Moins d’étudiants en bachelier infirmier #2

Moins d’étudiants en bachelier infirmier #2

J’ai à nouveau interrogé la ministre de l’Enseignement supérieur au sujet de sa rencontre avec l’association belge des praticiens de l’art infirmier, en commission de l’Enseignement cette fois.

Voici notre échange:

Mme Isabelle Emmery – Madame la Ministre, comme je vous l’avais déjà annoncé en séance plénière du 2 octobre 2019, je reviens vers vous au sujet de la baisse des inscriptions des étudiants au bachelier en soins infirmiers. Lors de cette séance plénière, en réponse à plusieurs questions d’actualité, vous aviez confirmé la baisse des inscriptions au bachelier en soins infirmiers.

Avez-vous procédé à une analyse plus précise après consultation des chiffres des différents établissements?
Les données vous permettent-elles de déceler une tendance générale pour le brevet d’infirmier dans les filières de l’enseignement de promotion sociale?
Avez-vous rencontré l’Association belge des praticiens de l’art infirmier comme vous l’aviez annoncé?
Dans l’affirmative, quelles étaient leurs principales revendications liées aux compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles?
Avez-vous pris des décisions pour les satisfaire?

La presse nous a informés de la demande de l’association précitée d’améliorer la qualité de l’accompagnement sur le lieu de stage. Si cette mesure seule n’entraîne pas forcément un regain des vocations chez les jeunes, elle me paraît toutefois indispensable pour lutter contre la pénurie. En effet, les conditions de travail justifient partiellement le manque d’attractivité de la formation et du métier.
Quelle est votre position à ce sujet?
Comment améliorer l’encadrement des stages de ces étudiants?

Mme Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de Bruxelles. – La rencontre avec l’Association belge des praticiens de l’art infirmier s’est tenue ce mardi matin. J’ai pris bonne note de ses revendications, notamment celles sur l’accompagnement sur le lieu du stage que vous évoquiez, Madame la Députée. Je vous aviserai bien entendu de la suite que je donnerai à ces diverses requêtes. Vous m’interrogez aussi sur la baisse des inscriptions en bachelier – infirmier responsable des soins généraux. En comparaison à l’année dernière, nous observons une baisse d’environ 9 % du nombre d’inscrits en première année d’études. Ces chiffres doivent encore être validés par l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES). S’ils sont avérés, votre première analyse serait confirmée, à savoir la baisse régulière des inscriptions depuis la mise en place de ce bachelier.

De 2015 à 2017, soit durant les premières années d’existence du nouveau bachelier en quatre ans, nous observons une diminution de 4,6 %. De 2016 à 2018, le nombre d’inscriptions connaît une baisse de 4,8 %, pour atteindre les 9,2 % entre 2017 et 2019. L’augmentation est donc patente. Pour cette année, cependant, les données provisoires indiquent une baisse de 9 %. L’analyse menée par la Commission technique des professions paramédicales souligne que ces baisses enregistrées concernent principalement les étudiants en réorientation ou en reprise d’un cycle d’études et, de manière plus modérée, les étudiants tout juste sortis de l’enseignement secondaire. Cette commission pointe aussi un taux d’abandon élevé, surtout pour les cours réservés aux étudiants de l’enseignement secondaire supérieur. À l’instar de nombreuses filières, ce phénomène semble plutôt lié à l’organisation de l’année d’études conformément à l’application du décret du 7 novembre 2013 définissant le paysage de l’enseignement supérieur et l’organisation académique des études (décret «Paysage»).

Concernant le brevet d’infirmier dans la filière d’enseignement de promotion sociale organisé en trois ans et demi, la tendance est identique. Force est également de constater une érosion régulière des inscriptions, mais rien ne permet d’établir un lien de cause à effet entre cette baisse des inscriptions au brevet et les inscriptions enregistrées dans la filière organisée en enseignement supérieur. Les conditions de diplôme pour accéder au bachelier sont plus élevées, car il s’agit d’un enseignement supérieur de type court, tandis que le brevet de promotion sociale relève du niveau de l’enseignement secondaire supérieur.

Mme Isabelle Emmery – Madame la Ministre, la rencontre avec l’Association belge des praticiens de l’art infirmier ayant eu lieu ce mardi matin, je comprends qu’il soit trop tôt pour en tirer des conclusions. Je reviendrai donc vers vous sur ce point lors d’une réunion ultérieure.

Quant aux chiffres, ils sont réellement en diminution dans les deux filières. Vu la pénurie qui s’installe, une baisse de 9 % n’est pas anodine. Ce chiffre suffit à lui seul pour mettre à mal la manière dont les soins de santé sont administrés dans les hôpitaux. Je le vois bien avec le «mouvement des blouses blanches». Tous les niveaux de pouvoir devront se retrousser les manches pour les soins de qualité puissent être prodigués de manière optimale.

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