Fermeture du Barlok

Fermeture du Barlok

J’ai interrogé le  Ministre-Président sur la fermeture du Barlok et la création d’un guichet ‘occupation temporaire’.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Le Barlok, lieu culturel alternatif bruxellois, a ouvert ses portes en 2014. Il occupait de façon temporaire un bâtiment appartenant à Bruxelles Environnement, le long du canal, face à Tour & Taxis. Cette salle de concert autogérée a réussi à rassembler tout ce que Bruxelles compte comme artistes marginaux, hors normes ou presque. 

En difficulté financière, les responsables du Barlok ont lancé, l’été dernier, un appel à financement participatif afin de pouvoir payer les fournisseurs, assurer la maintenance, la logistique, etc. Cependant, la somme récoltée n’a pas suffi à assurer la survie du lieu. 

Le manque d’argent n’est néanmoins pas seul en cause. La Région avait en effet averti les responsables qu’elle mettrait un terme à l’occupation pour le printemps prochain et il semblerait que les pressions des pouvoirs publics pour accélérer la fermeture se soient accentuées depuis quelques mois, notamment à la suite de plaintes de voisinage. Le Barlok a donc annoncé sa fermeture il y a quelques semaines. 

Si l’on peut bien sûr comprendre les crispations des riverains, force est de constater que ce type d’endroit fonctionne et que le public et les artistes répondent présents. En cinq ans, le Barlok a organisé une trentaine de concerts par mois, ce qui représente un total de 300 groupes et de 13.000 spectateurs par an. Quelque 3.600 artistes s’y sont produits depuis ses débuts en 2014. 

En outre, notre déclaration de politique générale indique que « le gouvernement facilitera (réglementairement et pratiquement) les plans de gestion transitoire et les occupations temporaires, notamment par la création d’un guichet « occupation temporaire » visant à simplifier l’accès à l’information et à aiguiller tout porteur de projet d’occupation temporaire ».

Quelle place la scène alternative peut-elle occuper à Bruxelles ? Des lieux adaptés ont-ils été recensés ? 

Le guichet « occupation temporaire » correspondrait sans doute parfaitement à des besoins comme ceux engendrés par la situation du Barlok. Pouvez-vous me dire si vous disposez, à ce stade, de plans plus précis et éventuellement d’un calendrier pour sa mise en place ? Je sais qu’il existe une structure au sein de perspective.brussels, mais j’ignore dans quelle mesure elle est opérationnelle et répond aux besoins existants. 

On peut supposer que les responsables du Barlok investiront prochainement un autre lieu. Avezvous été contacté personnellement à ce sujet ? Un accompagnement est-il prévu si le guichet « occupation temporaire » n’est pas encore opérationnel ? 

Enfin, combien de lieux culturels alternatifs temporaires notre capitale compte-t-elle actuellement ? 

M. Rudi Vervoort, ministre-président.- Je partage votre point de vue sur la fermeture du Barlok qui, bien qu’elle se soit faite en bonne entente entre l’asbl et Bruxelles Environnement, reste une mauvaise nouvelle au vu du succès rencontré par cette structure et son apport indéniable à la vie culturelle de notre Région. 

Vous faisiez le lien avec la mise en œuvre du point de programme de la DPG visant la création du futur guichet « occupation temporaire ». Perspective.brussels et citydev.brussels ont été missionnées pour développer une nouvelle vision de l’occupation temporaire à Bruxelles et proposer un plan d’action dans lequel sera développée l’idée du guichet ou d’une plate-forme d’acteurs facilitant la dynamique. 

Les réflexions sont en cours. Une charte de l’occupation temporaire entre acteurs publics est également en cours d’élaboration. Une note exploratoire devrait nous parvenir à la rentrée 2020. Cette note permettra de baliser les contours de cette nouvelle mission et de définir le calendrier de sa mise en place détaillant, entre autres, toutes les modalités afférentes au guichet « occupation temporaire ». 

Quant à la place qu’il reste pour la scène alternative à Bruxelles, je peux difficilement vous répondre. Une scène alternative existe indubitablement à Bruxelles. Il n’existe cependant pas de recensement officiel des lieux alternatifs. Par essence, un lieu alternatif est un endroit créé spontanément pour répondre à un besoin imprévu. On pourrait imaginer qu’il soit confié au futur guichet le soin de recenser les occupations temporaires à Bruxelles, comprenant les activités culturelles dites alternatives. 

Toutefois, veuillez noter que perspective.brussels dispose d’un recensement plus large de l’offre culturelle à travers l’outil spots.brussels, qui permet de se faire une idée du maillage culturel et socioculturel sur le territoire et d’encourager certaines pratiques dans les projets en développement. 

Perspective.brussels a également mis sur pied la task force équipements, afin de répondre à des demandes de relocalisation ou d’implantation d’équipements culturels et autres. La plate-forme travaille tant sur la planification des projets pérennes que sur les demandes d’offres temporaires, et ce, dans l’attente de la mise en place du guichet ad hoc. D’après mes informations, la task force n’a pas encore été saisie par les responsables du Barlok pour les accompagner dans la recherche d’un nouveau lieu. Nous les invitons bien sûr à le faire s’ils le souhaitent. 

Isabelle Emmery – Une culture émergente peut constituer un intérêt évident pour Bruxelles. Pour que cette culture puisse vivre, une attitude bienveillante des pouvoirs publics est importante, notamment en matière de lieux d’accueil. Le recensement via perspective.brussels ainsi que la création d’un guichet unique avec la collaboration de citydev.brussels sont d’excellentes initiatives. 

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