Refinancement des artistes plasticiens

Refinancement des artistes plasticiens

En commission, j’ai interrogé la Ministre de la Culture sur le refinancement des artistes plasticiens.

Voici mon intervention :

Mme Isabelle Emmery  – Madame la Ministre, comme vous le savez, le groupe socialiste se préoccupe beaucoup de la situation des artistes plasticiens et donc du versement éventuel d’un droit de monstration et de la mise en œuvre du décret du 3 avril 2014 relatif aux arts plastiques. Le 27 mai dernier, un appel au refinancement des artistes plasticiens de la Fédération Wallonie-Bruxelles a été lancé. Plusieurs demandes ont été adressées en termes de rémunération, de soutien à la recherche et au développement et de fonds de création. Avez-vous eu l’occasion de rencontrer la nouvelle fédération professionnelle pour débattre de ces demandes?

Lors d’un précédent débat, vous vous étiez d’ailleurs félicitée de l’apparition de ce nouvel interlocuteur, car le secteur des arts plastiques était largement sous-représenté dans les discussions.

Par ailleurs, pouvez-vous préciser les mesures prises dans le cadre de la crise sanitaire qui concernent directement les artistes plasticiens? Enfin, quand le droit de monstration sera-t-il prévu dans les contrats-programmes conclus avec les opérateurs subventionnés? Avez-vous déjà entamé une réflexion à ce sujet? Dans l’affirmative, quelle a été la réaction du secteur?

Mme Bénédicte Linard, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes – Madame la Députée, une rencontre a bien eu lieu entre différents représentants du secteur des arts plastiques le 26 mai dernier. Elle a permis de réunir 28 personnes, dont trois représentants du service de la Direction des arts plastiques contemporains de l’Administration générale de la culture. Je salue une nouvelle fois cette concertation. Cette rencontre était pilotée par 50° Nord et BeCraft, qui sont les deux fédérations actuellement reconnues dans le domaine des arts plastiques et appliqués et avec lesquelles je collabore depuis le début de la crise. Les rendez-vous entre mon cabinet et ces deux associations ont mis en lumière certaines problématiques ancrées dans ce secteur d’activité et vivement renforcées par la crise actuelle. C’est donc tout naturellement qu’est née leur volonté d’organiser une concertation de l’ensemble des acteurs du secteur, afin de définir une parole commune, de donner une visibilité accrue aux problèmes vécus par les plasticiens et plasticiennes et de réfléchir aux réponses à y apporter. Les premières conclusions de la concertation ont amené à lister les artistes présents en Fédération Wallonie-Bruxelles et à recenser des données économiques avant de les transmettre aux autorités compétentes, dont mon ministère.

L’appel au refinancement auquel vous faites référence a été lancé par l’une des participantes au lendemain de la réunion du 26 mai. Il reprend une série de points significatifs évoqués lors de cette réunion, à la nuance près qu’ils sont chiffrés. Il s’agit donc d’une initiative individuelle qui ne m’a pas été relayée directement et qui n’a pas fait l’objet d’une concertation collégiale avec les autres membres du groupe.

Je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer la fédération en cours de formation. Je le ferai une fois qu’elle aura pris forme, ce qui ne saurait tarder. À ce stade, il s’agit d’un groupe Facebook créé le 15 mai et qui a pour but de sensibiliser les artistes à la création d’une fédération professionnelle. Il va de soi que je suivrai l’évolution de ce nouveau groupement et que je les intégrerai aux discussions que j’ai régulièrement avec BeCraft et 50° Nord.

Enfin, une réflexion au sujet de la rémunération des artistes est en cours au sein de la Direction des arts plastiques contemporains. Elle s’appuie sur un sondage effectué auprès de différents opérateurs, allant du centre d’art bénéficiant d’un contrat-programme aux artist-run spaces soutenus de façon ponctuelle. Il ressort des réponses à ce questionnaire qu’il n’y a pas de pratique formalisée en termes de rémunération et que chaque opérateur tente, en fonction de son budget et de ses moyens, de rémunérer les artistes de manière variée, que ce soit, par exemple, par le biais de frais de production ou de coproduction, de contrats conclus sous le régime des petites indemnités (RPI), de droits d’auteur ou d’achats d’œuvres.

L’analyse des résultats du sondage est en voie de finalisation. Elle permettra d’alimenter la réflexion et d’identifier des priorités. Je suis consciente de la nécessité d’une politique plus harmonieuse en termes de droits de monstration. La création d’une nouvelle fédération permettra d’amener des éléments essentiels à la réflexion. J’espère que la crise nous permettra de progresser plus rapidement que nous ne l’avions imaginé précédemment.

Mme Isabelle Emmery – Nous aspirons tous, Madame la Ministre, à ce que cette crise soit le moteur d’une prise de conscience menant à des avancées notables dans le domaine culturel. Vous dites que les artistes plasticiens sont, pour l’instant, rémunérés de manière variée. La réflexion en cours devrait vous inciter à structurer, à formaliser le système, afin que ces artistes puissent être rémunérés de manière plus professionnelle, ce qui permettra d’assurer leur survie.

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