Evolution du museumPASSmusées

Evolution du museumPASSmusées

J’ai interrogé en commission la Ministre de la Culture concernant l’évolution du museumPASSmusées.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, au début du mois de février, la France a lancé sa première phase d’expérimentation du PASS Culture, à laquelle plus de 10 000 jeunes vont participer. Il y a quelques semaines, vous aviez répondu, en réunion de commission, à une question sur l’examen d’une transposition de ce dispositif en Fédération Wallonie-Bruxelles. Vous aviez rappelé votre attachement aux associations actives dans le secteur de l’éducation permanente et à la médiation culturelle pour faire venir les publics à la culture. Je partage votre point de vue. Lors de cet échange, vous avez rappelé l’existence du museumPASSmusées, instauré par les communautés française et flamande. Ce pass offre un éventail très large d’accès aux musées dans toute la Belgique, ce dont je me réjouis.

Quelles sont les propositions de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faciliter l’accessibilité financière de ce dispositif, en particulier aux familles? Si des musées appliquent un tarif préférentiel pour les moins de cinq ans, de nombreuses institutions appliquent néanmoins des tarifs qui représentent un frein à l’accessibilité culturelle. Plaidez-vous pour une déclinaison familiale de ce PASS ? Pouvez-vous nous donner les tendances des fréquentations des musées de la Fédération Wallonie-Bruxelles via ce PASS? Enfin, pour reprendre vos propos, quelles initiatives avez-vous prises concernant les aspects liés à la mobilité et à la réduction des coûts de transport vers les lieux culturels?

Alda Greoli, vice-présidente du gouvernement et ministre de la Culture et de l’Enfance – Le contenu de votre question m’amène à rappeler quelques éléments en guise de préambule. S’il est exact que Sven Gatz et moi-même avons soutenu le lancement du museumPASSmusées dans le cadre de l’accord de coopération pour la culture établi entre les deux Communautés, ce projet n’est pourtant pas le fruit de notre initiative. Le développement de ce projet résulte du secteur, et de lui seul. L’ensemble du secteur muséal belge a réfléchi et mis sur pied ce projet en créant une coopérative spécifique. Apolitique, cette dernière n’est demandeuse d’aucune subvention structurelle à l’heure actuelle.

J’en viens à votre question. La Communauté française n’émet pas de proposition de tarif préférentiel dans le cadre de la mise en œuvre du museumPASSmusées, car ce n’est pas son projet. Toutefois, la coopérative gestionnaire réfléchit actuellement à la déclinaison de plusieurs tarifs pour des publics ciblés. À son niveau, la Communauté française peut agir sur la politique culturelle, et notamment l’aspect tarifaire, des seules institutions qu’elle subventionne à travers les différents décrets qu’elle adopte. En tenant compte de cet aspect, et dans le cadre d’une concertation, le projet de réforme du secteur muséal vient d’être adopté en première lecture.

Les musées auront l’obligation de développer des tarifs adaptés au public scolaire et aux publics socialement et culturellement diversifiés. En fonction de leurs réalités et de leur contexte, ils déclineront des tarifs à partir de cette obligation. Il s’agit d’une mesure unique, significative dans le secteur culturel et qui vient renforcer les efforts déjà consentis par le secteur muséal. En toute franchise, aller au-delà mettrait sans doute en péril la viabilité de nos musées.

Enfin, sans exemple concret de votre part concernant les tarifs qui pourraient constituer un frein, je ne peux pas vous apporter davantage d’éléments de réponse. Je me limiterai à vous signaler que la mise en œuvre d’un tarif plus élevé résulte souvent des coûts de montage d’une exposition temporaire. En conséquence, ce type de tarif pratiqué exceptionnellement s’explique ainsi et se justifie en l’espèce.

À ce stade, les chiffres exacts de la fréquentation ne sont connus que de la seule coopérative gestionnaire. N’étant pas soutenue structurellement par la Communauté française, elle ne se trouve pas dans l’obligation de procéder à des retours d’informations réguliers. À ce sujet, vouloir tirer un premier bilan est de toute manière prématuré, même si les 44 000 premiers PASS vendus constituent un premier signe très positif.

Par ailleurs, je confirme avoir bien établi une corrélation entre la mobilité, l’éducation et les tarifs pratiqués pour développer mon propos sur la fréquentation des musées. Pour autant, je ne peux toutefois agir que dans le simple périmètre de mes compétences. N’étant pas ministre de la Mobilité, je ne peux pas prendre seule des initiatives dans ce domaine.

Isabelle Emmery – Madame la Ministre, je vous remercie et prends bonne note de vos éléments de réponse.

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