La colonisation enseignée en FWB

La colonisation enseignée en FWB

En séance plénière du Parlement, j’ai interrogé la ministre de l’éducation au sujet de sa décision de rendre obligatoire et systématique l’histoire du Congo.

Voici mon intervention:

Mme Isabelle Emmery  – Les événements récents nous ont durement rappelé combien le racisme et les discriminations sont omniprésents dans notre société. Ces faits intolérables doivent être combattus sans relâche. Les gouvernements de toutes les entités, fédérales, régionales et communautaires, disposent de nombreux instruments pour mener la lutte. Cependant, il me semble fondamental de traiter le problème à la racine. Un des outils les plus importants à cet égard est l’éducation. Les enfants doivent être sensibilisés à l’existence des discriminations et à l’histoire de notre pays, tout au long de leur cursus pédagogique.

Madame la Ministre, vous avez répondu positivement à l’appel des citoyens et vous vous êtes engagée à intégrer, de manière obligatoire et systématique, cette partie de l’histoire de notre pays, l’histoire du Congo, de sa colonisation et de son indépendance tout au long du cursus. Il est inconcevable que les élèves ignorent ce pan de l’histoire à l’issue des études secondaires. Vous vous apprêtez à élaborer ces référentiels très prochainement. Comment les concevez-vous? Qui sera chargé de la rédaction? À quels experts ferez-vous appel? Certes, cette matière doit faire partie du cursus, mais peut-être faudrait-il aussi envisager d’autres mesures pour lutter contre les discriminations. J’aimerais vous entendre à ce sujet.

Mme Caroline Désir, ministre de l’Éducation. – À l’heure actuelle, les programmes ne couvrent pas tous l’histoire de la colonisation au Congo. Cette histoire apparat dans certains programmes du troisième degré de l’enseignement secondaire, général, technique ou professionnel, mais pas dans tous! Je me dois d’y remédier dès à présent.

Comme le prévoit la Déclaration de politique communautaire (DPC), les nouveaux référentiels du tronc commun, en cours de finalisation, aborderont de manière systématique et obligatoire, dans tous les réseaux et tous les programmes, la colonisation belge en Afrique comme partie intégrante de l’histoire de la Belgique. C’est une nouveauté! Cette question sera aussi étudiée de manière plus approfondie, car les attendus des référentiels seront beaucoup plus détaillés.

Par contre, les référentiels de l’enseignement secondaire supérieur, qui suit le tronc commun, ne sont pas encore en cours d’élaboration. C’est pourquoi j’ai demandé à mon administration de créer un groupe de travail pour formuler des balises à l’attention des futurs rédacteurs de ces référentiels, pour répertorier les outils pédagogiques existants, identifier les bonnes pratiques et combler les lacunes.

Nous avons besoin de l’apport de la société civile et nous devons nous entourer des chercheurs qui sont à la pointe. Une multitude de chercheurs universitaires a travaillé sur la colonisation et peut nous fournir des ressources. Il reste donc un important travail à effectuer pour le cursus des élèves entre 15 et 18 ans, période durant laquelle la matière sera encore approfondie. Depuis le début de la législature, le gouvernement a la volonté de réaliser ce travail.

(…)

Mme Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, je salue la volonté politique que vous avez réaffirmée à l’occasion de ces questions d’actualité. Vous vous engagez dans une méthodologie très intéressante. Cette dernière ne part pas d’une page blanche puisqu’il y a un inventaire à réaliser et que vous ne pouvez pas faire fi de la matière existante, des débats qui ont eu lieu et des conclusions qu’il faut en tirer. Je salue aussi votre volonté d’ouverture à la société civile. Vous parlez de chercheurs de pointe. Si vous rassemblez l’ensemble des forces vives dans le cadre de ce dossier, vous aurez fait œuvre utile et apporté votre pierre à l’édifice, pour cette lutte que tous les démocrates soutiennent afin de construire une société plus juste et meilleure.

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