Commission de sélection des films

Commission de sélection des films

J’ai interrogé en commission la Ministre de la Culture concernant la sélection des projets de films soutenus par le biais de la Commission de sélection des films (CSF).

Voici notre échange:

Mme Isabelle Emmery  – Après avoir pris connaissance du communiqué transmis par le Centre du cinéma et de l’audiovisuel (CCA) à la fin du mois dernier, j’ai noté que l’année 2018 s’achevait sur une troisième session portant une moisson intéressante de 42 projets soutenus, à hauteur de 2,2 millions d’euros. Il s’agit de treize longs métrages, huit courts métrages, 18 documentaires de création et trois Films Lab – aussi dits expérimentaux – qui reçoivent des aides à l’écriture, au développement ou à la production. Le communiqué précise que près de 40 % des projets aidés sont portés par des femmes ce qui constitue un progrès positif.

Tant les thématiques abordées par ces différents projets que les auteurs concernés reflètent une belle diversité et des champs culturels particulièrement larges et passionnants. Une fois encore, j’y vois une preuve du bien-fondé de ce système d’aides mis en place et formalisé dans notre décret depuis 2011, mais aussi du grand professionnalisme et de la créativité de nos auteurs dont les œuvres sont saluées bien au-delà de nos frontières. Nous parlions tout à l’heure du manque de chauvinisme, alors ne boudons pas notre plaisir!

Madame la Ministre, la proportion des 40 % d’œuvres réalisées par des femmes est vraiment très encourageante. Pourriez-vous m’indiquer quelle est la proportion initiale de dépôt? Selon vous, la tendance à la hausse de projets retenus et portés par des femmes résulte-t-elle des mesures de suivi et d’accompagnement mis en œuvre? Si oui, cette tendance est-elle susceptible de se renforcer encore? Ne faudrait-il pas renforcer le dispositif par un plan d’action global, que j’ai déjà évoqué, à l’instar de ce qui se fait en Suède, en France ou encore en Espagne?

La commission vient d’adopter les accords de coopération avec des pays partenaires tels que le Chili, le Mexique, l’Uruguay, le Brésil. J’imagine que ces accords sont de nature à stimuler les coproductions.

Par contre, les perspectives liées au Brexit ont-elles un impact sur les projets soutenus? Si oui, lequel? Selon screen.brussels, il pourrait même y avoir là une opportunité à saisir. Partagez-vous cette analyse? À la suite de la mise en œuvre liée au récent décret, tirez-vous des enseignements particuliers du soutien à la dynamique de Films Lab, concernant les aides à l’écriture, au développement ou à la production? Profitant de cette question, j’aimerais également vous entendre sur l’état d’avancement des travaux du groupe de travail relatif au soutien à l’écriture.

Je suis aussi très sensible aux partenariats avec le monde de la culture et de l’éducation. Aussi souhaiterais-je obtenir des précisions sur ce qui est mis en œuvre pour renforcer ces partenariats. J’imagine que vous parlerez de l’opération «Cinéastes à l’école», des ciné-clubs dans les centres culturels, mais sans doute aussi de bien d’autres projets.

Je vous remercie d’avance pour les réponses que vous m’apporterez et qui s’inscrivent, une nouvelle fois, dans une logique de soutien efficace à la production cinématographique en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Mme Alda Greoli, vice-présidente du gouvernement et ministre de la Culture et de l’Enfance. – Les 173 dossiers déposés pour la troisième session de la Commission de sélection des films (CSF) en 2018 impliquent 193 réalisateurs et réalisatrices dont 123 sont des hommes, soit 64 %, et 70 sont des femmes, soit 36 %. Le pourcentage de femmes ayant déposé un dossier est en hausse de 3 % par rapport à la session de l’année précédente. Cette augmentation peut légitimement être liée au message politique que je soutiens pleinement et qui est relayé régulièrement par le CCA, aux séances organisées à destination des femmes pour encourager aux dépôts de projets de femmes dans le cadre du Fonds Fédération Wallonie-Bruxelles/RTBF pour les séries belges ainsi qu’au succès du Boost camp.

Par contre, il est encore un peu tôt pour espérer des concrétisations liées aux accords de coproduction récemment signés. Si le Brexit peut amener des sociétés anglaises s’établir à Bruxelles, son impact n’est pas mesurable tant que les conditions en demeurent en discussion. Entre un Brexit dur ou une autre forme, il est difficile de savoir où on va.

Madame la Députée, je perçois mal votre question concernant des enseignements particuliers que je pourrais tirer du soutien de la dynamique de Film Lab, les dernières modifications du décret «Cinéma» n’ayant pas eu d’impact sur le Film Lab. Si vous ciblez bien le Film Lab qui existe depuis de nombreuses années, celui-ci offre un cadre de création très libre et alternatif à nos talents. À ce titre, il doit être encouragé. Il s’agit d’une aide qui permet de soutenir des projets différents, parfois transversaux à plusieurs disciplines et qui se rapproche de la recherche et du développement.

Par contre, s’il s’agit de l’appel à productions légères, il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions, car les films soutenus lors de l’appel lancé en fin 2017 n’ont pas encore été tournés. Ils le seront probablement durant l’été 2019 puisqu’ils ont l’obligation d’être achevés pour la fin de l’année 2019.

À ce stade, je peux déjà dire qu’il s’agit d’un succès: de nombreux projets ont été déposés tant à la fin de l’année 2018 qu’en ce début d’année 2019. Ces projets se classent souvent dans des genres que l’on voit trop rarement en commission de sélection, tels que des comédies ou des buddy movies, et sont soumis par des professionnels provenant d’horizons artistiques très variés, ce qui n’est pas toujours le cas dans le circuit d’aide classique.

À ma demande, le groupe de travail relatif au soutien à l’écriture a poursuivi ses réflexions pour aboutir à une proposition de nouveau système d’aide à l’écriture et au développement, validé par le comité de concertation du CCA en décembre 2018. Ce système devrait permettre à la Fédération Wallonie-Bruxelles de rester concurrentielle sur les marchés internationaux et aux scénarios d’être suffisamment travaillés avant d’être lancés en production. Cette réforme doit naturellement être traduite dans le décret. J’ai demandé à mon administration de s’y atteler.

Je partage votre intérêt pour les passerelles entre les mondes de l’éducation et du cinéma. J’ai lancé en 2018 une version améliorée de Laplateforme.be. Par ailleurs, l’opération »Cinéastes en classe» se poursuit: 28 cinéastes sont intervenus lors de 55 rencontres organisées avec les élèves d’écoles de la Communauté française. 98 professionnels ont fait part de leur disponibilité pour se rendre dans les écoles et faire connaître leur métier. Le Prix des lycéens du cinéma reprendra, quant à lui, dans les écoles secondaires de la Communauté française au deuxième semestre de l’année 2019. La remise des prix sera organisée au premier semestre de l’année 2020. Enfin, le parcours d’éducation culturelle et artistique (PECA) devrait, à terme, faire la part belle au cinéma. J’ai demandé à mon administration de lister les opérateurs susceptibles d’intervenir dans les écoles dans ce cadre.

Mme Isabelle Emmery  – Pouvez-vous indiquer la proportion initiale du dépôt des dossiers par les femmes, le résultat final étant 40 % des dossiers retenus?

Mme Alda Greoli – 36.

Mme Isabelle Emmery  – C’est très bien, je vous remercie.

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