Plan inter-fédéral métiers en pénurie

Plan inter-fédéral métiers en pénurie

J’ai interrogé en séance plénière le Ministre à la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de l’emploi et de l’économie concernant la la position du gouvernement à l’égard du futur plan inter-fédéral en matière de métiers en pénurie.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery – Notre taux de chômage reste très élevé, même si beaucoup d’efforts sont réalisés, d’une part, et que nous avons des métiers en pénurie, d’autre part. Cette question reste pleinement d’actualité. On a pu le voir encore une fois cette semaine, à l’occasion d’une rencontre ponctuelle entre le gouvernement fédéral et le G10.

Notre Région apporte plusieurs réponses à ce problème, notamment dans le cadre de la Stratégie 2025. Nous maintenons une concertation continue sur ce sujet avec les partenaires sociaux. Nous menons également des négociations sur des accords-cadres sectoriels.

Mais il ne faut pas éluder le sujet suivant : c’est une compétence partagée entre différents niveaux de pouvoir et, dès lors, les efforts doivent être partagés pour répondre au défi. Il faut des mesures fiscales, il faut un recours accru aux services régionaux de l’emploi et de la formation. Nous devons également être attentifs au contrôle qui doit être exercé de manière effective, par le Conseil national du travail, sur le droit du travailleur à la formation. Ce droit, il faut bien le dire, a été raboté ces derniers temps par le pouvoir fédéral.

Dès lors, ce sujet a toute sa place au niveau du Comité de concertation, qui s’est réuni à plusieurs reprises pour une présentation, par le gouvernement fédéral, d’un plan stratégique interfédéral intitulé « Vacance d’emplois ». Nous en avons pris acte. Des groupes de travail thématiques ont été formés et ce Comité de concertation se réunit une nouvelle fois à ce sujet mercredi.

Je ne vous interrogerai pas sur les positions, les propositions ou le calendrier de ce plan stratégique interfédéral : vous y avez déjà répondu en commission. Mais je souhaiterais vous entendre sur le rôle devant être joué par le Conseil économique et social dans la mise en œuvre concrète de ce plan.

Didier Gosuin, ministre – Madame la députée, vous avez raison d’affirmer que nous n’avons pas attendu le gouvernement fédéral pour nous soucier des vacances d’emploi puisque, tant dans la Stratégie 2025 que dans le Plan de formation 2020, une vingtaine de mesures concernent la vacance d’emploi. Ce concept est d’ailleurs plus large que celui de métiers en pénurie, qui recouvre d’autres paramètres.

Dès que le gouvernement fédéral a fait part de sa volonté de réunir toutes les entités fédérées autour de ce projet, j’ai signalé l’approbation et le soutien du gouvernement bruxellois. C’est la première fois, depuis longtemps, que l’on observe un acte de fédéralisme de coopération et non d’opposition, comme semblent devoir l’imposer un certain nombre de niveaux de pouvoir.

J’ai donc manifesté mon enthousiasme et nous avons travaillé sur ce dossier de notre côté. J’ai d’ailleurs présenté, hier au gouvernement, vingt mesures que je compte déposer en comité de concertation.

Les propositions que j’ai soumises à mes collègues ont été présentées et défendues au Conseil économique et social de la Région de Bruxelles-Capitale (CESRBC) qui me proposera une note complémentaire lundi soir au plus tard. Nous pourrons ainsi avoir, au comité de concertation de mercredi soir, une position qui intègre les vingt mesures mises sur la table ainsi que les suggestions certainement très intéressantes du CESRBC.

Isabelle Emmery – Je constate que vous avez bien défini la stratégie au niveau bruxellois. Dès lundi, nous serons en possession de cet avis. Nous serons en ordre de marche pour présenter également nos propositions au niveau du gouvernement.

Didier Gosuin – Il ne s’agit pas d’un avis officiel destiné à être publié, mais d’une réaction du Conseil économique et social de la Région de Bruxelles-Capitale (CESRBC) à la note que j’ai présentée au gouvernement et que j’ai aussi été présenter hier au conseil économique et social.

La formalisation d’une position globale viendra ensuite, lorsque nous aurons intégré les éléments qui nous paraîtront pertinents. À Bruxelles en tout cas, conformément à la Stratégie 2025, le gouvernement et les partenaires sociaux travaillent main dans la main.

Isabelle Emmery – En effet, ainsi que je le soulignais, la concertation avec les partenaires sociaux se poursuit et le conseil économique et social y joue un rôle prépondérant. J’espère que nos propositions en sortiront ultérieurement gagnantes.

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