Fonds FWB-RTBF pour les séries

Fonds FWB-RTBF pour les séries

J’ai interrogé en Commission la Ministre de la Culture concernant la pérennité du fonds des séries et réflexion sur le relèvement des barèmes pratiqués.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery  – Atout majeur de la création audiovisuelle francophone belge, le Fonds FWB-RTBF pour les séries belges est incontestablement un succès. En 2017, un montant record de 5,3 millions d’euros a été engagé. Il rassemble des ressources créatives, culturelles et financières pour parvenir à produire ces séries locales qui font émerger des talents et attirent l’attention bien au-delà de nos frontières. Nous nous en réjouissons et soulignons, entre autres, la diversité, mais aussi la récurrence de certaines séries qui s’illustre par le tournage d’une seconde saison à l’instar, par exemple, de «La Trêve» ou «Ennemi public».

Il importe surtout de progresser vers l’objectif de diffusion de telles séries sur la RTBF tout au long de l’année. En revanche, la question de la rémunération des comédiens et techniciens constitue une vraie difficulté à absolument prendre en compte.

À de nombreuses reprises, d’ailleurs, nous avons abordé tout l’enjeu de l’émergence d’un modèle économique durable intégrant les impératifs de rémunération juste des travailleurs contribuant à la création de ces séries. Que ce soit dans la discussion sur le contrat de gestion de la RTBF ou encore lors du dernier bilan du Centre du cinéma et de l’audiovisuel (CCA), ces questions ont été abordées sans tabou et en tentant de trouver l’équilibre indispensable. Comme précisé sur le site du CCA: «Afin de mieux répondre à la réalité de la production des séries, les plafonds des budgets de production ont été rehaussés depuis août 2016 à 275 000 euros par épisode pour la saison 1 et à 330 000 euros par épisode pour la saison 2.» Sous certaines conditions, ces plafonds pourront encore être augmentés respectivement de 20 % et 30 % pour les saisons 1 et 2.

Des avancées ont donc pu être obtenues. Si chacun reste conscient qu’il faudrait aller plus loin, la limite de la viabilité économique sur un marché ultra-concurrentiel reste une contrainte à prendre en compte, sous peine de fragiliser cette magnifique dynamique. Concrètement, il semblerait d’ailleurs qu’il soit particulièrement compliqué de trouver davantage de moyens pour produire une série, a fortiori s’il n’y a pas de préachat par des chaînes étrangères. Or, dépendre de ceux-ci constituerait en soi une menace pour le développement à long terme du système qui doit être finançable dans l’enveloppe fixée.

Il importe donc de maintenir le dialogue pour avancer de manière constructive dans l’intérêt de tous et surtout de la production audiovisuelle francophone belge qui conquiert des publics de plus en plus importants – dont je suis – et qui répond à un réel besoin culturel.

Madame la Ministre, j’en viens à mes questions: où en sont les discussions avec les professionnels sur la question?
Quels sont les critères retenus pour une éventuelle augmentation du plafond de coproduction?
Avez-vous, le cas échéant, plus d’informations à nous communiquer sur le phasage dans le temps des futures augmentations des barèmes des travailleurs?
Pouvons-nous connaître votre réflexion en la matière?

Alda Greoli, vice-présidente du gouvernement et ministre de la Culture et de l’Enfance. – Votre question m’étonne, parce qu’elle n’est pas jointe à celle de Mme Moucheron. J’ai donc préparé deux réponses distinctes…

Les discussions avec les professionnels reprendront le 5 février 2019, lors de la prochaine réunion du comité d’accompagnement organisé par le Centre du cinéma et de l’audiovisuel (CCA). Ce comité réunit des représentants de la RTBF, du CCA et des associations professionnelles. L’objectif est toujours de s’entendre sur un système qui permettrait au producteur qui en est capable de financer sa série au-delà des plafonds existants, tout en conservant un système budgétaire contraint, garant du bon fonctionnement du modèle.

Actuellement, si un producteur souhaite déroger au plafond fixé, il doit démontrer, d’une part, sa nécessité de disposer de budgets plus importants pour des raisons liées à certains coûts (décors, effets spéciaux…) et, d’autre part, lors de la phase d’agrément administratif, sa capacité à avoir pu rassembler les financements nécessaires. En effet, même si le plafond augmente, la contribution du fonds FWB-RTBF pour les séries belges ne varie pas.

Concernant le phasage dans le temps de la potentielle augmentation de barèmes, les discussions reprendront également au mois de février. L’administration espère pouvoir les clôturer rapidement, afin d’apaiser certaines craintes du secteur et en particulier du personnel. Le CCA et la RTBF travaillent étroitement dans le cadre de ce dossier, tant pour la sélection des projets que pour leur suivi et la formalisation des modalités d’utilisation des budgets. Mais le fonds est récent et doit encore faire ses maladies de jeunesse, même s’il progresse très rapidement et de façon efficace. Les séries télévisées qui seront produites en 2019 devraient apporter de nouveaux enseignements, qui permettront de nourrir la réflexion sur l’évolution du fonds FWB-RTBF pour les séries belges.

Isabelle Emmery  – Ce fonds tout récent est en pleine conception. Nous attendrons les résultats des discussions globales comme spécifiques sur les questions des plafonds et des barèmes. Nous sommes sur la bonne voie, semble-t-il.

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