prêt du matériel. Déjà formé à la médiation, le personnel sur place pourra aussi apporter sa contribution lors des échanges avec les écoles.

Mesdames Moucheron et Emmery, les perspectives pour les centres PointCulture sont plutôt positives. J’évoquerai trois axes essentiels: collaboration avec les bibliothèques; lieux d’information, de médiation et de sensibilisation à l’ensemble de la culture sur le territoire de la Communauté française; lien avec les écoles en accord avec les autres opérateurs culturels de proximité.

(…)

Mme Isabelle Emmery (PS). – Madame la Ministre, je vous remercie d’avoir exposé le rôle et la future architecture du réseau PointCulture. Nous pouvons nous réjouir de la collaboration entre les opérateurs publics – qu’il s’agisse des bibliothèques ou des centres culturels qui ont d’ailleurs déjà développé de beaux partenariats –, mais aussi de la sensibilisation des écoles au volet culturel. Nous sommes rassurés quant à l’avenir du personnel et nous espérons qu’il sera suffisamment accompagné pour intégrer cette nouvelle structure. En effet, une nouvelle architecture suppose également une redistribution des compétences.

 

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