Le Boost Camp

Le Boost Camp

J’ai interrogé la Ministre de la Culture sur les résultats obtenus et la mobilisation à poursuivre en faveur du développement de projet de films réalisés par des femmes en FWB – Boost camp, l’après 2017.

Voici ma question:

Madame la Ministre,

Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer ce beau projet, intitulé « boost camp », qui consiste à soutenir le développement de projets de films réalisés par des femmes.

En effet, suite au constat posé lors du bilan du Centre du cinéma, il est apparu nécessaire d’identifier les freins et les leviers à actionner pour réduire l’écart observé en la matière entre les projets portés par des réalisatrices et ceux portés par des réalisateurs. Et ceci alors que, comme dans d’autres domaines, les étudiantes et les diplômées sont aussi nombreuses que leurs collègues masculins.
Les temps de développement sont plus longs, la mise en réseau semble plus compliquée et les budgets des films de femmes restent plus bas que la moyenne.

Sans doute en conséquence, la présence des films de femmes en festival est également moindre et, partout dans le monde et en Europe, des réactions s’organisent pour contrer cette discrimination de fait.

Aussi, chez nous également certain.e s ont pris leurs responsabilités et développé une initiative positive afin de soutenir concrètement 4 projets de réalisatrices (en l’occurrence Sandra Fassio, Eve Duchemin, Rose Denis et Zoé Wittock), sur les 22 candidatures reçues.

Trois semaines de travail intensif se sont donc déroulées au cours de l’année (en mars, en juin et en novembre) et la clôture a eu lieu le 17 novembre dernier.

Me semblant une démarche particulièrement intéressante, je souhaite pouvoir analyser son prolongement et ses impacts positifs possibles.

Aussi Madame la ministre, je voudrais vous demander :
• Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
• Avez-vous rencontré le comité de pilotage de l’initiative et quels sont les résultats des échanges avec ses membres ?
• Comment améliorer, le cas échéant, la participation et la visibilité de cet évènement ?
• Quel soutien la FWB a-t-elle d’ores et déjà accordé ?
• Quelles mesures concrètes allez-vous prendre pour soutenir cette démarche sur le long terme ainsi que, à l’avenir, les réalisatrices primées ?
• Sont-elles déjà intégrées dans l’opération cinéaste en classe ?
• A votre connaissance, y a-t-il une volonté et des perspectives de mise en réseau de cette initiative au plan européen et/ou international ? Notamment au vu des partenaires de l’expérience.

Je vous remercie pour vos réponses.

La réponse de la Ministre:

Comme vous le savez, le Centre du Cinéma accorde une importance particulière à la nécessité d’aider les films de réalisatrices à faire leur chemin; lors du dernier Bilan du CCA, il avait été démontré, chiffres à l’appui que si peu de films de femmes sont soutenus, c’est surtout car peu de projets de femmes sont déposés. Il importait donc de tenter de remédier à cela et notre première action a été de soutenir le Boost camp dès sa mise en place début 2017.

A ce jour, l’expérience semble concluante: les réalisatrices sont très positives sur l’accompagnement dont elles ont pu bénéficier, à la fois en écriture mais également, avec leurs productrices, en production, mise en marché et distribution.

A la suite du Boost camp, deux des 4 projets ont reçu une aide (aide à l’écriture du CNC (Centre National du Cinéma et de l’Image Animée) pour Eve Duchemin et aide au développement du CCA pour Sandra Fassio). On ne peut évidemment faire un lien direct entre le Boost camp et l’attribution de ces aides mais il est probable que l’accompagnement dont elles ont fait l’objet a permis d’accélérer et d’améliorer le développement de ces projets et leurs chances auprès des guichets sélectifs.

J’ai chargé le Centre du cinéma de suivre l’évolution du Boost camp. En tant que bailleurs de fonds, le Centre du Cinéma est associé régulièrement aux échanges, comme ce fut le cas avec la séance de débriefing organisée le 17 novembre dernier avant la remise des prix.

L’objectif de cette opération est d’assurer un accompagnement de grande qualité aux réalisatrices; cela passe également par le fait de travailler en groupe restreint pour que les échanges soient les plus efficaces possibles. On pourrait donc envisager d’augmenter un peu le nombre de participantes mais pas trop. Cela a naturellement une incidence budgétaire.

En 2017, le CCA a soutenu l’opération à hauteur de 12.500 euros. Pour 2018, la question de la poursuite du soutien et de son éventuelle augmentation est encore à l’examen par mes services.

Il s’agira d’une part de poursuivre l’expérience du Boost camp pour pouvoir évaluer son effet sur le long terme et d’autre part de mieux communiquer vers nos réalisatrices que nous sommes en demande de films de femmes, avec un regard différent sur le monde. Par contre, l’idée n’est pas de favoriser d’une manière ou d’une autre les réalisatrices en question lors de leur passage en Commission de sélection (CSF) si elles y déposent un dossier. De manière naturelle, comme ce fut le cas cette année, si le projet est de qualité, il sera soutenu.

L’opération « Cinéastes en classe » est ouverte à tous les professionnels du cinéma qui en font la demande; ces réalisatrices peuvent donc tout à fait en faire partie. De même, si un enseignant souhaite solliciter la venue d’un(e) professionnel(le) qui ne se trouve pas dans la liste, il peut en faire la demande et le CCA se charge d’assurer le suivi vers la personne en question.

Le Boost camp a suscité beaucoup d’intérêt notamment en France et l’accompagnement des projets belges s’est donc effectué en parallèle de celui de 4 projets français. Les promoteurs de l’opération sont demandeurs d’un projet plus vaste, pourquoi pas ouvert à plusieurs pays de la Francophonie mais il s’agit dans un premier temps de consolider le projet belge initial, de le pérenniser et d’en évaluer les résultats concrets avant de songer à son élargissement.

Je vous remercie de votre question.

Alda GREOLI
Vice-présidente et Ministre de la Culture, de l’Enfance et de l’Education permanente.

 

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