Harcèlement dans le supérieur

Harcèlement dans le supérieur

J’ai interrogé la ministre de l’Enseignement supérieur au sujet du harcèlement au sein des établissements de l’enseignement supérieur et sur les lieux de stage des étudiants.

Voici notre échange:

Mme Isabelle Emmery – Madame la Ministre, l’ULB a récemment lancé son nouveau plan «Diversité». Nous découvrons, parmi les diverses mesures annoncées, la création d’une cellule spécialisée pour renforcer la lutte contre tous les harcèlements sexiste, sexuel et moral sur les campus universitaires. Cette cellule prendra notamment en charge l’accueil des étudiants. Ceux-ci auront l’occasion de signaler leurs problèmes à au moins une personne indépendante du corps académique. Cette excellente initiative vise à libérer la parole des étudiants. Ce plan prévoit aussi des actions de sensibilisation afin que les étudiants connaissent leurs droits, ainsi que les outils à leur disposition.

Les universités prennent des initiatives pour combattre le harcèlement. Ces actions sont très positives. Pourriez-vous me dire si de tels plans sont en discussion au sein des hautes écoles et des écoles supérieures des arts (ESA)? La création prochaine d’une commission spécifique au genre au sein de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), comme le demandait une proposition de résolution déposée par le PS durant la précédente législature, me semble un espace de discussion idéal afin de faire percoler les différentes pratiques au sein de tous les établissements d’enseignement supérieur.

Par ailleurs, votre cabinet a-t-il lancé des réflexions visant à combattre tous les types de harcèlement? Des mesures concrètes sont-elles à l’ordre du jour? Cette question me donne également l’opportunité de revenir sur celle des stages. En effet, dans le rapport de la Fédération des étudiants francophones (FEF), il apparaît qu’un nombre important d’étudiants sont victimes de harcèlement lors de leur stage. En fin d’année, vous aviez annoncé qu’une analyse était menée à ce sujet avec l’ARES, les représentants des associations interprofessionnelles et les autres niveaux de pouvoir. Vous aviez également demandé à l’ARES de se prononcer au sujet du renforcement du cadre légal des stages. Des pistes vous ont-elles déjà été présentées? Si oui, pourriez-vous les décrire? Comptez-vous prendre des mesures pour l’encadrement des stages, vu les différents témoignages?

Mme Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de Justice, de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de Bruxelles – Madame et Monsieur les Députés, plusieurs établissements d’enseignement supérieur ont lancé des campagnes de sensibilisation dans le but de lutter contre le harcèlement sous toutes ses formes. Ces universités mettent en avant l’aide qu’elles peuvent proposer aux étudiants victimes de harcèlement, par la création de cellules spécifiques. Ces établissements veulent également prendre des mesures pour éviter de nouvelles situations de harcèlement dans l’enseignement supérieur.

La plupart des établissements d’enseignement supérieur proposent déjà un accompagnement individuel et confidentiel pour veiller au bien-être de la population étudiante. Les personnes concernées trouveront des informations utiles sur les sites internet des établissements. Je me suis aussi interrogée sur le fait que l’article du journal «Le Soir» ne fasse pas mention de mesures prises par les hautes écoles et les ESA. Une première recherche empirique nous a permis de constater que plusieurs ESA et hautes écoles proposent déjà des mesures.

Toutefois, nous avons voulu travailler de manière plus systématique. C’est pourquoi j’ai rencontré les représentants du réseau Genre & ESNU (enseignement supérieur non universitaire), afin de comprendre quelles seraient les mesures les plus pertinentes à mettre en œuvre pour mener à bien la lutte contre le harcèlement. Ceux-ci se sont montrés favorables à la création d’une commission permanente sur le genre au sein de l’ARES, à laquelle ils pourraient être associés. Pour le moment, il est vrai, l’action est centrée sur les universités.

J’ai demandé à l’ARES de se positionner sur cette proposition. Mon intention est de trouver une réponse structurelle au problème du harcèlement, sur la base des recommandations du secteur, des universités, des hautes écoles et des ESA. En février, la FEF présentera son rapport sur le harcèlement dans l’enseignement supérieur à la Commission vie étudiante, démocratisation et affaires sociales (CoVEDAS). Je rencontrerai sa présidente la semaine prochaine et nous évoquerons cette question.

(…)

Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, je salue votre préoccupation d’aller audelà des universités et de tenir compte également des hautes écoles et des ESA. Je salue, en outre, l’importance que vous accordez au rôle de cette commission sur le genre au sein de l’ARES qui pourrait, en effet, apporter des solutions à la question du harcèlement.

Par contre, je vous ai peu entendue sur la question des stages. Je faisais état d’une réflexion en cours à l’ARES quant à l’encadrement demandé par la FEF, eu égard aux témoignages dont elle dispose. Avez-vous une information complémentaire à nous donner?

Valérie Glatigny – J’ai omis de vous signaler qu’il a été demandé à l’ARES de réfléchir au renforcement du droit du travail dans les conventions de stage. Nous attendons la réponse.

Isabelle Emmery  – Dans ce cas, je vous interrogerai ultérieurement sur ce point.

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