Moins d’étudiants en bachelier infirmier #1

Moins d’étudiants en bachelier infirmier #1

J’ai interrogé la ministre en charge de l’Enseignement supérieur sur la baisse d’inscription d’étudiants en bachelier infirmier.

Voici notre échange:

Mme Isabelle Emmery – Cette semaine, la presse s’est fait l’écho d’une diminution assez importante du nombre d’étudiants inscrit au bachelier en soins infirmiers. Divers facteurs sont probablement en cause. Je citerai les deux principaux.  

Premièrement, la détérioration des conditions de travail, qui s’est cristallisée au sein du «mouvement des blouses blanches»: la flexibilité des horaires de travail, la pénurie de personnel et l’augmentation de la charge de travail. Deuxièmement, l’allongement de la durée des études, passant de trois à quatre ans – une exigence européenne qui n’a pas été couplée à une revalorisation salariale. Cette baisse des inscriptions a une incidence sur la vie de nos citoyens et sur leur prise en charge dans les hôpitaux, les maisons de repos et dans les lieux de soins en général.

Madame la Ministre, confirmez-vous cette tendance? Disposez-vous de chiffres qui n’auraient pas été cités par la presse concernant le brevet d’infirmier dans les filières de l’enseignement de promotion sociale? Si cette tendance se confirme, quelle est votre analyse et par quelles mesures pourrions-nous susciter des vocations? Avez-vous eu l’occasion de rencontrer l’Association belge des praticiens de l’art infirmier? Dans l’affirmative, quelles pistes de solution avez-vous envisagées ensemble?

Mme Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de Justice, de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de Bruxelles. – Je confirme la baisse du nombre d’inscrits en première année en soins infirmiers. Selon l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur, la diminution se chiffre entre 5 % et 25 % en fonction des établissements scolaires.

Pour l’enseignement de promotion sociale, l’unique chiffre dont je dispose concerne Charleroi où on constate, par contre, une augmentation des inscriptions de 13 %. De manière globale, le nombre d’inscriptions a diminué de 10 %. Comme vous l’avez évoqué, Madame Emmery, et nous en avons déjà discuté lors de la précédente législature, cette baisse peut s’expliquer par l’allongement du cursus, qui est passé de trois à quatre ans. Il s’agissait d’une exigence de l’Union européenne, mais elle n’a pas été accompagnée d’une revalorisation barémique, matière relevant du gouvernement fédéral.

Les conditions de travail des infirmières et des infirmiers me préoccupent particulièrement. Je rencontrerai d’ailleurs l’Association belge des praticiens de l’art infirmier d’ici dix jours. J’écouterai attentivement leurs revendications, même si certaines ne relèvent pas de ma compétence. De même, je reste à votre disposition pour en discuter ultérieurement.

(…)

Mme Isabelle Emmery – Madame la Ministre, je reviendrai également sur cette question en commission. Une réunion et une analyse des chiffres définitifs sont nécessaires. Je trouve intéressante l’augmentation de 13 % en promotion sociale à Charleroi. Elle pourrait aussi être une conséquence de l’allongement de la durée des études. Est-ce une solution à court terme? Je ne le pense pas; d’autres pistes devront donc être envisagées.

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