Nouvelle politique culturelle en FWB

Nouvelle politique culturelle en FWB

J’ai interpellé la Ministre de la Culture sur les actions pour une nouvelle politique culturelle en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Il y a un an, vous présentiez à la presse vos «40 actions pour une nouvelle politique culturelle en Fédération Wallonie-Bruxelles». D’ailleurs, nous devrions prochainement disposer du calendrier de la mise en application des différentes mesures, ainsi que du budget nécessaire pour les concrétiser.

Si nous n’avons pas encore eu l’occasion de consacrer une commission à l’analyse détaillée de chacune de ces actions, je souhaiterais revenir sur la première d’entre elles: «formalisation des objectifs et de l’évaluation de la politique culturelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles». J’attends avec un vif intérêt la note stratégique qui doit définir les objectifs de votre stratégie culturelle. Elle était prévue pour janvier 2018. Nous ne sommes certes qu’en février, mais nous sommes impatients de la découvrir.

Madame la Ministre, quand cette note sera-telle présentée au Parlement? J’imagine que cela ne devrait plus tarder, me le confirmez-vous? Comment se définit aujourd’hui la politique culturelle menée en Fédération Wallonie-Bruxelles dans la foulée de l’opération «Bouger les lignes»? Quelles seront les mesures concrétisées en 2018? Vous devez également établir un calendrier pour planifier ces 40 mesures.

En ce qui concerne l’évaluation des politiques culturelles en arts de la scène, une batterie de données est, depuis la révision du décret, prévue dans les documents à communiquer. Comment s’organise, en pratique, l’analyse quantitative et qualitative de ces données?

L’action 33, «Organisation et collecte d’informations», complète l’objectif général de cette première action. Quelles sont les missions complémentaires qui seront attribuées à l’Observatoire des politiques culturelles (OPC) pour connaître davantage les publics de l’offre culturelle en Fédération Wallonie-Bruxelles et son offre globale?

Alda Greoli, vice-présidente du gouvernement et ministre de la Culture et de l’Enfance – La politique culturelle de la Communauté française est une politique de rupture et de concrétisation.

Une politique de rupture tout d’abord, car, pour la première fois depuis la création de la Communauté française, l’artiste a été remis au centre des préoccupations des politiques culturelles. Que serait la culture sans les artistes? Ce n’est bien sûr pas vous que je dois convaincre… Les artistes constituent la source même de la conscience, le rêve, la vigilance, les découvertes ou encore l’enchantement. L’esprit de «Bouger les Lignes» était de mettre cet aspect en avant. Cela a notamment permis de concrétiser le décret des arts de la scène qui vous tient tellement à cœur. Ce changement de paradigme ne vise plus tant à soutenir les structures, mais à placer l’homme et sa sensibilité artistique au cœur de l’organisation des opérateurs. Cette complémentarité entre structures et artistes a été au cœur de l’action du gouvernement ces quatre dernières années.

Une politique de concrétisation ensuite, car, depuis 2014, notre gouvernement a dégagé des moyens pour appliquer des textes importants pour le secteur. Je pense évidemment au secteur des arts de la scène et à la réforme de taille qui l’a transformé, mais aussi à ceux des centres culturels, de la lecture publique, des centres d’expression ou de créativité et de l’éducation permanente, pour lesquels nous avons privilégié une logique d’activation, même partielle, à la logique du gel pur et simple des décrets.

«Bouger les Lignes» représente un processus dynamique. En poser les jalons est important. Soyez rassurés, je n’ai pas attendu l’arrêt final d’une chronologie pour concrétiser un plan d’action.

À quoi devez-vous vous attendre d’ici le 26 mai 2019? Je finalise un projet de décret sur la gouvernance. J’entends le soumettre aux instances d’avis dans les prochaines semaines, après avoir consulté l’administration générale de la culture. Le secteur de l’éducation permanente verra aussi son décret sectoriel clarifié dans les prochains mois. En termes de soutien aux forces vives du secteur, je m’en voudrais de passer sous silence la négociation des accords non marchands, qui permettra de revaloriser les secteurs du socioculturel couverts par ces accords dès 2018. Près de 16 millions d’euros seront accordés au secteur au cours des deux prochaines années. Quant aux données quantitatives du secteur des arts de la scène, il est trop tôt pour les collecter. Les contrats programmes n’en sont encore qu’au stade de la rédaction. Ces données seront toutefois exploitables et l’OPC disposera de toutes les sources utiles.

Dès le départ, nous voulions faire évoluer les trois éléments clés de la politique culturelle de demain: l’offre, la demande et la gouvernance. Je pense que ces trois balises sont d’ores et déjà valorisées par les avancées que je viens d’évoquer et vous me permettrez de m’en réjouir!

Isabelle Emmery – Mon intention, à travers cette question, n’était pas de formuler une critique. Je me réjouis de tout ce que vous nous racontez. Toutefois, comme nous parlons ici de gouvernance, il était question d’une note stratégique à présenter… C’est du moins ce que vous aviez déclaré en janvier. Est-ce toujours d’actualité? En termes de clarté et de transparence, il est toujours utile d’avoir un aperçu des «40 actions pour une nouvelle politique culturelle».

Il n’est apparemment plus question d’une note stratégique, mais il reste de nombreuses actions. Cette note représentait également une manière de tracer le chemin à parcourir jusqu’à la pleine application des mesures.

Les commentaires sont fermés