Enqûete sur les stages des étudiants

Enqûete sur les stages des étudiants

J’ai interrogé la ministre de l’Enseignement supérieur au sujet des résultats de l’enquête “Stage” de la FEF.

Voici notre échange:

Mme Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, la Fédération des étudiants francophones (FEF) vient de rendre publics les résultats de l’enquête sur les stages qu’elle a réalisée auprès d’étudiants de l’enseignement supérieur dans différents types d’établissements. Les constats très intéressants et interpellants dressés dans le cadre de cette enquête donnent lieu à des recommandations de la FEF. Parmi celles-ci, toute une série de revendications concernent l’aspect organisationnel, tandis que d’autres portent sur l’accompagnement des stages et leur évaluation ou encore sur des questions d’ordre économique. Les stages coûtent cher aux étudiants (transport, logement, matériel parfois très coûteux). Ce coût élevé est interpellant quand on connaît les problèmes de précarité des étudiants.

L’enquête révèle par ailleurs qu’un tiers des étudiant(e)s interrogés ont été victimes de harcèlement sur leur lieu de stage. Les recommandations vont dans le sens de la création d’un espace de dialogue et de l’accompagnement.

Madame la Ministre, je suppose que vous avez eu connaissance du cahier de revendications de la FEF. Je pense qu’il faut réagir rapidement à certains problèmes très préoccupants, notamment celui du cercle vicieux de la précarité des étudiants et celui du harcèlement.

Quelles mesures envisagez-vous de prendre à très court terme?
J’aimerais également recueillir vos réactions sur l’ensemble des revendications.

Mme Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de Bruxelles. – Je remercie Madame la Députée Emmery pour sa question très importante à propos de l’enquête de la Fédération des étudiants francophones (FEF) sur les stages en milieu pédagogique, mais aussi dans le paramédical et le médical.

En ce qui concerne ce dernier secteur, on sait que ces stages s’inscrivent dans un contexte particulier, puisque la filière des infirmiers en milieu hospitalier est en crise, comme en atteste la baisse des inscriptions dans les études d’infirmier avec 9 % d’inscrits en moins à la dernière rentrée académique. Cette situation appelle des réponses diverses qui ne se limitent pas seulement à la formation. Nous avons déjà eu l’occasion de discuter ici de la remise en question de la double formation pour les soins infirmiers.

Plus globalement, lors d’un stage, une convention est signée entre la haute école, d’une part, et le lieu de stage, d’autre part, un établissement hospitalier par exemple. Une assurance est contractée pour le stagiaire pendant toute la durée du stage. Au début de mon mandat, j’ai rencontré l’Union générale des infirmiers de Belgique (UGIB) et je compte aussi rencontrer prochainement les étudiants du collectif ARCA sur ce sujet. Lors de cette rencontre, on m’a expliqué qu’en cas de problème, c’est à la haute école qu’il appartient de prendre contact avec le personnel infirmier de l’établissement et la direction pour tenter d’y remédier.

Le nombre de cas de harcèlement signalés est interpellant et je compte mener une réflexion à ce sujet avec l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), les représentants des associations interprofessionnelles, mais aussi le fédéral et la Région wallonne, car seul un décloisonnement permettra d’apporter une réponse adéquate à cette problématique.

Votre question concerne aussi la précarité étudiante au sens large. Les stages entraînent en effet des coûts importants pour les étudiants. Je pense qu’il faut apporter ici une réponse globale, par exemple par le biais d’une augmentation de l’allocation d’études, d’autant qu’il s’agit d’une priorité de la Déclaration de politique communautaire (DPC). Une autre manière d’aborder ce problème sera la question des subsides sociaux qui peuvent être attribués par les établissements. La voie étudiée est d’aligner les subsides sociaux qui sont octroyés aux hautes écoles sur le modèle des subsides sociaux octroyés aux étudiants dans les universités. Vingt millions d’euros ont été dégagés à cette fin à l’horizon 2022.

Reste la question du logement étudiant, dont le coût peut représenter jusqu’à la moitié du coût total d’une année d’études. J’ai déjà pris des rendez-vous pour discuter de cette question avec mes collègues des entités régionales afin de dégager une piste de solution, principalement pour les étudiants kotteurs.

Mme Isabelle Emmery  – Dans le secteur médical, il en va de la continuité de la filière et de ses débouchés. J’entends votre volonté d’obtenir les contacts nécessaires avec les hautes écoles et les différents représentants, mais je crois que le cahier de revendications et de recommandations de la FEF cherche aussi des réponses plus globales. Il n’y a pas lieu de se limiter à une simple relation entre l’école et le milieu de stage, mais il convient d’avoir une vision plus globale et cohérente. Les solutions doivent être les mêmes pour toutes et tous.

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