L’ICA-WB

L’ICA-WB

J’ai interrogé la ministre de la Culture au sujet de l’Institut culturel d’architecture Wallonie-Bruxelles.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, depuis de nombreuses années, les professionnels du secteur souhaitaient voir la Fédération Wallonie-Bruxelles se doter d’un institut de promotion de l’architecture, à l’instar du Vlaams Architectuurinstituut. C’est chose faite! En novembre dernier, vous avez annoncé le lancement de l’Institut culturel d’architecture Wallonie-Bruxelles (ICA-WB), et je m’en réjouis.

L’ICA-WB, opérateur culturel de référence pour l’architecture en Belgique francophone, collaborera de manière transversale avec de nombreux acteurs: professionnels, acteurs de terrain, riverains et centres culturels. Sa directrice a d’ailleurs déclaré souhaiter s’appuyer sur la dynamique des centres culturels pour toucher un public le plus large possible.

Comment l’ICA-WB collaborera-t-il avec les centres culturels? En séance plénière, vous n’aviez pas eu le temps de répondre à la question d’une collègue sur les missions spécifiques de l’institut. Pourriez-vous nous présenter ici les missions confiées à cet organisme et ses objectifs pour 2020? De quelle manière l’ICA-WB travaillera-t-il avec la cellule Architecture du ministère?

Comment la collaboration avec les Régions wallonne et bruxelloise est-elle prévue concrètement? En effet, la Région de Bruxelles-Capitale mène un vaste débat, colloque à l’appui et donc en association avec les parlementaires, sur la question de la densification de la ville et sur celle des tours. En effet, ces tours peuvent constituer un signal fort et devenir une attraction touristique quand elles sont construites aux portes de la ville dans une architecture remarquable. C’est aussi le cas dans d’autres grandes villes.

Enfin, comment le gouvernement compte-t-il mettre en avant l’architecture comme discipline artistique dans l’attente de l’application du décret des Arts plastiques du 3 avril 2014? Mme

Bénédicte Linard, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes. – J’ai déjà abordé le sujet de l’ICA-WB en séance plénière. Votre question va me permettre de détailler davantage ma réponse.

Ce sujet est important, car l’attente était bien réelle. Avec la création de l’ICA-WB, le paysage belge francophone se dote enfin d’un organisme culturel de référence en architecture. À côté du CIVA à Bruxelles et du Vlaams Architectuurinstituut, il était temps et opportun que la Fédération Wallonie-Bruxelles dispose également d’un opérateur culturel capable de coordonner la diffusion et la promotion de l’architecture telle qu’elle existe, s’invente et se développe en Belgique francophone.

L’ICA-WB vise à permettre aux citoyens et aux professionnels de s’approprier cet enjeu culturel, mais également d’en débattre et de faire évoluer nos modèles. Expositions, visites et animations sont autant d’occasions de parler de ces projets architecturaux qui contribuent à un environnement bâti de qualité et à un vivre ensemble épanoui.

La méthode choisie par l’ICA-WB est participative. Elle vise à associer les métiers de l’architecture, les citoyens et les acteurs du territoire, et à dépasser la promotion pour stimuler la création. Afin de favoriser cette appropriation large des enjeux architecturaux, je me réjouis de voir l’ICA-WB fédérer plusieurs centres culturels: ceux de Namur, de Charleroi et de Huy, ainsi que Recyclart à Bruxelles, soit treize partenaires répartis sur l’ensemble du territoire. Les centres culturels sont effectivement des acteurs de proximité fondamentaux en termes d’accès à la culture et de participation citoyenne. Ces collaborations et cette logique de travail permettront, je l’espère, de décloisonner les enjeux de l’architecture culturelle.

L’ICA-WB se définit aussi par une programmation détaillée et articulée sur les trois prochaines années. Des collaborations sont d’ores et déjà prévues, associant étudiants en architecture, professionnels du secteur, groupements citoyens et comités de quartier, sur des enjeux d’appropriation, de proximité et d’émulation. Ce lieu animé fera vivre la politique architecturale de notre Fédération.

Enfin, la création de l’ICA-WB est également le signal de la place renforcée qu’aura l’architecture dans les politiques menées, particulièrement en Wallonie. Si la Flandre et Bruxelles se sont déjà dotées d’un maître architecte, la Région wallonne a inscrit cette ambition dans sa Déclaration de politique régionale (DPR). Cette ambition doit se concrétiser en collaboration avec la cellule Architecture de la Fédération, avec comme objectif d’augmenter la cohérence et la qualité architecturale de la Région. Là aussi, il s’agira d’équilibrer le paysage belge de l’architecture, dans sa dimension de production d’une architecture de qualité, entre Vlaams bouwmester, bouwmester/maître architecte bruxellois et maître architecte francophone.

Mon administration et moi-même sommes prêts à collaborer à cet objectif. Notons d’ailleurs que la convention prévoit la constitution, une fois par an, d’un comité d’accompagnement associant la cellule Architecture et le Service général de l’Inspection de la culture, en complément des réunions de travail trimestrielles que l’administration et l’ICA-WB ont décidé d’organiser d’un accord commun.

En ce qui concerne le décret des Arts plastiques du 3 avril 2014, bien que les arrêtés d’application n’aient pas encore été pris, il est applicable depuis le 1er janvier 2015. La concrétisation de l’ICA-WB est d’ailleurs un signal fort de l’ambition du gouvernement. Un autre élément significatif sera la création d’une instance d’avis dédiée à l’architecture, qui permettra de structurer la gestion et l’évaluation des demandes de soutien émanant du secteur non marchand de l’architecture, mais aussi de lancer des orientations relatives à la politique culturelle de l’architecture. La politique des archives, liée aux facultés d’architecture et à la recherche, fera l’objet d’une attention singulière: une plateforme dédiée aux archives d’architecture sera mise en ligne en 2020.

En devenant un espace de création, de dialogue et de participation accessible à tous, l’ICAWB permettra de fédérer et de relever nos ambitions architecturales en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Isabelle Emmery  – Cet organisme sera certainement de nature à relever le défi d’une architecture de qualité dans la partie francophone du pays, en faisant collaborer l’ensemble des acteurs. L’attention accordée à la participation est très importante, dans la perspective d’une architecture au plus près des citoyens, qui doivent pouvoir peser sur les choix opérés dans ce domaine.

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