Ponts entre le secondaire et le supérieur

Ponts entre le secondaire et le supérieur

J’ai interrogé en séance plénière la ministre de l’enseignement supérieur au sujet de la création de ponts entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur à travers l’organisation de conférences destinées aux élèves du secondaire et concernant notamment la problématique de la colonisation.

Voici notre échange:

Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, une conférence s’est tenue hier à l’Université Saint-Louis – Bruxelles sur la colonisation du Congo. Quatre cents étudiants de l’enseignement secondaire y étaient invités. C’est une initiative que je salue. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les connaissances de ces étudiants à propos de cette période importante de notre Histoire sont plus que lacunaires. Certains éprouvent de grandes difficultés à situer cette période sur la ligne du temps et n’en connaissent que peu d’éléments.

S’il est vrai que les référentiels actuels de l’enseignement secondaire incluent la colonisation, ils ne sont pas spécialement axés sur notre Histoire et la colonisation belge. De nombreux professeurs étudient cette matière sans véritablement faire référence à la Belgique. Vous en conviendrez: ces référentiels nécessitent une modification. Ce n’est toutefois pas la question qui m’occupe aujourd’hui. Il serait intéressant d’utiliser les instituts d’enseignement supérieur, ou de les prendre comme référence, pour contribuer à l’évolution de ces référentiels.

La conférence organisée hier m’enthousiasme, car elle permet aux élèves de franchir les portes d’institutions d’enseignement supérieur alors que certains d’entre eux ont des difficultés à se projeter dans l’avenir. Ils passent le seuil des auditoires et découvrent comment un cours est donné, ce qui démystifie cette frontière, surtout pour des étudiants qui viennent de milieux plus modestes.

Madame la Ministre, partagez-vous mon enthousiasme par rapport à ce type d’initiatives? Envisagez-vous de soutenir de telles démarches, qui créent de véritables ponts entre les enseignements secondaire et supérieur? Imaginez-vous déjà des formules qui pourront être mises en pratique dans le futur?

Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de Justice, de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de Bruxelles. – La partie de votre question qui porte sur l’enseignement obligatoire concerne surtout Mme Désir, ministre de l’Éducation. Cette dernière sait évidemment que les référentiels prévoient l’existence d’un enseignement spécifique sur la colonisation sans obligation, toutefois, de centrer celle-ci sur le cas concret de la Belgique. Dans le même temps, nous sommes bien conscientes de l’intérêt de former les élèves et les étudiants à adopter un regard critique sur notre propre Histoire. C’est la raison pour laquelle Mme Désir compte établir, par exemple en deuxième année de l’enseignement secondaire, une illustration de la colonisation dans sa dimension liée à l’exploitation économique en s’arrêtant sur le cas concret du Congo belge.

Vis-à-vis de l’enseignement supérieur, comme vous, je ne peux que saluer l’initiative récemment prise par l’Université Saint-Louis – Bruxelles sous la forme d’une conférence consacrée à la colonisation du Congo belge. Un membre de mon cabinet y a assisté. Visiblement peu ou pas informés sur la période précise de la colonisation belge, certains étudiants y ont exprimé des réflexions parfois vraiment étonnantes. Nous pourrions, en effet, imaginer un certain nombre de synergies, mais nous ne partons pas de rien. Des initiatives semblables existent déjà, comme l’opération «Printemps des sciences», une initiative qui réunit des universités, des hautes écoles et des écoles de l’enseignement secondaire pour stimuler l’attractivité des filières STEM (science, technology, engineering and mathematics). L’idée est de s’appuyer sur ce qui existe déjà afin de déployer de nouvelles initiatives. Notre intention commune, à Mme Désir et moi-même, est bien de travailler sur la transition entre les enseignements secondaire et supérieur.

Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, je suis heureuse d’entendre l’intérêt que vous portez à ce type d’initiatives. Certaines actions ont été menées, j’en conviens, mais, dans le cas qui nous occupe, il est important de mener une réflexion sur le fait que les étudiants ont pu se rendre compte de la manière dont un cours pouvait être donné dans un environnement particulier, en l’occurrence un auditoire. Il s’agit, selon moi, d’une piste à prendre en considération pour l’avenir.

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